Fontenelle(1657 — 1757)

Fontenelle

royaume de France

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LettresSciencesÉcrivain(e)ScientifiquePhilosopheTemps modernesXVIIe-XVIIIe siècles (1657-1757)

Écrivain et savant français du XVIIe-XVIIIe siècle, Fontenelle a popularisé les sciences auprès du grand public. Connu pour ses « Entretiens sur la pluralité des mondes » et son rôle de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, il incarne l'esprit des Lumières.

Questions fréquentes

Fontenelle (1657-1757) est un écrivain et savant français qui a joué un rôle clé dans la diffusion des sciences au siècle des Lumières. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a su rendre accessibles des théories complexes comme le système copernicien grâce à des dialogues mondains, notamment dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes (1686). Il a aussi été secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences pendant 42 ans, rédigeant des éloges qui constituent un panorama unique de la science de son temps. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il a défendu l'idée de progrès dans la Querelle des Anciens et des Modernes, affirmant que les Modernes pouvaient surpasser les Anciens grâce à l'accumulation des connaissances.

Citations célèbres

« Je veux que vous aimiez les sciences et que vous les trouviez plus amusantes que les comédies. »
« L'incrédulité est la base de la vraie foi. »

Faits marquants

  • Publication des « Entretiens sur la pluralité des mondes » en 1686, ouvrage majeur de vulgarisation scientifique
  • Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de Paris de 1697 à 1740
  • Promotion de la théorie héliocentrique de Copernic auprès du public cultivé du XVIIe siècle
  • Rédaction d'éloges historiques des académiciens décédés, influençant le genre du discours académique
  • Engagement auprès des Lumières : rationalisme, critique du dogmatisme religieux, confiance en la raison

Œuvres & réalisations

Entretiens sur la pluralité des mondes (1686)

Chef-d'œuvre de vulgarisation scientifique où Fontenelle explique le système copernicien sous forme de dialogues galants avec une marquise. L'ouvrage connut un immense succès et fut traduit dans toute l'Europe.

Histoire des oracles (1687)

Essai rationaliste inspiré d'un ouvrage du Hollandais Van Dale, dans lequel Fontenelle démonte les superstitions liées aux oracles antiques en appliquant la méthode critique.

Digression sur les Anciens et les Modernes (1688)

Texte majeur de la Querelle des Anciens et des Modernes, où Fontenelle défend l'idée de progrès et affirme que les Modernes peuvent surpasser les Anciens grâce à l'accumulation des connaissances.

Éloges des académiciens (1708-1740)

Série de notices biographiques et scientifiques rédigées par Fontenelle en tant que secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Ces éloges constituent un panorama unique de la science européenne de l'époque.

De l'origine des fables (1724)

Essai dans lequel Fontenelle analyse la naissance des mythes et des croyances comme des produits de l'ignorance humaine, préfigurant l'anthropologie des Lumières.

Éléments de la géométrie de l'infini (1727)

Ouvrage ambitieux dans lequel Fontenelle tente de fonder mathématiquement le calcul infinitésimal, témoignant de son engagement pour les sciences exactes.

Anecdotes

Fontenelle est célèbre pour sa longévité exceptionnelle : il vécut presque cent ans, de 1657 à 1757, traversant ainsi le règne de Louis XIV et une grande partie de celui de Louis XV. À sa mort, il ne lui manquait qu'un mois pour atteindre son centième anniversaire.

On raconte qu'un jour, une dame lui demanda la différence entre elle et une horloge. Fontenelle répondit galamment : « Madame, une horloge marque les heures, et vous, vous les faites oublier. » Ce trait d'esprit illustre le caractère mondain et spirituel du personnage, très apprécié dans les salons parisiens.

Fontenelle fut le neveu du grand dramaturge Pierre Corneille par sa mère. Il grandit ainsi dans un milieu littéraire stimulant, ce qui influença profondément sa vocation d'écrivain et de vulgarisateur.

Lorsqu'on lui demandait le secret de sa longévité, Fontenelle répondait souvent avec humour qu'il n'avait jamais couru après les femmes ni après les honneurs, et qu'il mangeait des fraises. Il attribuait aussi sa santé à sa modération en toutes choses et à son tempérament calme.

Fontenelle occupa le poste de secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences pendant quarante-deux ans, de 1697 à 1740. Il y rédigea les éloges funèbres de nombreux savants, contribuant ainsi à faire connaître leurs travaux au grand public cultivé.

Sources primaires

Entretiens sur la pluralité des mondes (1686)
Je veux vous dire que toute la philosophie n'est fondée que sur deux choses : sur ce qu'on a l'esprit curieux et les yeux mauvais ; car si vous aviez les yeux meilleurs que vous ne les avez, vous verriez bien si les étoiles sont des soleils.
Histoire des oracles (1687)
Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait.
Digression sur les Anciens et les Modernes (1688)
Toute la question de la prééminence entre les Anciens et les Modernes étant une fois bien entendue, se réduit à savoir si les arbres qui étaient autrefois dans nos campagnes étaient plus grands que ceux d'aujourd'hui.
Éloge de M. Newton (1727)
Newton a laissé une grande succession de gloire, et il s'est élevé à ce sujet une espèce de procès entre les Anglais et les Allemands, assez semblable à celui que se firent sept villes de la Grèce pour la naissance d'Homère.

Lieux clés

Rouen

Ville natale de Fontenelle, où il grandit dans l'entourage de son oncle Pierre Corneille et reçut sa première éducation chez les jésuites.

Académie royale des sciences, Paris

Institution où Fontenelle exerça le rôle de secrétaire perpétuel pendant 42 ans, rédigeant les éloges des savants et les comptes rendus des découvertes.

Salons parisiens du Marais et du faubourg Saint-Germain

Lieux mondains où Fontenelle brillait par son esprit et diffusait les idées scientifiques auprès d'un public cultivé, notamment le salon de Madame de Lambert.

Palais du Louvre, Paris

Siège de l'Académie française où Fontenelle fut élu en 1691, et lieu de réunion des académiciens.

Rue Saint-Honoré, Paris

Quartier où Fontenelle résida une grande partie de sa vie parisienne, à proximité des institutions académiques et des salons.

Voir aussi