
Louise Bourgeois
Louise Bourgeois
1911 — 2010
France, États-Unis
sculptrice franco-américaine
Émotions disponibles (6)
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Inspirée
Pensive
Surprise
Triste
Fière
Faits marquants
Œuvres & réalisations
Série de sculptures en bois verticales évoquant des silhouettes humaines solitaires, exposées dès 1949 au MoMA. Chaque figure représente une personne chère restée en France après son émigration.
Installation en latex, plâtre et os, représentant une scène de fantasme où les enfants dévorent le père tyrannique. Œuvre pivot dans sa carrière, alliant violence symbolique et psychanalyse.
Série de dessins et gravures représentant une femme dont la tête est remplacée par une maison. Icône féministe avant l'heure, elle illustre l'enfermement domestique imposé aux femmes.
Environnements clos en métal et verre renfermant objets personnels, sculptures et fragments de corps. Chaque 'cellule' explore une forme de douleur ou de souvenir encapsulé.
Araignée monumentale en bronze, acier et marbre, haute de 9,27 mètres. Créée pour la Tate Modern, elle rend hommage à la mère tisserande de l'artiste et est devenue l'une des sculptures les plus célèbres du XXe siècle.
Première grande araignée en bronze de la série, précédant 'Maman'. Elle condense la symbolique maternelle et l'ambivalence entre protection et menace qui traverse toute l'œuvre de Bourgeois.
Installation de trois tours en acier présentées à la Tate Modern, invitant le public à monter et à se croiser. Elle incarne le cycle perpétuel de création, destruction et reconstruction propre à la démarche de Bourgeois.
Anecdotes
Louise Bourgeois est née à Paris en 1911 dans une famille de restaurateurs de tapisseries. Sa mère, Joséphine, était tisserande et représentait pour Louise une figure de douceur et de résilience. Quand sa mère mourut alors que Louise avait 21 ans, ce deuil influença toute son œuvre future.
Son père, Louis Bourgeois, entretint une liaison de dix ans avec la gouvernante anglaise de la famille, Sadie Gordon Richmond, qui vivait sous le même toit. Louise vécut cette trahison comme une humiliation profonde : elle en fit le moteur secret de sculptures comme 'The Destruction of the Father' (1974), monument à la rage et à la vengeance symbolique.
Installée à New York après son mariage avec l'historien d'art Robert Goldwater en 1938, Louise Bourgeois resta longtemps ignorée du marché de l'art. Sa première grande rétrospective au MoMA ne survint qu'en 1982, alors qu'elle avait 71 ans. Elle devint ainsi l'une des artistes les plus célébrées du monde à un âge où beaucoup prennent leur retraite.
La sculpture 'Maman' (1999), araignée monumentale en bronze et acier de plus de neuf mètres de haut, fut créée pour l'inauguration de la Tate Modern de Londres. Pour Louise Bourgeois, l'araignée symbolisait sa mère : habile tisserande, protectrice, patiente et redoutable à la fois. Des exemplaires de 'Maman' sont aujourd'hui installés devant plusieurs grands musées du monde.
Louise Bourgeois tenait depuis les années 1950 des 'Sunday Sessions' dans son atelier new-yorkais : des réunions hebdomadaires où artistes, critiques et amis débattaient librement d'art et de psychanalyse. Elle suivit elle-même une psychanalyse pendant plus de vingt ans et considérait ses Journaux intimes comme une œuvre à part entière, publiés en 1994 sous le titre 'Destruction of the Father / Reconstruction of the Father'.
Sources primaires
Je suis seule, je suis toujours seule. Mon travail est là pour me protéger. Il représente la crainte que j'ai de perdre le contrôle.
Art is a guaranty of sanity. That is the most important thing I have said.
My work grows from the duel between the isolated individual and the shared awareness of the group.
La sculpture est un corps. Elle a un système nerveux, des humeurs, des sentiments. Elle peut avoir mauvaise mine. Elle change selon les jours.
The Cells represent different types of pain: the physical, the emotional and psychological, and the mental and intellectual. The fear of pain is the fear of vulnerability.
Lieux clés
Ville où grandit Louise Bourgeois, dans l'atelier familial de restauration de tapisseries. Ce cadre artisanal forgea son rapport au matériau et à la transmission.
Atelier et résidence de Louise Bourgeois pendant des décennies, lieu de ses légendaires 'Sunday Sessions' et de la création de la quasi-totalité de son œuvre américaine.
Lieu de sa rétrospective fondatrice en 1982, qui consacra internationalement son œuvre à 71 ans et changea le regard du monde de l'art sur cette artiste longtemps méconnue.
Musée inauguré en 2000 avec l'installation 'Maman' de Bourgeois dans la Turbine Hall. Cette araignée monumentale est devenue l'une des images iconiques de l'art contemporain.
Lieu de formation de Louise Bourgeois dans les années 1930, avant qu'elle n'étudie aussi avec Fernand Léger et Vassily Kandinsky à l'Académie de la Grande Chaumière.
Objets typiques
Symbole récurrent dans l'œuvre de Bourgeois, renvoyant à l'atelier de restauration de tapisseries de ses parents. L'aiguille et le fil représentent la réparation, la couture des blessures psychiques.
Matériau central de sa série 'Cells' : des cages métalliques renferment des objets personnels, des fragments de corps, des meubles. La cage évoque à la fois la prison et la protection.
Louise Bourgeois tenait des carnets depuis les années 1930. Ces écrits intimes, souvent illustrés, lui servaient à explorer ses émotions et alimentaient directement ses sculptures.
Matériaux privilégiés dans ses œuvres des années 1960-1970 pour leur texture organique, évoquant la peau, la chair et les viscères. 'The Destruction of the Father' en est l'exemple le plus marquant.
Utilisé pour ses sculptures les plus intimes représentant des mains, des visages ou des corps enlacés. Le marbre apporte une dimension classique et intemporelle à des thèmes profondément personnels.
Louise Bourgeois travaillait quotidiennement dans son atelier new-yorkais, vêtue d'un simple tablier, jusqu'à un âge avancé. La régularité du travail manuel était pour elle une thérapie et une discipline.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Louise Bourgeois se levait tôt et commençait sa journée par l'écriture dans ses carnets intimes. Elle notait ses rêves, ses anxiétés et ses idées de sculptures. Cette pratique quotidienne de l'écriture était pour elle aussi essentielle que le travail plastique.
Après-midi
Elle passait l'après-midi dans son atelier de Chelsea à modeler, souder ou assembler ses œuvres. Elle travaillait avec une grande exigence physique, manipulant elle-même latex, plâtre et métal, souvent assistée d'un petit nombre de techniciens de confiance.
Soir
Le dimanche soir, elle organisait ses célèbres 'Sunday Sessions', réunissant artistes et critiques autour de débats sur l'art et la psychanalyse. En semaine, les soirées étaient consacrées à la lecture — psychanalyse freudienne, poésie — et à la correspondance.
Alimentation
D'origine française, Louise Bourgeois attachait de l'importance à une table soignée. Elle appréciait la cuisine française et les repas partagés avec sa famille élargie. La convivialité du repas contrastait avec l'intensité solitaire de son travail en atelier.
VĂŞtements
Dans son atelier, elle portait systématiquement un tablier ou une blouse de travail sur des vêtements simples. En dehors, elle avait une élégance sobre, typique d'une bourgeoise parisienne transplantée à New York, sans ostentation.
Habitat
Elle vécut pendant des décennies dans un townhouse de Chelsea (New York), qui abritait à la fois sa résidence et son atelier. L'espace était encombré d'œuvres en cours, de matériaux, de livres et d'objets personnels — un environnement qui ressemblait lui-même à une de ses installations 'Cells'.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Maman de Louise Bourgeois - Bilbao
Den Haag - Gemeentemuseum (39820389591)
Museo Guggenheim -- 2021 -- Bilbao, Euskadi, España
Annual exhibition of contemporary American sculpture, paintings, watercolors, 1957
Annual exhibition of contemporary American sculpture, paintings, watercolors, drawings, 1956
A portion of the Lillie and Hugh Roy Cullen Sculpture Garden at one location of the Museum of Fine Arts, Houston, which showcases masterworks of 20th-and 21st-century sculpture by artists including LC
'Maman' Spider Sculpture, National Gallery of Canada, Sussex Dr, Ottawa (491814) (9447578845)
Louise Bourgeois, New York 1996

Open Letter to Roland Redmond
Louise Bourgeois's "Hebammen Buch,.."
Style visuel
Esthétique viscérale et psychologique, alternant formes organiques en latex et bronze monumental, dans une palette de rouilles, d'os et de chair pâle.
Prompt IA
Dark, visceral, and intimate visual atmosphere. Raw textures of latex, plaster, bronze, and marble. Organic shapes suggesting flesh, body parts, and viscera. Monumental steel structures contrasting with soft suspended fabric. Deep shadows with stark overhead lighting in a cluttered studio space. Earthy tones — rust, bone white, deep burgundy, charcoal — punctuated by pale flesh and oxidized bronze. Strong vertical forms beside rounded cell-like enclosures. Psychological tension between the monumental and the intimate. References to domestic objects rendered uncanny: oversized needles, spiral threads, cage-like architectures.
Ambiance sonore
Les sons de l'atelier — outils sur pierre, métal travaillé, métiers à tisser en fond — mêlés aux ambiances urbaines de New York des années 1950-2000.
Prompt IA
The rhythmic clacking of weaving looms in a Parisian tapestry workshop, the scrape of metal tools on stone and plaster, the dull thud of a mallet striking marble. Distant street sounds of mid-century New York filtering through studio windows: taxi horns, steam pipes hissing. The soft tearing of latex, the creak of steel armatures being shaped. Quiet footsteps on a concrete floor. Occasional murmur of voices from a Sunday gathering of artists debating in a cramped New York loft. The low hum of electric lights over a worktable covered in sketches and thread.
Source du portrait
Wikimedia Commons
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
The Destruction of the Father
1974
Femme Maison
1946-1947
I Do, I Undo, I Redo
2000




