Marie d'Oignies(1177 — 1213)
Marie d'Oignies
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Mystique chrétienne et laïque pieuse du diocèse de Liège, Marie d'Oignies (vers 1177-1213) fut une figure fondatrice du mouvement béguinal en région mosane. Sa vie, écrite par Jacques de Vitry, en fit un modèle de sainteté féminine fondée sur la pénitence, la pauvreté volontaire et la dévotion eucharistique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1177 à Nivelles, dans le duché de Brabant
- Renonce à la vie conjugale avec son époux pour embrasser la pauvreté et le soin des lépreux à Willambroux
- S'installe vers 1207 au prieuré d'Oignies-sur-Sambre où elle mène une vie de réclusion et de prière
- Inspire le prédicateur Jacques de Vitry, qui rédige sa biographie (Vita Mariae Oigniacensis) vers 1215 après sa mort
- Meurt en 1213 ; elle est considérée comme une pionnière du mouvement des béguines
Œuvres & réalisations
Marie devint le modèle vivant des béguines, femmes laïques vivant en communauté dans la chasteté, la pauvreté et le travail, sans entrer dans un ordre monastique.
Avec son mari, elle consacra des années à servir les malades rejetés de la société, incarnant la charité évangélique.
Elle guida ce prédicateur influent, qui fit ensuite connaître les saintes femmes de Liège dans toute la chrétienté.
Sa dévotion intense au sacrement contribua à l'essor de la piété eucharistique qui aboutira à la Fête-Dieu, instaurée à Liège en 1246.
Sa vie rédigée par Jacques de Vitry devint un texte de référence pour défendre et légitimer la sainteté féminine laïque.
Anecdotes
Marie d'Oignies, issue d'une famille aisée de Nivelles, persuada son époux de renoncer à la vie conjugale pour mener avec lui une existence de chasteté et de service auprès des lépreux à Willambroux. Ce choix radical, fait du vivant de son mari, scandalisa une partie de son entourage.
On raconte qu'elle pleurait si abondamment pendant la messe et la méditation de la Passion du Christ que son visage en était constamment mouillé. Ses larmes de dévotion devinrent un trait célèbre de sa réputation de sainteté.
Pour mortifier son corps, elle se retira finalement dans une cellule près du prieuré d'Oignies, sur les bords de la Sambre, où elle vivait dans une extrême pauvreté et un jeûne rigoureux. Sa réputation attira de nombreux visiteurs en quête de conseils spirituels.
Le prédicateur Jacques de Vitry fut tellement marqué par Marie qu'il la prit pour guide spirituelle et rédigea sa biographie peu après sa mort. Cette Vita devint un manifeste défendant le mouvement des femmes pieuses face aux soupçons d'hérésie.
Selon la tradition, Marie aurait reçu le don de prophétie et aurait pressenti certains événements, comme la croisade contre les Albigeois. Ces récits visaient à montrer que la sainteté féminine laïque était authentiquement inspirée par Dieu.
Sources primaires
Elle versait des larmes si abondantes que le sol de l'église en était mouillé, et nul ne pouvait l'en empêcher tant son cœur était embrasé par l'amour du Christ.
Beaucoup venaient à elle comme à une source de sagesse, car l'Esprit parlait par sa bouche et ses conseils ramenaient les pécheurs à la pénitence.
Dans le diocèse de Liège vivaient de saintes femmes qui, méprisant les richesses du monde, choisissaient la pauvreté volontaire et servaient Dieu dans la chasteté.
Lieux clés
Ville du Brabant où Marie naquit vers 1177 dans une famille bourgeoise aisée.
Près de Nivelles, lieu où Marie et son époux se consacrèrent au soin des lépreux dans le dénuement.
Sur les bords de la Sambre, monastère de chanoines près duquel Marie se retira en recluse et où elle mourut en 1213.
Siège du diocèse dont dépendait Marie ; foyer majeur du mouvement béguinal et de la dévotion eucharistique au XIIIe siècle.
