Josef Breuer(1842 — 1925)
Josef Breuer
Autriche, empire d'Autriche, Cisleithanie
6 min de lecture
Médecin et physiologiste autrichien, pionnier de la méthode cathartique. Son traitement de la patiente « Anna O. » dans les années 1880 et sa collaboration avec Sigmund Freud ont préparé la naissance de la psychanalyse.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1842 à Vienne, mort en 1925 dans la même ville
- Décrit vers 1868 le réflexe de Hering-Breuer régulant la respiration
- Met en évidence le rôle des canaux semi-circulaires de l'oreille interne dans l'équilibre (années 1870)
- Traite la patiente « Anna O. » (Bertha Pappenheim) par la méthode cathartique entre 1880 et 1882
- Publie avec Sigmund Freud les « Études sur l'hystérie » en 1895
Œuvres & réalisations
Découverte du mécanisme nerveux qui, via le nerf vague, régule automatiquement le rythme de la respiration. Un classique de la physiologie.
Démonstration que les canaux de l'oreille interne servent à percevoir les mouvements de la tête, fondant la physiologie du sens de l'équilibre.
Première mise en œuvre de la méthode cathartique, où la parole sous hypnose fait disparaître les symptômes. Point de départ de la psychanalyse.
Article posant l'idée que les symptômes hystériques découlent de souvenirs traumatiques refoulés et de leur charge émotionnelle.
Ouvrage fondateur réunissant cas cliniques et théorie de la catharsis. Considéré comme l'acte de naissance de la psychanalyse.
Anecdotes
Entre 1880 et 1882, Breuer soigne une jeune patiente qu'il surnomme « Anna O. » pour protéger son identité — il s'agissait en réalité de Bertha Pappenheim, future grande figure du travail social. C'est elle qui inventa l'expression « cure par la parole » (talking cure) en constatant que ses symptômes s'apaisaient quand elle racontait leur origine sous hypnose.
Breuer ne s'intéressait pas qu'à l'esprit : en étudiant la respiration, il découvrit avec le physiologiste Ewald Hering un réflexe automatique qui empêche les poumons de trop se gonfler. Ce mécanisme porte encore aujourd'hui leur nom, le « réflexe de Hering-Breuer ».
On lui doit aussi une découverte sur l'équilibre : Breuer comprit que les petits canaux remplis de liquide situés dans l'oreille interne nous renseignent sur les mouvements de la tête. C'est pour cela qu'on a la tête qui tourne après avoir tournoyé sur soi-même.
Médecin réputé de Vienne, Breuer comptait parmi ses patients de nombreux professeurs de l'université, dont le grand physiologiste Ernst Brücke. Plus âgé et déjà installé, il aida financièrement le jeune Sigmund Freud, encore étudiant désargenté.
L'amitié entre Breuer et Freud finit par se briser. Breuer restait prudent sur le rôle de la sexualité dans les névroses, là où Freud en faisait le cœur de sa théorie. Leur célèbre livre commun fut presque leur dernière collaboration.
Sources primaires
Le malade hystérique souffre la plupart du temps de réminiscences. Chaque symptôme disparaissait définitivement quand on parvenait à réveiller clairement le souvenir de l'événement déclenchant et l'affect qui l'accompagnait.
Elle désignait fort justement ce procédé, parlant sérieusement, du nom de « talking cure » (cure par la parole), et, par plaisanterie, de « chimney-sweeping » (ramonage).
Le gonflement du poumon provoque par voie réflexe, via le nerf vague, l'arrêt de l'inspiration et le déclenchement de l'expiration.
Les canaux semi-circulaires ne servent pas à l'audition, mais à la perception des mouvements et de la position de la tête dans l'espace.
Lieux clés
Ville natale de Breuer, où il a passé presque toute sa vie. Capitale culturelle et scientifique bouillonnante à la fin du XIXe siècle.
Lieu de ses études de médecine puis de ses recherches en physiologie. L'une des grandes facultés médicales d'Europe.
Grand hôpital où Breuer fut assistant du clinicien von Oppolzer et perfectionna sa pratique médicale.
Son cabinet de médecin réputé, où il reçut une clientèle aisée et notamment des professeurs d'université.
Vaste cimetière viennois où Breuer fut inhumé en 1925.






