Retour à Magellan
A mesa quinhentista portugaise (du solar au convés)
À la Renaissance portugaise, le repas ne suit pas la séquence entrée-plat-dessert : les iguarias (mets) arrivent ensemble sur la table, le sucré et le salé voisinent dans le même service, et l'on pioche selon le rang. Deux mondes coexistent dans la vie de Magellan : la mesa du solar (la maison noble), riche en viandes épicées et en douceurs au sucre et aux amandes, et la spartiate ration du convés (le pont du navire), réduite au biscuit, au poisson salé et au vin. Les épices — surtout celles que l'on va chercher au bout du monde — signalent le prestige et parfument aussi bien la chair que la boisson.
Signature : Le clou de girofle des Moluques (cravo-da-índia)
C'est l'épice qui justifie tout le voyage : minuscule bouton séché valant son poids en argent, rapporté des îles Ternate et Tidore. Magellan meurt avant d'y parvenir, mais c'est ce parfum poivré et chaud qui guide ses voiles. On le retrouve piqué dans les viandes de fête comme infusé dans le vin épicé.

Magellan à table

1480 — 1521

5 recettes d’époque