Li Bai(701 — 762)

Li Bai

dynastie Tang

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LettresMoyen ÂgeDynastie Tang (618-907), période de l'apogée culturelle et artistique de la Chine médiévale, contemporaine du haut Moyen Âge en Europe

Li Bai (701-762) est considéré comme l'un des plus grands poètes de la Chine impériale, surnommé le « Génie ivre » ou le « Poète immortel ». Il vécut sous la dynastie Tang, âge d'or de la poésie chinoise. Son œuvre, empreinte de taoïsme, célèbre la nature, l'amitié, le vin et la lune.

Questions fréquentes

Li Bai (701-762) est l'un des plus grands poètes de la Chine impériale, surnommé le « Poète immortel ». Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a vécu sous la dynastie Tang, âge d'or de la poésie chinoise, et que son œuvre, imprégnée de taoïsme, célèbre la nature, l'amitié, le vin et la lune. Sa renommée tient à la fois à la qualité de ses vers et à sa personnalité libre et excentrique, qui en a fait une figure mythique.

Citations célèbres

« Devant mon lit, un rayon de lune — je croyais voir du givre sur le sol. »
« Nous buvons ensemble, la montagne et moi, jusqu'à ce que la lune se couche entre nous deux. »

Faits marquants

  • Né en 701, probablement en Asie centrale (région de l'actuel Kazakhstan ou dans le Sichuan)
  • Vécut à la cour de l'empereur Xuanzong vers 742-744, avant d'en être écarté
  • Écrivit plus de 1 000 poèmes, dont beaucoup célèbrent la nature, la lune et le vin
  • Exilé après la rébellion d'An Lushan (755-763), il erra dans le sud de la Chine
  • Mort en 762, à Dangtu (province d'Anhui) ; la légende dit qu'il se noya en voulant saisir le reflet de la lune

Œuvres & réalisations

Jing ye si (Pensées d'une nuit silencieuse) (vers 726)

Poème de quatre vers parmi les plus mémorisés de toute la littérature chinoise, évoquant la nostalgie du pays natal au clair de lune. Sa simplicité apparente et sa profondeur émotionnelle en font un chef-d'œuvre intemporel.

Jiang jin jiu (Qu'on apporte du vin !) (vers 752)

Long poème lyrique célébrant le vin, l'amitié et le refus de la mélancolie face à la fuite du temps. Considéré comme l'un des sommets de la poésie de style ancien (gushi) de la période Tang.

Recueil des poèmes de Li Bai (Li Taibai ji) (762, édité par Li Yangbing)

Compilation de l'œuvre poétique de Li Bai réalisée par son cousin peu avant sa mort, rassemblant environ 1 000 poèmes. Ce recueil constitue la base de toutes les éditions ultérieures de son œuvre.

Bateau de nuit sur le fleuve Jing (Ye bo Niuhu) (vers 759)

Poème composé pendant les années difficiles qui suivirent son exil, témoignant de sa capacité à trouver la beauté et la sérénité au cœur du malheur personnel et des troubles de l'empire.

Les Difficultés de la route (Xing lu nan) (vers 744)

Suite de trois poèmes composés après son renvoi de la cour, exprimant à la fois la frustration face aux obstacles de la vie et une foi indestructible dans l'avenir. Ce cycle est emblématique de son génie à sublimer le vécu personnel.

Anecdotes

Li Bai était célèbre pour sa passion du vin. On raconte qu'il composait ses plus beaux poèmes dans un état d'ivresse, dictant ses vers à des serviteurs qui s'empressaient de les noter. L'empereur Xuanzong lui-même aurait admiré ce talent singulier et l'aurait convié à la cour pour animer les festivités impériales.

Vers 742, Li Bai fut invité à rejoindre la cour de Chang'an comme poète officiel. Mais son caractère indépendant et ses excès de vin déplurent rapidement aux courtisans. Après seulement deux ans, l'empereur le renvoya avec une généreuse récompense — une façon polie de se débarrasser de ce génie incontrôlable.

La légende la plus célèbre sur sa mort raconte qu'il serait mort en tentant d'embrasser le reflet de la lune dans un lac depuis sa barque, tombant à l'eau en état d'ivresse. Si cette histoire est probablement inventée, elle illustre parfaitement l'image du poète romantique et lunaire que la postérité a voulu retenir de lui.

Li Bai se considérait comme un adepte du taoïsme et pratiquait la recherche de l'immortalité. Il aurait passé plusieurs années à errer de montagne en montagne, cherchant des ermites taoïstes capables de lui enseigner les secrets de la longévité. Cette quête spirituelle nourrit profondément sa poésie, où la nature et le cosmos occupent une place centrale.

Durant la rébellion d'An Lushan (755-763), Li Bai rejoignit imprudemment la suite d'un prince en révolte contre l'empereur légitime. Arrêté et condamné à l'exil, il fut finalement gracié en chemin grâce à l'intervention d'un général admirateur. Cet épisode tragique, vécu dans sa vieillesse, assombrit les dernières années de sa vie.

Sources primaires

Jing ye si (Pensées d'une nuit silencieuse) (vers 726)
Devant mon lit, la clarté de la lune — on dirait du givre sur le sol. Je lève la tête, je contemple la lune brillante ; je baisse la tête, je pense à ma patrie.
Jiang jin jiu (Qu'on apporte du vin !) (vers 752)
Vois-tu comme les eaux du fleuve Jaune descendent du ciel, courant vers la mer sans jamais revenir ? Vois-tu comme dans les hautes salles les hommes pleurent leurs cheveux blancs, le matin noirs comme la soie, le soir comme la neige ?
Du Fu, poème adressé à Li Bai (Meng Li Bai) (vers 759)
Je rêve souvent de toi, mon ami — signe de la profondeur de mon affection. Tu vivais dans les forêts et les lacs, et pourtant tu hantais mes pensées.
Xin Tang shu (Nouvelle histoire des Tang), biographie de Li Bai (1060)
Li Bai, au caractère libre et dégagé de tout souci, aimait le vin et la composition poétique. Il parcourut les montagnes et les rivières de tout l'empire, et sa réputation dépassa les frontières de la Chine.

Lieux clés

Chang'an (Xi'an actuelle), capitale des Tang

Capitale impériale de l'empire Tang et l'une des plus grandes villes du monde à l'époque, Chang'an fut le centre de la vie culturelle et politique où Li Bai séjourna à la cour de l'empereur Xuanzong entre 742 et 744.

Mont Lu (Lushan), province du Jiangxi

Ce massif montagneux emblématique, célébré pour ses brumes et ses cascades, inspira l'un des poèmes les plus connus de Li Bai, 'La cascade du mont Lu', et illustre son amour profond pour les paysages grandioses.

Dangtu, province de l'Anhui

Lieu de la mort de Li Bai en 762, où il s'était réfugié chez son cousin Li Yangbing. C'est là que furent rassemblés et édités ses poèmes, et qu'il fut enterré au pied du mont Qingshan.

Fleuve Yangtsé (Yangtze)

Li Bai voyagea longuement le long du grand fleuve chinois et le célébra dans de nombreux poèmes. Les Gorges des Trois Gorges en particulier, avec leurs falaises vertigineuses, nourrirent son imaginaire poétique.

Suiye (actuel Tokmok, Kirghizistan)

Ville de garnison aux confins occidentaux de l'empire Tang, considérée comme le lieu de naissance probable de Li Bai, témoignant de la vaste étendue et de la diversité culturelle de l'empire à son apogée.

Voir aussi