Reine consort de France de 1774 à 1792, épouse de Louis XVI. Symbole de l'Ancien Régime et de ses excès, elle devient impopulaire auprès du peuple français et incarne la frivolité de la cour de Versailles. Accusée de trahison pendant la Révolution française, elle est exécutée par la guillotine en 1793.
Marie-Antoinette(1755 — 1793)
Marie-Antoinette
France, Monarchie de Habsbourg
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1755 : Naissance à Vienne, fille de Marie-Thérèse d'Autriche
- 1770 : Mariage avec le futur Louis XVI, scellant l'alliance franco-autrichienne
- 1774 : Devient reine de France et de Navarre à l'accession de Louis XVI
- 1789 : Dépendant de Versailles et marche des femmes sur Versailles (5-6 octobre)
- 1793 (16 octobre) : Exécution par la guillotine place de la Révolution à Paris
Œuvres & réalisations
Marie-Antoinette transforma le Petit Trianon en un espace de liberté loin de l'étiquette versaillaise, et fit construire le Hameau, village champêtre artificiel. Ces réalisations, témoignages de son goût pour le style néo-classique et le retour à la nature, sont aujourd'hui classées patrimoine mondial de l'UNESCO.
En posant pour le portrait de Vigée Le Brun en simple robe de mousseline blanche (la « robe en chemise »), Marie-Antoinette provoqua un scandale mais lança une révolution vestimentaire, abandonnant les lourds corsets et paniers pour des tenues plus légères qui influencèrent toute l'Europe.
Marie-Antoinette, avec Louis XVI, soutint l'indépendance américaine en finançant l'aide militaire française aux insurgents. Cette décision, coûteuse financièrement, contribua à la crise budgétaire qui précipita la Révolution française.
Passionnée de musique, la reine protégea le compositeur Christoph Willibald Gluck, son ancien professeur, et favorisa sa carrière parisienne. Elle joua également un rôle dans les querelles musicales opposant partisans de Gluck et de Piccinni.
Anecdotes
À son arrivée en France en 1770, la jeune Marie-Antoinette dut subir une cérémonie appelée la « remise » : à la frontière franco-autrichienne, elle fut littéralement déshabillée de tous ses vêtements autrichiens et rhabillée entièrement à la française, symbolisant son abandon de l'Autriche au profit de la France. Elle n'avait que 14 ans.
Marie-Antoinette fit construire le Hameau de la Reine dans les jardins de Versailles, un village rustique artificiel où elle aimait jouer à la bergère avec ses dames de compagnie. Ce caprice coûteux, inauguré en 1783, contribua à forger son image de reine déconnectée des réalités du peuple.
La reine était passionnée de mode et s'associa avec la modiste Rose Bertin, surnommée « ministre des modes ». Elle lançait des tendances extravagantes comme la « pouf », une coiffure monumentale pouvant dépasser un mètre de hauteur, ornée de plumes, de fleurs et parfois de miniatures représentant des événements d'actualité.
Lors de la fuite à Varennes en juin 1791, la famille royale se déguisa en roturiers pour tenter de quitter la France. Marie-Antoinette, mal déguisée en gouvernante, fut reconnue notamment à cause de son portrait figurant sur les assignats, les billets de banque révolutionnaires. La famille fut arrêtée et ramenée à Paris sous les huées.
Au procès révolutionnaire d'octobre 1793, l'accusateur public Fouquier-Tinville osa l'accuser d'inceste avec son propre fils. Devant cette infamie, Marie-Antoinette répondit avec dignité : « La nature elle-même se refuse à répondre à une telle accusation faite à une mère. » Cette réplique bouleversa une partie du public présent.
Sources primaires
Je lis toutes les lettres de ma chère maman avec la plus grande attention ; je tâche de profiter de ses sages conseils et de mériter son approbation.
Je viens, mon frère, vous demander pardon de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer... Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée.
Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été depuis son séjour en France le fléau et la sangsue des Français. Dès avant la Révolution, elle avait des intelligences avec le roi de Bohême et de Hongrie.
La Reine aimait avec passion tout ce qui était beau ; elle réunissait dans sa chambre les productions les plus brillantes des arts. Elle avait le goût le plus sûr et le plus fin pour la musique, la peinture et la poésie.
La Reine a reçu les plaintes du peuple avec une bonté qui a touché tous les cœurs ; elle a dit que la misère du peuple lui faisait verser des larmes et qu'elle ferait tout ce qui dépendrait d'elle pour la soulager.
Lieux clés
Résidence principale de la cour royale, où Marie-Antoinette vécut de 1770 à 1789. Elle y fit aménager ses appartements privés et fit construire le Hameau de la Reine dans le Petit Trianon.
Résidence parisienne où la famille royale fut contrainte de s'installer après octobre 1789. Louis XVI et Marie-Antoinette y vécurent sous surveillance jusqu'à la prise du palais le 10 août 1792.
Ancienne prison royale sur l'île de la Cité où Marie-Antoinette fut incarcérée du 2 août au 16 octobre 1793, dans des conditions très austères, avant d'être jugée et condamnée à mort.
Lieu d'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793. La guillotine y avait été installée, et Louis XVI y avait lui-même été décapité neuf mois plus tôt.
Palais impérial de Vienne où Marie-Antoinette naquit et passa son enfance auprès de sa mère l'impératrice Marie-Thérèse. Elle quitta l'Autriche en 1770 pour ne jamais y retourner.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Aménagement du Petit Trianon et création du Hameau de la Reine
1774-1783
Réforme du costume de cour : la robe en chemise
1783
Soutien à la cause américaine
1778-1783
Mécénat musical : soutien à Gluck et Salieri
1774-1789






