René Descartes(1596 — 1650)

René Descartes

France

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PhilosophieSciencesPhilosopheMathématicien(ne)ScientifiqueTemps modernesXVIIe siècle (1596-1650)

Philosophe et mathématicien français du XVIIe siècle, fondateur de la philosophie moderne et du rationalisme. Connu pour sa méthode du doute méthodique et son célèbre principe « Je pense, donc je suis ». Il a révolutionné les mathématiques en créant la géométrie analytique.

Questions fréquentes

René Descartes (1596-1650) est un philosophe et mathématicien français du XVIIe siècle qui a révolutionné la pensée occidentale. Ce qui le rend si important, c'est qu'il a fondé le rationalisme moderne en plaçant la raison comme source première de connaissance. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a osé remettre en cause toutes les certitudes de son époque à travers le doute méthodique, pour aboutir à une vérité indubitable : le célèbre cogito « Je pense, donc je suis ». Cette démarche a ouvert la voie à la philosophie des Lumières et à la science moderne, en affirmant que l'esprit humain peut atteindre la vérité par ses propres forces.

Citations célèbres

« Je pense, donc je suis»
« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée»
« Divide each difficulty into as many parts as it is feasible»

Faits marquants

  • 1596 : Naissance à La Haye-Descartes en Touraine
  • 1630-1640 : Élaboration et développement de sa méthode du doute méthodique
  • 1637 : Publication du « Discours de la Méthode »
  • 1641 : Publication des « Méditations métaphysiques »
  • 1650 : Mort à Stockholm en Suède où il enseignait

Œuvres & réalisations

Discours de la méthode (1637)

Œuvre fondatrice du rationalisme moderne, Descartes y expose sa méthode en quatre règles pour bien conduire sa raison et parvenir à des vérités certaines. C'est dans cet ouvrage qu'apparaît le célèbre cogito : « Je pense, donc je suis ».

La Géométrie (1637)

Annexe du Discours de la méthode, cet ouvrage révolutionne les mathématiques en créant la géométrie analytique, qui permet de représenter des courbes géométriques par des équations algébriques. Le système de coordonnées cartésiennes en est l'héritage direct.

Méditations métaphysiques (1641)

Chef-d'œuvre de la philosophie occidentale, cet ouvrage présente le doute méthodique radical comme point de départ pour reconstruire des connaissances certaines. Descartes y démontre l'existence du sujet pensant, de Dieu et du monde extérieur.

Principes de la philosophie (1644)

Synthèse ambitieuse de la métaphysique et de la physique cartésiennes, présentée en quatre parties. Descartes y développe sa théorie des tourbillons pour expliquer le mouvement des astres et la structure de l'univers.

Les Passions de l'âme (1649)

Dernier ouvrage publié du vivant de Descartes, rédigé en partie pour répondre aux questions de la princesse Élisabeth. Il y analyse les émotions humaines comme phénomènes à la fois physiques et mentaux, jetant les bases de la psychologie moderne.

Le Monde et le Traité de l'homme (1633 (publication posthume 1664))

Traité de physique et de cosmologie dans lequel Descartes défend une vision mécaniste de l'univers. Il y renonce à la publication en apprenant la condamnation de Galilée, craignant de subir le même sort.

Anecdotes

Descartes avait l'habitude de rester au lit jusqu'à midi pour réfléchir, une pratique qu'il considérait essentielle à sa pensée. C'est précisément lors de ces longues matinées de repos qu'il aurait eu ses plus grandes intuitions philosophiques et mathématiques. Cette habitude choquait certains de ses contemporains habitués aux journées de travail austères.

Le 10 novembre 1619, alors qu'il était soldat et se trouvait à Ulm en Allemagne par une nuit froide, Descartes fit trois rêves consécutifs qu'il interpréta comme un signe divin lui révélant sa mission : unifier toutes les sciences par la méthode rationnelle. Il nota soigneusement ces rêves et les considéra comme le point de départ de toute son œuvre.

Descartes vécut une grande partie de sa vie en Hollande pour fuir les contraintes religieuses de la France. Il changea d'adresse plus d'une vingtaine de fois pour protéger sa tranquillité et éviter que les visiteurs ne perturbent son travail, gardant souvent secret son lieu de résidence exact.

En 1649, la reine Christine de Suède, passionnée de philosophie, le convoqua à Stockholm. Elle exigeait des leçons à cinq heures du matin dans un palais glacial. Habitué à ses matinées douillettes, Descartes supporta très mal le froid nordique et mourut d'une pneumonie en février 1650, quelques mois seulement après son arrivée.

Descartes entretenait une correspondance intense avec la princesse Élisabeth de Bohême, l'une des rares femmes de son époque reconnue pour son intelligence philosophique. Leurs échanges épistolaires, portant sur les passions de l'âme et la relation entre corps et esprit, sont considérés parmi les plus riches de l'histoire de la philosophie.

Sources primaires

Discours de la méthode (1637)
Je pense, donc je suis. Cette vérité était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler.
Méditations métaphysiques (1641)
Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n'a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente.
La Géométrie (annexe du Discours de la méthode) (1637)
Ainsi, voulant résoudre quelque problème, on doit d'abord le considérer comme déjà fait, et donner des noms à toutes les lignes qui semblent nécessaires pour le construire.
Correspondance avec la princesse Élisabeth de Bohême (1643)
Je distingue deux choses dans l'âme humaine, dont dépend toute la connaissance que nous pouvons avoir de sa nature : l'une est qu'elle pense, l'autre est qu'étant unie au corps, elle peut agir et pâtir avec lui.
Les Passions de l'âme (1649)
L'admiration est une subite surprise de l'âme qui fait qu'elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires.

Lieux clés

La Haye-en-Touraine (aujourd'hui Descartes), France

Lieu de naissance de René Descartes le 31 mars 1596. La ville a été rebaptisée en son honneur en 1967 et conserve sa maison natale, transformée en musée.

Amsterdam et Leyde, Pays-Bas

Descartes vécut en Hollande pendant plus de vingt ans, profitant de la tolérance intellectuelle de la République néerlandaise pour rédiger l'essentiel de son œuvre philosophique et scientifique.

Ulm, Bavière (Saint-Empire)

C'est à Ulm, en novembre 1619, que Descartes vécut la nuit des trois rêves fondateurs qui lui révélèrent sa vocation philosophique et le projet d'unification des sciences par la raison.

Stockholm, Suède

Descartes s'y rendit en 1649 à l'invitation de la reine Christine. Le climat rigoureux et les leçons matinales épuisèrent sa santé ; il y mourut le 11 février 1650.

La Flèche, Sarthe, France

Descartes étudia au collège royal jésuite de La Flèche de 1607 à 1615, l'une des meilleures institutions scolaires d'Europe. C'est là qu'il reçut une solide formation en philosophie, mathématiques et sciences.

Voir aussi