Malwida von Meysenbug(1816 — 1903)

Malwida von Meysenbug

Allemagne, royaume de Prusse

6 min de lecture

LettresSociétéÉcrivain(e)XIXe siècleEurope du XIXe siècle, des révolutions de 1848 à la Belle Époque, entre exil politique et cercles intellectuels cosmopolites

Écrivaine et intellectuelle allemande, figure du féminisme et des idéaux démocratiques de 1848. Émigrée après l'échec de la révolution, elle tint un salon cosmopolite et fut une amie proche de Wagner, Nietzsche et Romain Rolland.

Questions fréquentes

Malwida von Meysenbug (1816-1903) est une écrivaine et intellectuelle allemande, figure du féminisme et des idéaux démocratiques du Printemps des peuples de 1848. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'est pas seulement une témoin, mais une actrice qui a tenu un salon cosmopolite à Rome où se croisaient Wagner, Nietzsche et Romain Rolland. Son autobiographie, Mémoires d'une idéaliste, est devenue un classique de l'émancipation féminine. Ce qui la distingue, c'est qu'elle a vécu entre exil politique et cercles intellectuels, faisant le lien entre les révolutions du XIXe siècle et la Belle Époque.

Faits marquants

  • Née en 1816 à Cassel dans une famille de la noblesse huguenote au service du landgrave de Hesse
  • Participe aux idéaux démocratiques de la révolution de 1848 puis s'exile, notamment à Londres et en Italie
  • Publie ses mémoires « Mémoires d'une idéaliste » (Memoiren einer Idealistin) en 1869-1876
  • Tient à Rome un salon où se rencontrent en 1882 Friedrich Nietzsche, Paul Rée et Lou Andreas-Salomé
  • Meurt en 1903 à Rome

Œuvres & réalisations

Mémoires d'une idéaliste (Memoiren einer Idealistin) (1869-1876)

Son œuvre majeure, autobiographie publiée d'abord anonymement, devenue un classique de la littérature d'émancipation féminine et démocratique.

Stimmungsbilder (Tableaux d'atmosphère / Impressions) (1879)

Recueil de récits et de réflexions où elle mêle souvenirs, paysages et méditations sur l'art et la vie intérieure.

Phädra (Phèdre) (1885)

Roman dans lequel elle revisite des thèmes psychologiques et moraux, illustrant son ambition littéraire au-delà de l'autobiographie.

Der Lebensabend einer Idealistin (Le Soir de la vie d'une idéaliste) (1898)

Suite tardive de ses mémoires, où elle revient sur ses amitiés avec Nietzsche, Wagner et Rolland et sur le bilan de ses idéaux.

Éducation des filles d'Alexander Herzen (années 1850)

Engagement concret comme éducatrice auprès de la famille du réfugié russe, mettant en pratique ses convictions sur l'instruction des femmes.

Salon intellectuel de Rome (1877-1903)

Lieu de rencontre entre générations d'artistes et de penseurs européens, où elle joua un rôle de passeuse entre l'âge des révolutions et la Belle Époque.

Anecdotes

Adolescente à Kassel, Malwida refusa la confirmation religieuse luthérienne parce qu'elle ne supportait pas l'idée que seuls les chrétiens pussent être sauvés. Ce geste de révolte précoce contre l'intolérance annonçait toute sa vie d'esprit libre.

Après l'échec de la révolution de 1848, elle dut s'exiler et trouva refuge à Londres, où elle côtoya les grands réfugiés politiques européens comme Alexander Herzen, le grand publiciste russe, dont elle éleva les filles.

Elle fut l'une des toutes premières étudiantes du Hochschule für das weibliche Geschlecht (l'École supérieure pour le sexe féminin) de Hambourg, un établissement pionnier qui voulait donner aux femmes une vraie formation intellectuelle.

Nietzsche la considérait comme une figure quasi maternelle : c'est en partie sur son invitation qu'il séjourna à Sorrente en 1876-1877, dans une 'colonie' d'amis où il commença à mûrir les idées de 'Humain, trop humain'.

Âgée et presque aveugle à la fin de sa vie à Rome, elle devint la confidente et la mentor du jeune Romain Rolland, qui voyait en elle un trait d'union vivant avec l'Europe de Wagner et de Mazzini.

Sources primaires

Mémoires d'une idéaliste (Memoiren einer Idealistin) (1869-1876)
Je veux raconter l'histoire d'une âme de femme qui, à travers bien des erreurs et des combats, est parvenue peu à peu à la clarté et à la liberté intérieure.
Lettre de Friedrich Nietzsche à Malwida von Meysenbug (1877)
Sorrente nous a fait du bien à tous ; je pense avec gratitude à ces journées passées sous votre protection.
Der Lebensabend einer Idealistin (Le Soir de la vie d'une idéaliste) (1898)
Plus je vieillis, plus je sens combien les idéaux de ma jeunesse, loin de s'éteindre, brillent d'une lumière plus pure.
Romain Rolland, Mémoires — souvenirs sur Malwida von Meysenbug (1903)
Elle était le lien vivant entre nous et tout un monde de héros et de penseurs disparus, Wagner, Mazzini, Herzen.

Lieux clés

Kassel (Hesse, Allemagne)

Ville natale de Malwida, où grandit dans un milieu noble et protestant et où s'éveilla sa conscience politique.

Hambourg

Où elle fréquenta le Hochschule für das weibliche Geschlecht, école pionnière de l'éducation des femmes, et rejoignit les milieux démocrates.

Londres

Terre d'exil après 1848, où elle vécut parmi les réfugiés politiques et éleva les filles d'Alexander Herzen.

Sorrente (Italie)

Où elle réunit en 1876-1877 une 'colonie' d'amis autour de Nietzsche, lieu d'intense réflexion philosophique.

Bayreuth

Centre du culte wagnérien, dont elle suivit la naissance du festival aux côtés de Richard Wagner.

Rome

Ville où elle s'établit à partir de 1877, tint un salon cosmopolite et mourut en 1903.

Voir aussi