John Cabot(1450 — 1498)
Jean Cabot
république de Venise
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Navigateur et explorateur vénitien au service de l'Angleterre, Jean Cabot atteint la côte est de l'Amérique du Nord en 1497, devenant l'un des premiers Européens à explorer le continent depuis les Vikings. Son voyage ouvre la voie aux prétentions britanniques sur l'Amérique du Nord.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1497 : premier voyage depuis Bristol, atteint la côte est de l'Amérique du Nord (probablement Terre-Neuve ou Cape Breton)
- Navigue sous le commandement du roi Henri VII d'Angleterre
- 1498 : second voyage, explore une grande partie de la côte est nord-américaine
- Son exploration fonde les prétentions juridiques de l'Angleterre sur l'Amérique du Nord
- Né vers 1450 à Gênes ou Gaète, naturalisé vénitien
Œuvres & réalisations
Cabot quitte Bristol à bord du Matthew avec une vingtaine d'hommes et touche la côte est de l'Amérique du Nord le 24 juin 1497, rentrant à Bristol 53 jours après son départ. C'est la première traversée documentée de l'Atlantique nord sous pavillon anglais et le premier contact européen attesté avec le continent américain depuis les Norvégiens au XIe siècle.
À son retour, Cabot décrit l'extraordinaire richesse des eaux côtières en morues, signalant des bancs de poissons d'une densité jamais vue. Cette information, relayée dans toute l'Europe, attira rapidement des centaines de bateaux de pêche bretons, basques, normands et anglais qui exploitèrent ces ressources pendant des siècles.
Cabot dressa à son retour une carte des côtes explorées, aujourd'hui perdue mais dont l'existence est attestée par plusieurs témoignages contemporains. Elle constitua la première représentation cartographique de l'Amérique du Nord septentrionale et servit de base aux expéditions anglaises ultérieures.
Forte de cinq navires et d'environ trois cents hommes, cette expédition visait à établir un comptoir commercial permanent sur les côtes nouvellement découvertes. Bien que Cabot n'en soit pas revenu, un des navires rapporta des données géographiques précieuses sur les côtes est-américaines.
Anecdotes
Jean Cabot s'appelait en réalité Giovanni Caboto : né à Gênes ou Gaète vers 1450, il obtint la citoyenneté vénitienne en 1476 après quinze ans de résidence à Venise. Après avoir échoué à convaincre les cours d'Espagne et du Portugal de financer ses projets, il s'installa à Bristol et persuada Henri VII d'Angleterre de lui accorder des lettres patentes pour explorer vers l'ouest.
Son premier essai en 1496 tourna court : épuisé et à court de vivres, son équipage le contraignit à faire demi-tour après quelques jours en mer. Loin de se décourager, Cabot repartit l'année suivante à bord d'un modeste navire d'une cinquantaine de tonnes, le Matthew, avec une vingtaine d'hommes recrutés à Bristol. Ce second départ, le 20 mai 1497, allait changer l'histoire.
Le 24 juin 1497, Jean Cabot prit pied sur une côte qu'il crut être l'Asie orientale — sans doute l'île du Cap-Breton ou Terre-Neuve. Il planta le drapeau anglais et la bannière de Venise, revendiquant la terre pour Henri VII. À son retour triomphal à Bristol, le roi lui offrit dix livres sterling, puis une rente annuelle de vingt livres, signe de l'intérêt royal pour ces nouvelles terres.
Cabot fut frappé par l'abondance extraordinaire de morues dans les eaux côtières : il rapporta que les bancs de poissons étaient si denses qu'on pouvait presque les attraper à la main avec des paniers. Cette découverte des Grands Bancs de Terre-Neuve allait transformer l'économie de l'Atlantique nord pendant des siècles, attirant des centaines de bateaux de pêche européens chaque année.
En 1498, Jean Cabot repartit avec cinq navires et environ trois cents hommes dans l'espoir d'atteindre le Japon et d'établir un comptoir commercial. Il ne revint jamais. L'un de ses navires fut contraint de rebrousser chemin vers l'Irlande après une tempête, mais les autres disparurent sans laisser de trace. La date et les circonstances de sa mort restent inconnues à ce jour.
Sources primaires
Nous avons accordé et donné licence à notre bien-aimé Jean Cabot, citoyen de Venise, et à Lewis, Sebastian et Sancio, ses fils, de chercher, découvrir et trouver toutes les îles, pays, régions ou provinces des Sarrasins, des Gentils et des Infidèles, en quelque partie du monde que ce soit.
Cet homme de Venise, qui alla à la terre des Baccalaos, est revenu et dit avoir découvert à deux mille lieues d'ici le territoire du Grand Khan. Il a abordé une grande terre ferme dont il ne vit pas la fin.
Monsieur Zoane [Jean] a découvert deux îles très grandes et a également vu trois autres dont il n'a pas voulu s'approcher. Il pense que l'Angleterre aura désormais des épices en abondance, car il croit que ces terres font partie de l'Asie.
Les gens du Bristol qui ont découvert cette île sont ceux qui partaient chaque année avec deux ou trois caravelles à la recherche du Brésil et de l'île aux Sept Cités. L'expédition de Cabot est certaine et ils ont trouvé terre.
Donné à un Vénitien qui a apporté de bonnes nouvelles de la nouvelle terre — dix livres.
Lieux clés
Ville natale probable de Jean Cabot, né vers 1450. Comme son contemporain Christophe Colomb, il grandit dans l'une des grandes cités maritimes italiennes avant de chercher fortune à l'étranger.
Ville où Cabot résida au moins quinze ans et obtint la citoyenneté vénitienne en 1476. C'est là qu'il se forma au négoce maritime méditerranéen et développa ses connaissances en navigation et cartographie.
Port marchand actif d'où partirent les deux expéditions de Cabot (1496 et 1497). Bristol était alors l'un des principaux ports atlantiques anglais, dont les marchands finançaient activement la recherche de nouvelles routes commerciales.
Lieu du débarquement de Cabot le 24 juin 1497, où il planta le drapeau anglais et prit possession des terres au nom d'Henri VII. La localisation exacte reste débattue, mais cette côte est le point de départ des futures revendications britanniques sur l'Amérique du Nord.
Siège de la cour d'Henri VII, où Cabot obtint ses lettres patentes en 1496 et fut reçu en héros à son retour en 1497. C'est là que le roi lui accorda sa pension et que ses récits alimentèrent l'imaginaire des futures expéditions anglaises.






