José Saramago est un écrivain portugais, figure majeure de la littérature du XXe siècle. Auteur de romans à l'imaginaire puissant et au style singulier, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1998, devenant le premier auteur de langue portugaise à l'obtenir.
José Saramago(1922 — 2010)
José Saramago
Portugal
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Nous sommes le seul animal qui peut apprendre, parce que nous sommes le seul animal qui peut enseigner.»
« Si tu peux regarder, vois. Si tu peux voir, observe.»
Faits marquants
- Naissance en 1922 à Azinhaga, dans une famille de paysans pauvres du Portugal
- Publication du Dieu manchot (Memorial do convento) en 1982, qui le révèle au grand public
- Parution de L'Aveuglement (Ensaio sobre a cegueira) en 1995, son roman le plus célèbre
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1998
- Mort en 2010 à Lanzarote, aux îles Canaries, où il s'était exilé
Œuvres & réalisations
Son tout premier roman, publié à 24 ans, longtemps resté sans suite.
Fresque des paysans de l'Alentejo où apparaît son style unique, fait de longues phrases et de dialogues sans guillemets.
Roman historique mêlant amour, Inquisition et machine volante, qui le révèle au monde entier.
Hommage au poète Fernando Pessoa, à travers l'un de ses fameux hétéronymes.
Relecture audacieuse et humaine de la vie du Christ, à l'origine d'une grande polémique.
Parabole d'une épidémie de cécité qui révèle la fragilité de la civilisation ; son œuvre la plus célèbre.
Histoire d'un employé d'état civil fasciné par une inconnue, méditation sur l'identité et la solitude.
Fable sur un pays où, soudain, plus personne ne meurt, avec ses conséquences absurdes et profondes.
Anecdotes
Le nom « Saramago » n'était pas le vrai nom de famille de José : c'était un surnom moqueur donné à sa famille de paysans pauvres, qui désigne une plante sauvage comestible, le radis sauvage. Quand son père alla déclarer sa naissance, l'employé de l'état civil l'inscrivit par erreur sous ce surnom. José ne le découvrit qu'à 7 ans, en entrant à l'école.
Sa famille était trop pauvre pour lui payer des études : il quitta le lycée pour apprendre le métier de serrurier mécanicien. Il se forma seul en lisant le soir, gratuitement, dans une bibliothèque publique de Lisbonne. Il aimait dire que l'homme le plus sage qu'il ait connu, son grand-père Jerónimo, ne savait ni lire ni écrire.
Saramago resta longtemps un écrivain inconnu : son premier roman parut en 1947, puis il se tut presque vingt ans. Ce n'est qu'à 60 ans, en 1982, avec « Memorial do Convento », qu'il connut enfin le succès. Il prouva qu'on peut devenir un grand écrivain sur le tard.
En 1992, le gouvernement portugais retira son roman « L'Évangile selon Jésus-Christ » d'un grand prix littéraire européen, jugeant le livre offensant pour les catholiques. Furieux de cette censure, Saramago quitta le Portugal et s'installa en exil volontaire sur l'île volcanique de Lanzarote, aux Canaries.
En 1998, il devint le premier écrivain de langue portugaise à recevoir le prix Nobel de littérature. Il apprit la nouvelle à l'aéroport de Francfort, alors qu'il s'apprêtait à embarquer dans un avion après le Salon du livre : on le rappela à la dernière minute pour lui annoncer la récompense.
Sources primaires
L'homme le plus sage que j'aie connu de toute ma vie ne savait ni lire ni écrire.
Si tu peux regarder, vois. Si tu peux voir, observe.
Je ne crois pas que nous soyons devenus aveugles, je crois que nous sommes aveugles ; des aveugles qui voient, des aveugles qui, voyant, ne voient pas.
Nous sommes la mémoire que nous avons et la responsabilité que nous assumons ; sans mémoire nous n'existons pas, et sans responsabilité nous ne méritons peut-être pas d'exister.
Lieux clés
Village natal de Saramago, au bord du Tage, dont le monde paysan a profondément marqué son œuvre.
Ville où il grandit, se forma seul dans les bibliothèques et débuta sa carrière de journaliste et d'écrivain.
L'immense couvent-palais de Mafra sert de décor à « Memorial do Convento », son grand roman historique.
Île volcanique où il s'installa en exil à partir de 1993 et où il mourut en 2010.
Capitale où il reçut le prix Nobel de littérature en décembre 1998.
Objets typiques

Cette modeste plante des champs a donné, par un surnom moqueur, son nom de famille à l'écrivain. Elle rappelle ses origines paysannes.

Contrairement à beaucoup d'écrivains de sa génération, Saramago adopta très tôt l'ordinateur pour écrire ses romans, sans regretter la machine à écrire.

Ses lunettes à monture ronde et ses cheveux blancs faisaient partie de son image reconnaissable de vieux sage attentif.

Symbole de la Révolution de 1974 et fleur emblème, l'œillet évoque ses convictions communistes et son attachement à la liberté retrouvée du Portugal.

Pendant son exil, Saramago tint un journal régulier où il notait ses pensées, ses lectures et ses colères politiques.

Sa maison de Lanzarote abritait des milliers de livres : autodidacte, il avait fait des bibliothèques le grand projet de sa vie.

Avant d'être écrivain, le jeune José gagna sa vie comme serrurier mécanicien, métier manuel dont il garda toujours la fierté.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Saramago se levait sans hâte, parcourait les journaux et répondait à son courrier. Puis il s'installait à son ordinateur pour écrire, avec discipline, environ deux pages par jour, ni plus ni moins, travaillant lentement et avec soin.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la lecture, aux recherches pour ses livres, aux entretiens avec des journalistes et à la marche. Plus tard, il s'occupa aussi de sa fondation et défendait ses idées politiques.
Soir
Le soir, il dînait et conversait longuement avec sa femme, la journaliste espagnole Pilar del Río, qui traduisait ses livres en espagnol. Ils discutaient de l'actualité, de politique et de littérature.
Alimentation
Sa cuisine était simple et méditerranéenne : poisson, pain, huile d'olive, légumes et un verre de vin. Il restait attaché aux plats modestes de son enfance paysanne, comme les soupes de pain portugaises.
Vêtements
Il s'habillait sobrement et sans ostentation : chemises, vestes simples et son inséparable paire de lunettes rondes. Rien dans sa tenue ne trahissait l'écrivain célèbre.
Habitat
Il vivait à « A Casa », sa maison de Tías, à Lanzarote, dominée par une immense bibliothèque personnelle de milliers de livres et ouverte sur le paysage volcanique. Auparavant, il avait connu de modestes appartements à Lisbonne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Une esthétique sobre en noir et blanc, entre réalisme social du XXe siècle et touche de réalisme magique, sur fond de paysages volcaniques et de bibliothèques.
Ambiance sonore
Le calme studieux d'un bureau d'écrivain à Lanzarote, mêlé au vent de l'Atlantique et aux échos lointains de la campagne portugaise de son enfance.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Terra do Pecado
1947
Levantado do Chão (Relevé de terre)
1980
Memorial do Convento (Baltasar et Blimunda)
1982
O Ano da Morte de Ricardo Reis (L'Année de la mort de Ricardo Reis)
1984
O Evangelho segundo Jesus Cristo (L'Évangile selon Jésus-Christ)
1991
Ensaio sobre a Cegueira (L'Aveuglement)
1995
Todos os Nomes (Tous les noms)
1997






