Louis Bachelier(1870 — 1946)

Louis Bachelier

France

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SciencesÉconomieMathématicien(ne)XXe siècleFrance de la Belle Époque et de l'entre-deux-guerres, essor des mathématiques des probabilités et des marchés financiers modernes

Louis Bachelier est un mathématicien français pionnier de la théorie moderne des probabilités appliquée à la finance. Sa thèse de 1900 sur la spéculation boursière introduit le mouvement brownien avant Einstein, fondant les mathématiques financières.

Questions fréquentes

Louis Bachelier est un mathématicien français né en 1870 au Havre, dont la thèse de 1900, Théorie de la spéculation, a posé les bases des mathématiques financières. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a modélisé les cours de la Bourse par un mouvement aléatoire, anticipant de cinq ans le mouvement brownien d'Einstein. Moins un simple exercice théorique qu'une véritable révolution, son travail a introduit l'idée que le hasard peut être mathématiquement décrit, même dans des domaines aussi imprévisibles que la finance. Pionnier méconnu de son vivant, il est aujourd'hui considéré comme le père de la finance moderne.

Faits marquants

  • Né le 11 mars 1870 au Havre, mort le 28 avril 1946 à Saint-Servan-sur-Mer
  • Soutient en 1900 sa thèse « Théorie de la spéculation » dirigée par Henri Poincaré
  • Modélise dès 1900 le mouvement brownien, cinq ans avant les travaux d'Einstein (1905)
  • Professeur dans les universités de Besançon, Dijon et Rennes
  • Ses travaux sont redécouverts dans les années 1950-1970 et inspirent le modèle de Black-Scholes (1973)

Œuvres & réalisations

Théorie de la spéculation (1900)

Thèse fondatrice des mathématiques financières : elle modélise les cours de Bourse par un mouvement aléatoire, anticipant le mouvement brownien.

Théorie mathématique du jeu (1901)

Étude prolongeant ses recherches sur le hasard et les probabilités appliquées aux situations de jeu.

Calcul des probabilités (1912)

Traité de référence qui systématise ses idées sur les processus aléatoires continus, en avance sur son temps.

Le Jeu, la Chance et le Hasard (1914)

Ouvrage de vulgarisation rendant accessibles au grand public les lois mathématiques du hasard.

Les Probabilités cinématiques et dynamiques (1913)

Article reliant le calcul des probabilités à l'étude du mouvement, esquissant la théorie des processus stochastiques.

Concept du mouvement brownien appliqué à la finance (1900)

Idée centrale de sa thèse, redécouverte dans les années 1950 et devenue la base du modèle moderne d'évaluation des options financières.

Anecdotes

En 1900, Louis Bachelier soutient à la Sorbonne une thèse intitulée « Théorie de la spéculation » : pour la première fois, un mathématicien utilise les probabilités pour décrire les variations des cours de la Bourse de Paris. Son directeur, le grand Henri Poincaré, est intrigué mais juge le sujet trop éloigné des mathématiques classiques.

Bachelier décrit le mouvement aléatoire des prix cinq ans avant qu'Albert Einstein ne publie sa célèbre étude sur le mouvement brownien des particules en 1905. Les deux hommes, sans se connaître, ont décrit la même mathématique du hasard, l'un pour la Bourse, l'autre pour les atomes.

Sa thèse n'obtient que la mention « honorable » et non « très honorable », ce qui complique sa carrière universitaire. Travailler sur l'argent et la spéculation était alors jugé peu noble pour un mathématicien.

Bachelier connut une carrière difficile, enchaînant des postes précaires à Besançon, Dijon et Rennes. En 1926, une erreur de relecture d'un de ses travaux par d'autres mathématiciens faillit lui coûter un poste à Dijon.

Ce n'est que dans les années 1950, longtemps après sa mort, que l'économiste américain Paul Samuelson redécouvre la thèse oubliée de Bachelier et la fait connaître au monde, faisant de lui le père reconnu des mathématiques financières.

Sources primaires

Théorie de la spéculation (thèse de doctorat) (1900)
L'espérance mathématique du spéculateur est nulle.
Théorie de la spéculation, Annales scientifiques de l'École normale supérieure (1900)
Les influences qui déterminent les mouvements de la Bourse sont innombrables, des événements passés, actuels ou même escomptables se reflétant sur son cours.
Calcul des probabilités (1912)
Le calcul des probabilités a pour objet la recherche de la mesure de la vraisemblance des événements.
Le Jeu, la Chance et le Hasard (1914)
Le hasard, mot qui semble exclure toute loi, est cependant gouverné par des lois précises que le calcul peut atteindre.

Lieux clés

Le Havre

Ville portuaire de Normandie où Louis Bachelier naît en 1870, dans une famille de commerçants en vins. Le négoce familial le familiarise tôt avec le monde des affaires.

Sorbonne, Paris

Université où Bachelier étudie puis soutient sa thèse en 1900 devant Henri Poincaré. Il y enseignera plus tard le calcul des probabilités.

Bourse de Paris (Palais Brongniart)

Place financière dont les fluctuations de cours inspirent toute l'œuvre de Bachelier. Il y observe la « spéculation » qu'il cherche à modéliser.

Université de Besançon

Établissement où Bachelier obtient enfin en 1927 un poste de professeur titulaire, après des années de postes précaires en province.

Saint-Servan-sur-Mer (Saint-Malo)

Localité bretonne du bord de mer où Louis Bachelier meurt en 1946, encore presque inconnu du grand public scientifique.

Voir aussi