Joshua Slocum(1844 — 1909)

Joshua Slocum

États-Unis

7 min de lecture

ExplorationLettresExplorateur/triceÉcrivain(e)XIXe siècleFin du XIXe siècle, crépuscule de l'âge d'or de la marine à voile alors supplantée par la navigation à vapeur ; époque où les derniers grands voiliers marchands disparaissent et où l'exploit sportif et individuel commence à prendre le pas sur la navigation commerciale.

Joshua Slocum (1844-1909) est un capitaine au long cours canado-américain. Entre 1895 et 1898, il réalise le premier tour du monde à la voile en solitaire à bord du Spray. Il relate son exploit dans un récit devenu un classique de la littérature maritime.

Questions fréquentes

Joshua Slocum (1844-1909) était un capitaine au long cours canado-américain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il fut le premier homme à accomplir un tour du monde à la voile en solitaire, entre 1895 et 1898, à bord du sloop Spray. Ce qui rend son exploit décisif, c'est qu'il a bouclé une circumnavigation de 74 000 km sans aucun équipage, à une époque où la marine à voile cédait déjà la place aux vapeurs. Son récit Sailing Alone Around the World (1900) est devenu un classique de la littérature maritime.

Citations célèbres

« Aux jeunes gens qui rêvent d'un grand voyage, je dirais : partez. »

Faits marquants

  • Né le 20 février 1844 à Mount Hanley, en Nouvelle-Écosse (Canada), il devient citoyen américain et capitaine au long cours dès les années 1860-1870.
  • De 1895 à 1898, il accomplit le premier tour du monde à la voile en solitaire (plus de 74 000 km) à bord du Spray, un sloop de 11,2 m qu'il a reconstruit lui-même.
  • En 1900, il publie Sailing Alone Around the World (Seul autour du monde), récit qui devient un classique de la littérature maritime.
  • En novembre 1909, il disparaît en mer lors d'une nouvelle traversée à bord du Spray ; ni l'homme ni le bateau ne seront jamais retrouvés.

Œuvres & réalisations

Premier tour du monde à la voile en solitaire (1895-1898)

Première circumnavigation du globe accomplie seul à bord, soit environ 74 000 km parcourus en plus de trois ans sur le Spray.

Sailing Alone Around the World (1900)

Récit de son tour du monde, devenu un classique mondial de la littérature maritime et une référence pour les navigateurs en solitaire.

Voyage of the Liberdade (1890)

Récit du retour du Brésil vers les États-Unis après le naufrage de l'Aquidneck, à bord d'un canot construit en famille.

Voyage of the Destroyer from New York to Brazil (1894)

Récit de la livraison périlleuse, depuis New York, d'un navire de guerre (le Destroyer) commandé par le Brésil.

La Liberdade (1888)

Embarcation de près de 11 mètres bâtie par Slocum au Brésil pour ramener sa famille aux États-Unis, plus de 8 000 km plus loin.

Reconstruction du Spray (1892-1894)

À Fairhaven, Slocum rebâtit presque entièrement un vieux sloop offert, en faisant le bateau de son exploit.

Anecdotes

Au large des Açores, Slocum tomba malade après avoir mangé du fromage blanc et des prunes, juste avant une tempête. Pris de fièvre, il raconte avoir vu un marin fantôme tenir la barre du Spray et lui lancer : « Je suis le pilote de la Pinta, venu vous aider. » Au matin, le bateau avait gardé son cap tout seul à travers la nuit de gros temps.

Dans le détroit de Magellan, Slocum craignait que des habitants de la Terre de Feu ne montent à bord pendant son sommeil. Il répandit alors des punaises de tapissier sur le pont du Spray. La nuit venue, des intrus pieds nus grimpèrent à bord, marchèrent sur les pointes et replongèrent en hurlant à la mer.

En Afrique du Sud, Slocum fut présenté au président Paul Kruger. Quand on lui expliqua que le marin faisait le tour de la Terre à la voile, Kruger, convaincu que la Terre était plate, le corrigea sèchement : on ne navigue pas « autour » du monde, mais « dans » le monde. Slocum préféra ne pas le contredire.

Le Spray avait la réputation de tenir son cap presque tout seul, une fois les voiles bien réglées. Sur de longues traversées du Pacifique, Slocum affirme être resté des journées entières sans toucher la barre, lisant, cuisinant ou réparant ses voiles pendant que le bateau filait droit.

Peu après Gibraltar, le Spray fut pris en chasse par une embarcation de pirates au large des côtes du Maroc. Alors que les poursuivants gagnaient du terrain, une violente bourrasque s'abattit : le mât du bateau pirate se brisa, et Slocum, qui ne savait pourtant pas nager, put s'échapper.

Sources primaires

Sailing Alone Around the World, J. Slocum (1900)
Je suis né dans les brises, et j'avais étudié la mer comme peu d'hommes l'ont étudiée, négligeant tout le reste.
Sailing Alone Around the World, J. Slocum (épisode du pilote de la Pinta) (1900)
Je suis le pilote de la Pinta venu vous aider. Tenez-vous tranquille, señor capitaine, et je guiderai votre navire cette nuit.
Sailing Alone Around the World, J. Slocum (l'horloge de fer-blanc) (1900)
Mon horloge en fer-blanc, mon unique garde-temps, avait alors perdu son aiguille des minutes, mais après l'avoir fait bouillir elle marquait les heures, et c'était bien assez sur une longue traversée.
Sailing Alone Around the World, J. Slocum (conclusion) (1900)
Aux jeunes gens qui songent à un voyage, je dirais : partez.

Lieux clés

Mount Hanley (Nouvelle-Écosse, Canada)

Village des hauteurs surplombant la baie de Fundy où Slocum vit le jour en 1844, dans une famille modeste tournée vers la mer.

Fairhaven (Massachusetts, États-Unis)

Port où Slocum reconstruisit planche par planche le Spray entre 1892 et 1894, transformant une épave en bateau de légende.

Détroit de Magellan (Chili)

Passage tempétueux entre Atlantique et Pacifique que Slocum franchit en 1896 au prix d'épreuves répétées, repoussé plusieurs fois par les vents.

Vailima, près d'Apia (Samoa)

Demeure de Robert Louis Stevenson où Slocum fut reçu par sa veuve Fanny en 1896, qui lui offrit des ouvrages de navigation.

Newport (Rhode Island, États-Unis)

Port où Slocum jeta l'ancre le 27 juin 1898, achevant le premier tour du monde à la voile en solitaire de l'histoire.

Vineyard Haven (Massachusetts, États-Unis)

Dernier port d'où Slocum appareilla en novembre 1909 pour l'Amérique du Sud, avant de disparaître à jamais en mer.

Voir aussi