Kamala Sohonie est une biochimiste indienne, première femme indienne à obtenir un doctorat en sciences. Elle a brisé les barrières de genre dans la recherche scientifique et étudié la valeur nutritionnelle des aliments locaux.
Kamala Sohonie(1911 — 1998)
Kamala Sohonie
Inde, Raj britannique, Union indienne
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1912 à Indore, en Inde, dans une famille de chimistes
- En 1933, refusée à l'Indian Institute of Science par C. V. Raman en raison de son sexe, avant d'être finalement admise à titre conditionnel
- Première femme indienne à obtenir un doctorat (PhD) en sciences, à l'université de Cambridge (1939)
- A démontré la présence de l'enzyme cytochrome c dans toutes les cellules végétales
- Décédée en 1998, après une carrière consacrée à la biochimie et à la nutrition (étude du 'Neera', boisson nutritive)
Œuvres & réalisations
En forçant l'institut à l'accepter, elle ouvre la voie à l'admission des étudiantes dans l'enseignement scientifique supérieur indien.
Travaux de master analysant la valeur nutritive de protéines essentielles à l'alimentation indienne.
Sa thèse de Cambridge montre que cette enzyme de la respiration est présente dans toutes les cellules de plantes, une contribution majeure à la biochimie.
Elle devient la première femme indienne titulaire d'un doctorat en sciences, à l'issue d'une thèse remarquablement brève et rapide.
Elle prouve la richesse nutritionnelle de la sève de palmier pour les enfants pauvres et les femmes enceintes ; travail récompensé par un prix présidentiel.
Première femme à diriger cet institut de Bombay, elle y forme des générations de chercheurs en biochimie.
Anecdotes
En 1933, Kamala Sohonie postule à l'Indian Institute of Science de Bangalore, mais son directeur, le célèbre physicien et prix Nobel C. V. Raman, refuse de l'admettre uniquement parce qu'elle est une femme. Têtue, elle reste assise devant son bureau jusqu'à obtenir gain de cause. Raman finit par la prendre « à l'essai », à des conditions humiliantes — et elle devient la toute première femme étudiante de l'institut.
Des années plus tard, Kamala Sohonie n'a rien oublié de cet épisode. Selon ses propres souvenirs, elle reconnaissait le génie de Raman comme scientifique, mais lui reprochait son esprit étroit et l'humiliation de l'avoir traitée différemment parce qu'elle était une femme. Son obstination a forcé l'institut à ouvrir ses portes aux étudiantes après elle.
À l'université de Cambridge, Kamala découvre que toutes les cellules végétales contiennent une enzyme appelée cytochrome c, essentielle à la respiration des plantes. Sa thèse de doctorat, réputée très courte (une quarantaine de pages) et rédigée en un peu plus d'un an, impressionne tellement ses examinateurs qu'elle obtient son titre en 1939 — devenant la première Indienne docteure ès sciences.
De retour en Inde, Kamala Sohonie étudie le « neera », une sève sucrée tirée du palmier. Elle démontre qu'elle est riche en vitamines et en fer et qu'elle peut combattre la malnutrition des enfants pauvres et des femmes enceintes. Ce travail lui vaut une récompense présidentielle (le Rashtrapati Award).
En 1998, alors qu'elle est honorée lors d'une cérémonie organisée à New Delhi par le Conseil indien de la recherche médicale, Kamala Sohonie s'effondre. Elle meurt peu après, à 87 ans, fêtée jusqu'au bout pour une vie consacrée à la science et à la nutrition.
Sources primaires
Bien que Raman fût un grand savant, il avait l'esprit très étroit. Je ne pourrai jamais oublier la manière dont il m'a traitée, simplement parce que j'étais une femme. Si une femme pouvait faire du bon travail, pourquoi ne lui donnerait-on pas sa chance ?
Travaux établissant que le cytochrome c, enzyme intervenant dans l'oxydation cellulaire, est présent dans toutes les cellules végétales étudiées.
Étude montrant que le neera, riche en vitamine C, en vitamine A et en fer, améliore l'état de santé des enfants malnutris et des femmes enceintes lorsqu'il est ajouté à leur alimentation.
Lieux clés
Ville du centre de l'Inde où naît Kamala Bhagvat en 1911, dans une famille de chimistes.
Prestigieux institut où elle est admise en 1933 comme première étudiante, après le refus initial de C. V. Raman.
Où elle prépare son doctorat en biochimie et découvre le cytochrome c dans les cellules végétales, obtenant son titre en 1939.
Établissement où elle enseigne la biochimie à partir de 1949 et dont elle devient la première directrice femme en 1969.
Capitale indienne où elle s'effondre puis meurt en 1998, lors d'une cérémonie organisée en son honneur par le Conseil indien de la recherche médicale.
Objets typiques

Instrument optique grossissant permettant d'observer cellules et tissus. Outil quotidien d'une biochimiste étudiant la matière vivante.

Éprouvettes, béchers et ballons de verre servant à mélanger et à analyser des substances. Indispensables aux expériences de biochimie.

Appareil faisant tourner des échantillons à grande vitesse pour séparer leurs composants. Permettait d'isoler protéines et enzymes.

Boisson sucrée non fermentée tirée de la fleur du palmier. Kamala Sohonie en a démontré la richesse en vitamines et en fer pour lutter contre la malnutrition.

Registre où le chercheur consigne chaque expérience, mesure et résultat. Mémoire écrite et preuve du travail scientifique.

Vêtement traditionnel indien fait d'une longue étoffe drapée. Kamala Sohonie le portait au laboratoire comme dans la vie quotidienne.
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Vie quotidienne
Matin
Tôt le matin, Kamala rejoint son laboratoire, parfois après un long trajet en ville. Elle prépare ses échantillons, vérifie ses cultures et note ses observations dans son cahier avant que la chaleur n'augmente.
Après-midi
L'après-midi est consacré aux expériences : pesées précises, réactions chimiques, centrifugations et observations au microscope. Étudiante, elle devait travailler plus que les autres pour faire taire les préjugés contre les femmes.
Soir
Le soir, elle dépouille ses résultats, lit des articles scientifiques et rédige ses comptes rendus. Plus tard dans sa vie, elle partage ce temps entre la recherche, l'enseignement et sa famille.
Alimentation
Son alimentation est celle de l'Inde de son temps : riz, légumineuses (dal), légumes, pain plat (chapati) et épices. Son métier la rend particulièrement attentive à la valeur nutritive des aliments du quotidien.
Vêtements
Elle porte le sari, vêtement traditionnel indien, aussi bien au laboratoire que dans la vie courante, alliant identité culturelle et exigences du travail scientifique.
Habitat
Elle vit dans des logements urbains de l'Inde coloniale puis indépendante, d'abord près des instituts où elle étudie et travaille, à Bangalore puis à Bombay, et séjourne quelque temps à Cambridge pendant son doctorat.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Première femme admise à l'Indian Institute of Science
1933
Recherches sur les protéines du lait et des légumineuses
1936
Découverte du cytochrome c dans les cellules végétales
1939
Doctorat ès sciences de l'université de Cambridge
1939
Études sur le neera et la lutte contre la malnutrition
années 1950
Direction du Royal Institute of Science
1969






