Écrivain, dramaturge et militant américain, Larry Kramer fut une figure majeure de la lutte contre le sida. Il cofonda les organisations Gay Men's Health Crisis (1982) puis ACT UP (1987), pionnières de la mobilisation contre l'épidémie et pour les droits des malades.
Larry Kramer(1935 — 2020)
Larry Kramer
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance en 1935 à Bridgeport (Connecticut), mort en 2020 à New York.
- Nommé en 1970 pour son adaptation cinématographique du roman « Women in Love » de D. H. Lawrence.
- Cofonde en 1982 le Gay Men's Health Crisis, première grande association d'aide aux malades du sida.
- Fonde en 1987 ACT UP, mouvement militant recourant à l'action directe contre l'inaction des pouvoirs publics face au sida.
- Auteur de la pièce autobiographique « The Normal Heart » (1985), dénonçant la passivité face à l'épidémie.
Œuvres & réalisations
Adaptation du roman de D. H. Lawrence, qui valut à Kramer une nomination à l'Oscar du meilleur scénario, révélant son talent d'écrivain.
Satire controversée de la vie homosexuelle new-yorkaise, qui fit de Kramer une voix critique et dérangeante au sein de sa propre communauté.
Première grande organisation d'aide aux malades du sida aux États-Unis, modèle de solidarité communautaire.
Article-manifeste dénonçant l'inaction face à l'épidémie, devenu un texte fondateur de la mobilisation.
Drame largement autobiographique sur les débuts de l'épidémie, l'une des œuvres théâtrales majeures sur le sida.
Mouvement d'action directe qui transforma la lutte contre le sida et imposa la voix des malades dans les politiques de santé.
Suite de « The Normal Heart », finaliste du prix Pulitzer, explorant la mémoire et la maladie du personnage de l'auteur.
Vaste fresque romanesque en deux tomes sur l'homosexualité dans l'histoire américaine, œuvre de toute une vie.
Anecdotes
En 1978, Larry Kramer publie un roman intitulé « Faggots », une satire mordante de la vie homosexuelle new-yorkaise. Le livre fait scandale jusque dans la communauté gay elle-même : il est même retiré des rayons de la principale librairie gay de New York. Kramer se retrouve isolé, mais il ne renoncera jamais à dire ce qu'il pense.
Le 11 mars 1983, Kramer publie dans un journal gay un long article au titre-choc : « 1 112 et ça continue ». Il y dresse la liste des morts du sida et accuse les pouvoirs publics de laisser mourir les malades. Ce cri d'alarme devient un texte fondateur de la mobilisation contre l'épidémie.
En 1987, furieux de l'inaction du gouvernement, Kramer fonde ACT UP. Le slogan du mouvement, « Silence = Mort », accompagné d'un triangle rose, devient mondialement célèbre. Les militants organisent des manifestations spectaculaires, comme l'occupation du siège de l'agence du médicament américaine (FDA) en 1988.
Kramer était lui-même séropositif et vivait avec une hépatite B qui détruisit son foie. En 2001, il bénéficia d'une greffe de foie, ce que certains jugeaient impossible pour un patient atteint du VIH à l'époque. Il survécut près de vingt ans encore, continuant à écrire et à militer.
Son intransigeance lui valut de nombreux ennemis, même parmi ses alliés : il fut écarté de Gay Men's Health Crisis, l'organisation qu'il avait pourtant cofondée en 1982, jugée trop modérée à son goût. Pour Kramer, la colère était une arme politique légitime face à l'urgence.
Sources primaires
If this article doesn't scare the shit out of you, we're in real trouble. If this article doesn't rouse you to anger, fury, rage, and action, gay men may have no future on this earth.
I belong to a culture that includes Proust, Henry James, Tchaikovsky, Cole Porter, Plato, Socrates, Aristotle... I am not concerned that all of these gay men provided so much... I am proud of it.
Roman satirique dépeignant la vie homosexuelle masculine à New York et Fire Island à la fin des années 1970, dénonçant la fuite en avant et le manque d'amour durable.
Kramer demande à son auditoire combien d'entre eux seront encore vivants dans cinq ans, puis les appelle à passer à l'action directe contre l'inaction gouvernementale.
Lieux clés
Ville natale de Larry Kramer, où il naît en 1935 dans une famille juive de la classe moyenne.
Cœur de la vie gay new-yorkaise et de l'épidémie de sida, où Kramer vécut, écrivit et mena ses combats militants.
Établissement où Kramer fit ses études ; il y tenta de se suicider, mal dans sa peau, avant d'y financer plus tard un centre d'études gay et lesbiennes.
Lieu de villégiature estivale de la communauté gay, décor de son roman « Faggots » et symbole d'une époque insouciante balayée par l'épidémie.
Agence américaine du médicament, occupée par les militants d'ACT UP en 1988 pour exiger un accès plus rapide aux traitements.
Centre communautaire de Greenwich Village où Kramer prononça en 1987 le discours qui donna naissance à ACT UP.
Objets typiques

Outil de l'écrivain et du pamphlétaire, sur lequel Kramer rédigea ses romans, pièces et essais militants. L'écriture fut son arme principale.

Affiche au triangle rose sur fond noir, emblème graphique d'ACT UP. Elle dénonçait le silence mortel des autorités face à l'épidémie.

Boucle de ruban rouge portée en signe de solidarité avec les personnes atteintes du sida, devenue symbole international de la lutte contre la maladie.

Panneau brandi lors des actions d'éclat d'ACT UP, portant slogans et noms des malades. Outil central de la désobéissance civile non violente.

Premier antirétroviral autorisé contre le sida en 1987, d'abord rare et très coûteux. Son accès fut au cœur des combats menés par ACT UP.

Texte de scène, comme celui de « The Normal Heart », mêlant émotion intime et combat politique pour toucher le grand public.
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Vie quotidienne
Matin
Kramer commençait souvent ses journées par la lecture de la presse, traquant les nouvelles de l'épidémie et les chiffres des morts. Écrivain discipliné, il consacrait ses matinées à la rédaction, devant sa machine à écrire puis son ordinateur.
Après-midi
Ses après-midi étaient rythmés par les réunions militantes, les coups de téléphone et la préparation d'actions. Il rédigeait lettres ouvertes et tribunes incendiaires destinées aux journaux et aux responsables politiques.
Soir
Le soir, il fréquentait théâtres et cercles littéraires new-yorkais, ou retrouvait son compagnon David Webster. Les soirées pouvaient aussi se transformer en assemblées militantes enflammées.
Alimentation
Vivant dans le New York urbain de la fin du XXe siècle, Kramer partageait l'alimentation d'un intellectuel américain de son temps. Sa greffe du foie en 2001 l'obligea ensuite à surveiller étroitement son régime et sa santé.
Vêtements
Loin du militant en treillis, Kramer s'habillait sobrement, en citadin de Manhattan : chemises, vestes et tenues classiques. Lors des manifestations, il pouvait arborer tee-shirts à slogans et le triangle rose d'ACT UP.
Habitat
Il vécut l'essentiel de sa vie dans des appartements de Manhattan, notamment près de Greenwich Village, quartier emblématique de la vie gay et artistique new-yorkaise.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Women in Love (scénario)
1969
Faggots (roman)
1978
Cofondation de Gay Men's Health Crisis
1982
1,112 and Counting (essai)
1983
The Normal Heart (pièce)
1985
Fondation d'ACT UP
1987
The Destiny of Me (pièce)
1992






