Leibniz(1646 — 1716)

Gottfried Wilhelm Leibniz

électorat de Saxe

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PhilosophieSciencesPhilosopheMathématicien(ne)Temps modernesXVIIe-XVIIIe siècles (Époque moderne, Siècle des Lumières)

Philosophe et mathématicien allemand du XVIIe siècle, Leibniz a contribué à la révolution scientifique en développant le calcul infinitésimal et en proposant une philosophie originale fondée sur la monadologie. Il a marqué la pensée moderne par sa théorie de l'harmonie préétablie et son optimisme métaphysique.

Questions fréquentes

Leibniz (1646-1716) est un philosophe et mathématicien allemand du Siècle des Lumières. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est l'un des derniers génies universels : il a inventé le calcul infinitésimal (avec sa notation dx et dy encore utilisée aujourd'hui) et a développé une philosophie originale centrée sur les monades et l'harmonie préétablie. Son importance historique tient à ce qu'il a jeté les bases de la logique moderne et de l'informatique avec son projet de characteristica universalis, une langue universelle de raisonnement. Il a aussi fondé l'Académie des sciences de Berlin en 1700, contribuant à structurer la recherche en Europe.

Citations célèbres

« Il y a rien dans l'entendement qui n'ait d'abord été dans les sens, sinon l'entendement lui-même.»
« Dieu a créé le meilleur des mondes possibles.»

Faits marquants

  • 1646 : Naissance à Leipzig (Saxe)
  • 1675-1676 : Création du calcul différentiel et intégral, fondement de l'analyse mathématique moderne
  • 1684 : Publication de sa théorie du calcul infinitésimal dans le journal Acta Eruditorum
  • 1686 : Exposition de sa Monadologie et de sa théorie de l'harmonie préétablie
  • 1716 : Mort à Hanovre

Œuvres & réalisations

Nova Methodus pro Maximis et Minimis (1684)

Premier article publié sur le calcul différentiel, paru dans les Acta Eruditorum. Il introduit la notation dx et dy qui s'imposa dans toute l'Europe continentale.

Discours de métaphysique (1686)

Texte fondateur de la philosophie leibnizienne, exposant sa conception de Dieu, des substances individuelles et de la relation entre âme et corps. Jamais publié de son vivant.

Système nouveau de la nature (1695)

Article exposant pour la première fois publiquement l'harmonie préétablie, la théorie selon laquelle l'âme et le corps suivent chacun leurs lois propres sans interaction directe.

Essais de Théodicée (1710)

Seul grand ouvrage philosophique publié de son vivant. Leibniz y justifie la bonté de Dieu malgré l'existence du mal, affirmant que notre monde est 'le meilleur des mondes possibles'.

Monadologie (1714)

Synthèse de 90 paragraphes de la métaphysique leibnizienne, décrivant l'univers comme composé de monades, substances simples et indivisibles qui reflètent chacune l'univers entier.

Principes de la nature et de la grâce (1714)

Texte complémentaire à la Monadologie, accessible à un large public cultivé, exposant les principes fondamentaux de la philosophie naturelle et théologique de Leibniz.

Nouveaux Essais sur l'entendement humain (1704 (publié 1765))

Réponse point par point à l'Essai sur l'entendement humain de Locke. Leibniz y défend l'innéisme contre l'empirisme et affirme que l'intellect lui-même est une connaissance innée.

Anecdotes

Leibniz et Newton ont découvert le calcul infinitésimal indépendamment l'un de l'autre, à peu près à la même époque. Cette coïncidence a déclenché une querelle de priorité féroce entre les savants anglais et continentaux qui a duré des décennies et empoisonné les relations scientifiques entre les deux hommes jusqu'à leur mort.

Leibniz avait une mémoire prodigieuse et une curiosité encyclopédique : il travaillait sur des dizaines de sujets en même temps, de la jurisprudence à la théologie en passant par la géologie et la linguistique. On raconte qu'il dormait peu, souvent assis dans son fauteuil, et rédigeait ses idées sur des feuillets volants qu'il entassait autour de lui.

Leibniz a conçu l'une des premières calculatrices mécaniques capables d'effectuer les quatre opérations arithmétiques, qu'il présenta à l'Académie des sciences de Paris en 1675. Il espérait libérer les savants des calculs fastidieux pour leur permettre de se concentrer sur la pensée créatrice.

Malgré une vie consacrée au service des princes de Hanovre, Leibniz mourut seul et sans honneurs en 1716. Aucun représentant officiel de la cour ne vint à ses funérailles, tant il était tombé en disgrâce. Voltaire, pourtant critique de son optimisme, nota l'ingratitude des puissants envers ce génie.

Leibniz rêvait d'une langue universelle logique, la 'characteristica universalis', qui permettrait de résoudre tous les désaccords philosophiques et scientifiques par le calcul. Son idée préfigure de façon étonnante la logique mathématique moderne et l'informatique.

Sources primaires

Discours de métaphysique (1686)
Dieu ayant choisi le monde le plus parfait, il a fait en sorte que tout ce qui arrive dans ce monde soit lié à tout le reste selon les lois de la nature.
Monadologie (1714)
Les Monades sont les véritables Atomes de la Nature et, en un mot, les Éléments des choses. Il n'y a point de fenêtres, par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir.
Nouveaux Essais sur l'entendement humain (1704 (publié 1765))
Rien n'est dans l'intellect qui n'ait été auparavant dans les sens, sinon l'intellect lui-même.
Essais de Théodicée (1710)
Ce monde est le meilleur de tous les mondes possibles, non parce qu'il n'y a point de mal, mais parce que Dieu a choisi celui où le bien l'emporte le plus sur le mal.
Nova Methodus pro Maximis et Minimis (Acta Eruditorum) (1684)
Sit axis AX, et curvae plures, ut VV, WW, YY, ZZ, quarum ordinatae, ad axem normales, VX, WX, YX, ZX, vocentur respective v, w, y, z.

Lieux clés

Leipzig, Saxe (Allemagne)

Ville natale de Leibniz, où il naît en 1646 et fait ses premières études. C'est dans ce foyer intellectuel protestant qu'il développe sa passion pour la philosophie et les langues.

Paris (France)

Leibniz y séjourne de 1672 à 1676 en mission diplomatique. Il y rencontre les plus grands savants européens, découvre les travaux de Pascal et développe ses propres méthodes de calcul.

Hanovre (Allemagne)

Ville où Leibniz passe l'essentiel de sa vie adulte comme bibliothécaire et conseiller des ducs de Brunswick-Lunebourg. Il y meurt en 1716 et ses archives y sont toujours conservées.

Berlin (Allemagne)

Leibniz y fonde l'Académie des sciences de Prusse en 1700, dont il est le premier président. Ce projet illustre sa vision d'organiser le savoir au service des États.

La Haye (Pays-Bas)

Leibniz y rencontre Spinoza en 1676 lors de son voyage de retour vers Hanovre. Ces entretiens philosophiques marquèrent profondément sa réflexion sur Dieu et la nature.

Voir aussi