Biographie

Reine consort de France de 1774 à 1792, épouse de Louis XVI. Symbole de l'Ancien Régime et de ses excès, elle devient impopulaire auprès du peuple français et incarne la frivolité de la cour de Versailles. Accusée de trahison pendant la Révolution française, elle est exécutée par la guillotine en 1793.

Marie-Antoinette(1755 — 1793)

Marie-Antoinette

France, Monarchie de Habsbourg

8 min de lecture

PolitiqueMonarqueTemps modernesXVIIIe siècle (Ancien Régime et Révolution française)

Questions fréquentes

Marie-Antoinette, née en 1755 à Vienne, devint reine de France en 1774 en épousant Louis XVI. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarnait la frivolité et les excès de la cour de Versailles, ce qui la rendit profondément impopulaire. Mariée à 14 ans pour sceller l'alliance franco-autrichienne, elle n'était pas préparée aux intrigues politiques. Sa réputation fut définitivement ruinée par l'affaire du Collier en 1785, où elle fut faussement accusée de complicité dans une escroquerie. Pour comprendre son rôle, il faut imaginer une reine qui, sans pouvoir politique réel, devint un bouc émissaire des frustrations du peuple face aux inégalités.

Faits marquants

  • 1755 : Naissance à Vienne, fille de Marie-Thérèse d'Autriche
  • 1770 : Mariage avec le futur Louis XVI, scellant l'alliance franco-autrichienne
  • 1774 : Devient reine de France et de Navarre à l'accession de Louis XVI
  • 1789 : Dépendant de Versailles et marche des femmes sur Versailles (5-6 octobre)
  • 1793 (16 octobre) : Exécution par la guillotine place de la Révolution à Paris

Œuvres & réalisations

Aménagement du Petit Trianon et création du Hameau de la Reine (1774-1783)

Marie-Antoinette transforma le Petit Trianon en un espace de liberté loin de l'étiquette versaillaise, et fit construire le Hameau, village champêtre artificiel. Ces réalisations, témoignages de son goût pour le style néo-classique et le retour à la nature, sont aujourd'hui classées patrimoine mondial de l'UNESCO.

Réforme du costume de cour : la robe en chemise (1783)

En posant pour le portrait de Vigée Le Brun en simple robe de mousseline blanche (la « robe en chemise »), Marie-Antoinette provoqua un scandale mais lança une révolution vestimentaire, abandonnant les lourds corsets et paniers pour des tenues plus légères qui influencèrent toute l'Europe.

Soutien à la cause américaine (1778-1783)

Marie-Antoinette, avec Louis XVI, soutint l'indépendance américaine en finançant l'aide militaire française aux insurgents. Cette décision, coûteuse financièrement, contribua à la crise budgétaire qui précipita la Révolution française.

Mécénat musical : soutien à Gluck et Salieri (1774-1789)

Passionnée de musique, la reine protégea le compositeur Christoph Willibald Gluck, son ancien professeur, et favorisa sa carrière parisienne. Elle joua également un rôle dans les querelles musicales opposant partisans de Gluck et de Piccinni.

Anecdotes

À son arrivée en France en 1770, la jeune Marie-Antoinette dut subir une cérémonie appelée la « remise » : à la frontière franco-autrichienne, elle fut littéralement déshabillée de tous ses vêtements autrichiens et rhabillée entièrement à la française, symbolisant son abandon de l'Autriche au profit de la France. Elle n'avait que 14 ans.

Marie-Antoinette fit construire le Hameau de la Reine dans les jardins de Versailles, un village rustique artificiel où elle aimait jouer à la bergère avec ses dames de compagnie. Ce caprice coûteux, inauguré en 1783, contribua à forger son image de reine déconnectée des réalités du peuple.

La reine était passionnée de mode et s'associa avec la modiste Rose Bertin, surnommée « ministre des modes ». Elle lançait des tendances extravagantes comme la « pouf », une coiffure monumentale pouvant dépasser un mètre de hauteur, ornée de plumes, de fleurs et parfois de miniatures représentant des événements d'actualité.

Lors de la fuite à Varennes en juin 1791, la famille royale se déguisa en roturiers pour tenter de quitter la France. Marie-Antoinette, mal déguisée en gouvernante, fut reconnue notamment à cause de son portrait figurant sur les assignats, les billets de banque révolutionnaires. La famille fut arrêtée et ramenée à Paris sous les huées.

Au procès révolutionnaire d'octobre 1793, l'accusateur public Fouquier-Tinville osa l'accuser d'inceste avec son propre fils. Devant cette infamie, Marie-Antoinette répondit avec dignité : « La nature elle-même se refuse à répondre à une telle accusation faite à une mère. » Cette réplique bouleversa une partie du public présent.

Sources primaires

Correspondance de Marie-Antoinette avec sa mère Marie-Thérèse d'Autriche (1770-1780)
Je lis toutes les lettres de ma chère maman avec la plus grande attention ; je tâche de profiter de ses sages conseils et de mériter son approbation.
Dernière lettre de Marie-Antoinette à Madame Élisabeth (sa belle-sœur) (16 octobre 1793)
Je viens, mon frère, vous demander pardon de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer... Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée.
Acte d'accusation du Tribunal révolutionnaire contre Marie-Antoinette (12 octobre 1793)
Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été depuis son séjour en France le fléau et la sangsue des Français. Dès avant la Révolution, elle avait des intelligences avec le roi de Bohême et de Hongrie.
Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de la reine (1823 (rédigé après 1793))
La Reine aimait avec passion tout ce qui était beau ; elle réunissait dans sa chambre les productions les plus brillantes des arts. Elle avait le goût le plus sûr et le plus fin pour la musique, la peinture et la poésie.
Journal du marquis de Bombelles, diplomate français (1789)
La Reine a reçu les plaintes du peuple avec une bonté qui a touché tous les cœurs ; elle a dit que la misère du peuple lui faisait verser des larmes et qu'elle ferait tout ce qui dépendrait d'elle pour la soulager.

Lieux clés

Château de Versailles

Résidence principale de la cour royale, où Marie-Antoinette vécut de 1770 à 1789. Elle y fit aménager ses appartements privés et fit construire le Hameau de la Reine dans le Petit Trianon.

Palais des Tuileries, Paris

Résidence parisienne où la famille royale fut contrainte de s'installer après octobre 1789. Louis XVI et Marie-Antoinette y vécurent sous surveillance jusqu'à la prise du palais le 10 août 1792.

La Conciergerie, Paris

Ancienne prison royale sur l'île de la Cité où Marie-Antoinette fut incarcérée du 2 août au 16 octobre 1793, dans des conditions très austères, avant d'être jugée et condamnée à mort.

Place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Paris

Lieu d'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793. La guillotine y avait été installée, et Louis XVI y avait lui-même été décapité neuf mois plus tôt.

Hofburg, Vienne (Autriche)

Palais impérial de Vienne où Marie-Antoinette naquit et passa son enfance auprès de sa mère l'impératrice Marie-Thérèse. Elle quitta l'Autriche en 1770 pour ne jamais y retourner.

Liens externes & ressources

Œuvres

Aménagement du Petit Trianon et création du Hameau de la Reine

1774-1783

Réforme du costume de cour : la robe en chemise

1783

Soutien à la cause américaine

1778-1783

Mécénat musical : soutien à Gluck et Salieri

1774-1789

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