Lucrèce
Lucrèce
93 av. J.-C. — 54 av. J.-C.
Rome antique
Lucrèce est un poète et philosophe latin épicurien du Ier siècle av. J.-C. Il est l'auteur du De rerum natura, vaste poème en six livres exposant la philosophie d'Épicure et l'atomisme de Démocrite. Son œuvre cherche à libérer les hommes de la crainte des dieux et de la mort.
Citations célèbres
« Nil posse creari de nihilo. (Rien ne peut être créé à partir de rien.) »
« Tantum religio potuit suadere malorum. (C'est à de tels crimes que la religion a pu pousser les hommes.) »
Faits marquants
- Né vers 98-93 av. J.-C., mort vers 55-54 av. J.-C.
- Rédige le De rerum natura, poème philosophique en six livres en vers latins
- Expose et vulgarise la philosophie d'Épicure et l'atomisme de Démocrite
- Son manuscrit est redécouvert au XVe siècle par Poggio Bracciolini, influençant la Renaissance
- Contemporain de Cicéron, qui mentionne son œuvre dans sa correspondance
Œuvres & réalisations
Poème philosophique en six livres et 7 400 vers hexamètres, c'est l'unique œuvre connue de Lucrèce. Il y expose l'atomisme d'Épicure et de Démocrite pour libérer l'homme de la crainte des dieux et de la mort, fondant une vision matérialiste et rationaliste du monde.
Anecdotes
Le De rerum natura de Lucrèce fut redécouvert en 1417 par l'humaniste Poggio Bracciolini dans un monastère allemand. Ce manuscrit perdu depuis des siècles allait bouleverser la pensée européenne et inspirer des philosophes comme Giordano Bruno et Spinoza. Sans cette découverte providentielle, l'œuvre entière aurait pu disparaître à jamais.
Lucrèce affirme dans son poème que l'âme est mortelle et composée d'atomes, exactement comme le corps. Cette idée scandaleuse pour les Romains de son époque signifiait qu'il n'existait ni paradis ni enfer : la mort n'est rien, car 'là où la mort est, je ne suis plus'. Cette formule, reprise d'Épicure, est encore citée aujourd'hui dans les débats philosophiques.
Saint Jérôme, au IVe siècle, rapporte que Lucrèce aurait été rendu fou par un philtre d'amour, écrit son poème dans des intervalles de lucidité, puis se serait suicidé à 43 ans. La plupart des historiens modernes considèrent cette anecdote comme apocryphe, inventée pour discréditer un auteur jugé trop dangereux pour la religion chrétienne.
Cicéron, contemporain de Lucrèce, mentionne dans une lettre à son frère Quintus avoir lu le De rerum natura et loue ses 'nombreux éclats de génie'. C'est l'un des rares témoignages contemporains sur Lucrèce, car le poète semble avoir vécu à l'écart de la vie publique romaine, loin des cercles politiques qui agitaient la République à l'époque de César.
Sources primaires
Humana ante oculos foede cum vita iaceret in terris oppressa gravi sub religione… Tantum religio potuit suadere malorum. (Quand la vie humaine gisait honteusement à terre, écrasée sous le poids d'une religion accablante… Tant la religion a pu pousser aux crimes.)
Nil igitur mors est ad nos neque pertinet hilum, quandoquidem natura animi mortalis habetur. (La mort n'est donc rien pour nous et ne nous concerne en rien, puisque la nature de l'âme est reconnue mortelle.)
Lucreti poemata, ut scribis, ita sunt : multis luminibus ingeni, multae tamen artis. (Les poèmes de Lucrèce, comme tu l'écris, sont ainsi : ils ont beaucoup d'éclats de génie, mais aussi beaucoup d'art.)
Suave, mari magno turbantibus aequora ventis, e terra magnum alterius spectare laborem… (Il est doux, quand les vents soulèvent les flots sur la vaste mer, d'observer depuis la terre les grandes peines d'autrui…)
Lieux clés
Ville natale présumée de Lucrèce, Rome en pleine crise républicaine offre un contexte de violence et d'instabilité qui nourrit la quête philosophique du poète pour la paix intérieure et l'absence de crainte.
Bien que Lucrèce n'y ait probablement pas séjourné, le jardin où Épicure enseigna au IVe siècle av. J.-C. est la source philosophique directe du De rerum natura. Lucrèce le célèbre comme un lieu de lumière de la raison.
Cette villa romaine enfouie sous les cendres du Vésuve en 79 ap. J.-C. a livré des centaines de rouleaux épicuriens, attestant la diffusion de la philosophie que Lucrèce défendait dans les cercles cultivés de son temps.
C'est dans ce monastère bénédictin que le manuscrit du De rerum natura survécut au Moyen Âge, avant d'être découvert en 1417 par Poggio Bracciolini, assurant la survie de l'œuvre de Lucrèce jusqu'à nos jours.
Galerie

Lucrèce Forbin de Solliès, dite "La Belle du Canet"
Wikimedia Commons, Public domain — Unidentified painter
(Venice) Lucrezia by Leandro Da Ponte - gallerie Accademia
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(Venice) Tarquinio e Lucrezia - Felice Ficherelli
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Traité de la peinture, et de la sculpture
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L'album autographique : peinture, sculpture, architecture : l'art à Paris en 1867
Wikimedia Commons, Public domain — Salon (Exhibition : Paris, France) (1867) Pothey, A. (Alexandre) Exposition universelle de 1867 à Paris
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans
Wikimedia Commons, Public domain — Société des artistes français. Salon Académie royale de peinture et de sculpture (France) Salon (Exhibition : Paris


