Joshua Slocum (1844-1909) est un capitaine au long cours canado-américain. Entre 1895 et 1898, il réalise le premier tour du monde à la voile en solitaire à bord du Spray. Il relate son exploit dans un récit devenu un classique de la littérature maritime.
Joshua Slocum(1844 — 1909)
Joshua Slocum
États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Aux jeunes gens qui rêvent d'un grand voyage, je dirais : partez.»
Faits marquants
- Né le 20 février 1844 à Mount Hanley, en Nouvelle-Écosse (Canada), il devient citoyen américain et capitaine au long cours dès les années 1860-1870.
- De 1895 à 1898, il accomplit le premier tour du monde à la voile en solitaire (plus de 74 000 km) à bord du Spray, un sloop de 11,2 m qu'il a reconstruit lui-même.
- En 1900, il publie Sailing Alone Around the World (Seul autour du monde), récit qui devient un classique de la littérature maritime.
- En novembre 1909, il disparaît en mer lors d'une nouvelle traversée à bord du Spray ; ni l'homme ni le bateau ne seront jamais retrouvés.
Œuvres & réalisations
Première circumnavigation du globe accomplie seul à bord, soit environ 74 000 km parcourus en plus de trois ans sur le Spray.
Récit de son tour du monde, devenu un classique mondial de la littérature maritime et une référence pour les navigateurs en solitaire.
Récit du retour du Brésil vers les États-Unis après le naufrage de l'Aquidneck, à bord d'un canot construit en famille.
Récit de la livraison périlleuse, depuis New York, d'un navire de guerre (le Destroyer) commandé par le Brésil.
Embarcation de près de 11 mètres bâtie par Slocum au Brésil pour ramener sa famille aux États-Unis, plus de 8 000 km plus loin.
À Fairhaven, Slocum rebâtit presque entièrement un vieux sloop offert, en faisant le bateau de son exploit.
Anecdotes
Au large des Açores, Slocum tomba malade après avoir mangé du fromage blanc et des prunes, juste avant une tempête. Pris de fièvre, il raconte avoir vu un marin fantôme tenir la barre du Spray et lui lancer : « Je suis le pilote de la Pinta, venu vous aider. » Au matin, le bateau avait gardé son cap tout seul à travers la nuit de gros temps.
Dans le détroit de Magellan, Slocum craignait que des habitants de la Terre de Feu ne montent à bord pendant son sommeil. Il répandit alors des punaises de tapissier sur le pont du Spray. La nuit venue, des intrus pieds nus grimpèrent à bord, marchèrent sur les pointes et replongèrent en hurlant à la mer.
En Afrique du Sud, Slocum fut présenté au président Paul Kruger. Quand on lui expliqua que le marin faisait le tour de la Terre à la voile, Kruger, convaincu que la Terre était plate, le corrigea sèchement : on ne navigue pas « autour » du monde, mais « dans » le monde. Slocum préféra ne pas le contredire.
Le Spray avait la réputation de tenir son cap presque tout seul, une fois les voiles bien réglées. Sur de longues traversées du Pacifique, Slocum affirme être resté des journées entières sans toucher la barre, lisant, cuisinant ou réparant ses voiles pendant que le bateau filait droit.
Peu après Gibraltar, le Spray fut pris en chasse par une embarcation de pirates au large des côtes du Maroc. Alors que les poursuivants gagnaient du terrain, une violente bourrasque s'abattit : le mât du bateau pirate se brisa, et Slocum, qui ne savait pourtant pas nager, put s'échapper.
Sources primaires
Je suis né dans les brises, et j'avais étudié la mer comme peu d'hommes l'ont étudiée, négligeant tout le reste.
Je suis le pilote de la Pinta venu vous aider. Tenez-vous tranquille, señor capitaine, et je guiderai votre navire cette nuit.
Mon horloge en fer-blanc, mon unique garde-temps, avait alors perdu son aiguille des minutes, mais après l'avoir fait bouillir elle marquait les heures, et c'était bien assez sur une longue traversée.
Aux jeunes gens qui songent à un voyage, je dirais : partez.
Lieux clés
Village des hauteurs surplombant la baie de Fundy où Slocum vit le jour en 1844, dans une famille modeste tournée vers la mer.
Port où Slocum reconstruisit planche par planche le Spray entre 1892 et 1894, transformant une épave en bateau de légende.
Passage tempétueux entre Atlantique et Pacifique que Slocum franchit en 1896 au prix d'épreuves répétées, repoussé plusieurs fois par les vents.
Demeure de Robert Louis Stevenson où Slocum fut reçu par sa veuve Fanny en 1896, qui lui offrit des ouvrages de navigation.
Port où Slocum jeta l'ancre le 27 juin 1898, achevant le premier tour du monde à la voile en solitaire de l'histoire.
Dernier port d'où Slocum appareilla en novembre 1909 pour l'Amérique du Sud, avant de disparaître à jamais en mer.
Objets typiques

Vieux sloop ostréicole de près de 11 mètres que Slocum reconstruisit presque entièrement de ses mains. C'est à son bord qu'il réalisa le premier tour du monde en solitaire (1895-1898).

Instrument à miroirs servant à mesurer la hauteur du soleil ou des étoiles au-dessus de l'horizon. Slocum s'en servait pour faire le point et se diriger sur des milliers de milles, sans aucun équipage.

Réveil bon marché payé un dollar, devenu son unique garde-temps faute de chronomètre fiable. Privée d'aiguille des minutes, il la fit bouillir pour la remettre en marche.

Petits clous à tête large que Slocum répandait sur le pont du Spray dans le détroit de Magellan. Ils devaient dissuader les intrus de monter à bord pieds nus pendant la nuit.

Recueils décrivant côtes, courants et dangers de la navigation. À Samoa, Fanny Stevenson, veuve de l'écrivain Robert Louis Stevenson, lui en offrit plusieurs volumes.

Cahier où Slocum notait cap, distances, observations et incidents du quotidien. Ces notes nourrirent ensuite son récit Sailing Alone Around the World.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour, Slocum inspectait le pont et le réglage des voiles, puis vérifiait que le Spray tenait toujours son cap. Si le ciel était dégagé, il mesurait la hauteur du soleil au sextant pour faire le point. Il allumait ensuite son petit fourneau pour préparer café et déjeuner.
Après-midi
L'après-midi, le bateau filant pour ainsi dire seul, il disposait d'un temps précieux : il lisait beaucoup, car il emportait une véritable petite bibliothèque. Il réparait voiles et cordages, consignait sa route dans le journal de bord et pêchait parfois pour améliorer l'ordinaire.
Soir
Le soir venu, il assurait le gréement pour la nuit et hissait un fanal afin de signaler sa présence aux autres navires. Après un repas simple, il lui arrivait de parler ou de chanter à voix haute, seule compagnie dans l'immensité. Puis il dormait pendant que le Spray poursuivait sa route.
Alimentation
À bord, il vivait de provisions de longue conservation : biscuit de mer, viande salée, pommes de terre, café et thé. Dans les escales, il embarquait fruits et légumes frais — une fois, des prunes et du fromage lui valurent une violente indigestion. Les poissons volants tombés sur le pont complétaient parfois ses repas.
Vêtements
Slocum portait les vêtements robustes du marin de la fin du XIXe siècle : chemise et pantalon de grosse toile ou de laine, casquette et solides chaussures. Par gros temps, il enfilait un ciré et un chapeau imperméable pour rester au sec sous les embruns.
Habitat
Sa maison flottante était l'étroite cabine du Spray : une couchette, un coffre, son fourneau, ses cartes et ses livres y tenaient dans très peu d'espace. Dans les ports, il était souvent reçu à terre par des notables, des consuls ou des marins curieux de son exploit.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Premier tour du monde à la voile en solitaire
1895-1898
Sailing Alone Around the World
1900
Voyage of the Liberdade
1890
Voyage of the Destroyer from New York to Brazil
1894
La Liberdade
1888
Reconstruction du Spray
1892-1894






