Maria Bochkareva(1889 — 1920)
Maria Botchkareva
Empire russe
6 min de lecture
Maria Botchkareva est une militaire russe d'origine paysanne qui combattit pendant la Première Guerre mondiale. En 1917, elle fonda et commanda le premier « Bataillon de la mort » féminin de l'armée russe, unité destinée à galvaniser des troupes démoralisées par la révolution.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1889 dans une famille paysanne pauvre de l'Empire russe
- Engagée volontaire dans l'armée impériale en 1914, par autorisation personnelle du tsar Nicolas II, fait rare pour une femme
- Fonde en 1917 le premier « Bataillon de la mort » féminin, avec l'appui du gouvernement provisoire de Kerenski
- Son bataillon participe à l'offensive de l'été 1917 sur le front et défend le Palais d'Hiver en octobre 1917
- Exécutée par les bolcheviks à Krasnoïarsk en 1920 après son opposition au pouvoir soviétique
Œuvres & réalisations
Fait rarissime, elle sert comme combattante régulière dans une armée où le service était réservé aux hommes.
Première unité de combat exclusivement féminine de l'armée russe, conçue pour relever le moral des troupes en pleine débâcle révolutionnaire.
Son bataillon prend part aux combats de l'été 1917, exemple d'engagement féminin direct au front.
Reçue par le président Wilson et le roi George V, elle plaide la cause russe et devient une figure internationale.
Récit de vie dicté à un journaliste, devenu un témoignage majeur sur la guerre et les révolutions russes vues par une femme du peuple.
Anecdotes
Issue d'une famille de paysans pauvres de Sibérie, Maria Botchkareva ne savait presque pas lire ni écrire. Pour s'engager dans l'armée en 1914, alors que la loi l'interdisait aux femmes, elle envoya un télégramme directement au tsar Nicolas II pour lui demander l'autorisation — et l'obtint.
Dans les tranchées, ses camarades soldats la surnommèrent « Yashka ». Au début, beaucoup se moquaient d'elle, mais après plusieurs assauts où elle sauva des blessés sous le feu et combattit au corps à corps, elle gagna leur respect et fut décorée de la croix de Saint-Georges.
En 1917, avec l'accord du gouvernement provisoire de Kerenski, elle créa le premier « Bataillon de la mort » composé uniquement de femmes. Elle imposait une discipline de fer : les volontaires devaient se raser le crâne et obéir sans discuter, et elle renvoya des centaines de recrues qu'elle jugeait indisciplinées.
Pendant la Révolution d'Octobre 1917, des soldates de son bataillon faisaient partie des dernières troupes à défendre le Palais d'Hiver de Petrograd contre les bolcheviks.
Devenue célèbre, elle voyagea aux États-Unis et au Royaume-Uni en 1918, où elle fut reçue par le président Woodrow Wilson et par le roi George V. C'est à cette époque qu'elle dicta ses mémoires, car elle ne savait pas écrire elle-même.
Sources primaires
Je décidai d'offrir ma vie à mon pays et de servir, autant que mes forces me le permettraient, sur le champ de bataille.
Elle sollicita la permission impériale de rejoindre l'armée régulière comme simple soldat, faveur exceptionnelle qui lui fut accordée.
La « Jeanne d'Arc russe » fut reçue à la Maison-Blanche, où elle plaida la cause de la poursuite de la guerre contre l'Allemagne.
Lieux clés
Région du nord-ouest de la Russie où Maria Botchkareva naît dans une famille de paysans pauvres en 1889.
Ville sibérienne où sa famille émigre et où elle passe une partie de sa jeunesse ; point de départ de son engagement.
Capitale impériale où elle forme le Bataillon féminin de la mort en 1917 ; le Palais d'Hiver y est défendu lors de la Révolution d'Octobre.
Ligne de front où elle combat dès 1914, est blessée plusieurs fois et obtient ses décorations.
Ville sibérienne où elle est arrêtée par la Tcheka puis exécutée en 1920.






