Lil Hardin Armstrong(1898 — 1971)

Lil Armstrong

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueXXe siècleÂge d'or du jazz de La Nouvelle-Orléans et de Chicago dans l'Amérique des années 1920, en pleine ère de la prohibition et du « Jazz Age ».

Pianiste, compositrice et cheffe d'orchestre américaine, l'une des premières grandes figures féminines du jazz. Membre du Creole Jazz Band de King Oliver puis pilier des Hot Five et Hot Seven de Louis Armstrong, dont elle fut l'épouse.

Questions fréquentes

Lil Hardin Armstrong (1898-1971) était une pianiste, compositrice et cheffe d'orchestre afro-américaine, souvent réduite au rôle d'épouse de Louis Armstrong. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle fut bien plus qu'une accompagnatrice : c'est elle qui, en 1924, poussa Louis à quitter le King Oliver's Creole Jazz Band pour devenir soliste, allant jusqu'à lui dire qu'elle ne voulait pas être mariée à un « second trompettiste ». Elle organisa et composa pour les séances légendaires des Hot Five et Hot Seven (1925-1928), qui révolutionnèrent le jazz. Sans elle, la carrière solo de Louis Armstrong n'aurait peut-être jamais décollé.

Faits marquants

  • Née le 3 février 1898 à Memphis (Tennessee), morte le 27 août 1971 à Chicago.
  • Pianiste du Creole Jazz Band de King Oliver à Chicago au début des années 1920.
  • Membre fondatrice des Hot Five et Hot Seven de Louis Armstrong, qu'elle épouse en 1924.
  • Compositrice de standards comme « Struttin' with Some Barbecue » et « Bad Boy ».
  • Pionnière féminine du jazz : elle dirige ses propres orchestres dans les années 1930.

Œuvres & réalisations

Enregistrements des Hot Five et Hot Seven (1925-1928)

Pianiste, compositrice et organisatrice de ces séances mythiques qui révolutionnent le jazz et lancent Louis Armstrong comme soliste de génie.

Struttin' with Some Barbecue (1927)

L'une de ses compositions les plus célèbres, devenue un standard repris par d'innombrables musiciens de jazz.

Just for a Thrill (1936)

Chanson qu'elle compose et qui connaîtra un immense succès en 1959 grâce à la reprise de Ray Charles.

King Oliver's Creole Jazz Band (séances Gennett) (1923)

Elle tient le piano dans l'un des premiers grands orchestres de jazz à enregistrer, aux côtés de King Oliver et du jeune Louis Armstrong.

Bad Boy (années 1930)

Composition qui sera reprise bien plus tard par Ringo Starr, témoignant de la longévité de son écriture.

Satchmo and Me (1959)

Mémoires enregistrés où elle raconte ses débuts, sa rencontre avec Louis et le rôle qu'elle joua dans sa carrière, précieux témoignage de première main.

Anecdotes

Quand Louis Armstrong arrive à Chicago en 1922 pour jouer aux côtés de King Oliver, c'est Lil qui repère son génie et le pousse à ne plus rester dans l'ombre. Elle aurait déclaré qu'elle ne voulait pas être mariée à un « second trompettiste » : elle le convainc de quitter Oliver, l'aide à perdre du poids, à mieux s'habiller et à se mettre en avant. Sans elle, la carrière solo de Louis Armstrong n'aurait peut-être jamais décollé.

Adolescente puis jeune femme à Chicago, Lil gagne quelques dollars par semaine comme « démonstratrice de partitions » au magasin de musique Jones : elle joue au piano les chansons à la mode pour que les clients aient envie de les acheter. Excellente lectrice, elle déchiffre n'importe quel morceau à vue, ce qui lui ouvre les portes des orchestres de jazz de la ville.

Contrairement à beaucoup de musiciens de jazz de son temps, formés « à l'oreille », Lil avait étudié la musique à l'université Fisk et passé des diplômes dans des écoles de musique. Capable de lire et d'écrire la musique, elle composait, arrangeait et organisait les fameuses séances d'enregistrement des Hot Five et Hot Seven.

Le 27 août 1971, six semaines après la mort de Louis Armstrong, Lil participe à un concert télévisé donné en sa mémoire à Chicago. Alors qu'elle joue « St. Louis Blues » au piano, elle s'effondre sur scène et meurt sur le coup. Sa vie s'achève ainsi en pleine musique, dédiée à l'homme dont elle avait lancé la légende.

Sources primaires

Satchmo and Me — mémoires enregistrés de Lil Hardin Armstrong (Riverside Records) (1959)
Lil y raconte comment elle a poussé Louis à devenir un soliste de premier plan, expliquant qu'elle ne voulait pas être mariée à un « second trompettiste ».
Satchmo and Me — récit de sa première rencontre avec Louis (1959)
Elle se souvient qu'à son arrivée de La Nouvelle-Orléans, le jeune Louis ne l'avait pas impressionnée : empâté, mal habillé et avec une frange, il ne payait pas de mine avant qu'elle ne découvre son talent.
Étiquettes et catalogues des disques OKeh — Louis Armstrong and His Hot Five (1925-1928)
Les pochettes et crédits portent la mention « Lil Hardin Armstrong » au piano, et lui attribuent des compositions comme « Struttin' with Some Barbecue ».

Lieux clés

Memphis (Tennessee)

Ville de naissance de Lillian Hardin, dans le Sud des États-Unis, berceau de ses racines musicales.

Université Fisk, Nashville

Établissement où elle étudie la musique, acquérant une solide formation classique inhabituelle parmi les jazzmen.

Chicago (Illinois)

Cœur de sa carrière : elle y travaille comme démonstratrice de partitions, rejoint King Oliver, enregistre les Hot Five et y vivra le reste de sa vie.

New York

Dans les années 1930-1940, elle y dirige ses propres orchestres, anime des émissions de radio et poursuit sa carrière de cheffe d'orchestre.

Voir aussi