Marie-Marguerite Deshayes

Marie-Marguerite Deshayes

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SociétéTemps modernesRègne de Louis XIV, France du Grand Siècle (fin du XVIIe siècle), au moment de l'affaire des Poisons (1679-1682).

Fille de Catherine Deshayes dite « La Voisin », empoisonneuse et devineresse au cœur de l'affaire des Poisons sous Louis XIV. Arrêtée après l'exécution de sa mère, elle poursuit les révélations devant la chambre ardente, mettant en cause des personnalités de la cour.

Questions fréquentes

Marie-Marguerite Deshayes, dite Monvoisin, était la fille de la célèbre empoisonneuse La Voisin. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'après l'exécution de sa mère en 1680, elle devient la principale source d'information de la Chambre ardente. Ses dépositions détaillent le réseau de poisons, les messes noires de l'abbé Guibourg et impliquent des personnalités de la cour, dont Madame de Montespan, favorite de Louis XIV.

Faits marquants

  • Fille de Catherine Monvoisin (« La Voisin »), figure centrale de l'affaire des Poisons
  • Sa mère est brûlée vive en place de Grève le 22 février 1680
  • Arrêtée après l'exécution de sa mère, elle livre de nouvelles révélations à la chambre ardente
  • Ses dépositions alimentent les soupçons visant des proches du roi, dont Mme de Montespan
  • Affaire instruite par la chambre ardente créée en 1679 et dissoute en 1682

Œuvres & réalisations

Dépositions devant la Chambre ardente (1680-1681)

Témoignages détaillés livrés après l'exécution de sa mère, qui constituent une source majeure pour comprendre le réseau des poisons.

Mise en cause de Madame de Montespan (1680)

Accusations visant la favorite du roi (messes noires, tentatives d'empoisonnement), qui poussèrent Louis XIV à suspendre le tribunal.

Révélations sur l'abbé Guibourg et les messes noires (1680)

Récits des rituels sacrilèges qui alimentèrent l'instruction et l'arrestation de plusieurs prêtres et complices.

Description du commerce des poudres et philtres (1680-1681)

Explications sur la fabrication et la vente des poisons et breuvages, dévoilant les pratiques de la maison familiale.

Témoignage sur la clientèle de cour (1681)

Identification des grandes dames et personnages venus consulter La Voisin, qui élargit l'enquête aux milieux aristocratiques.

Anecdotes

Le 22 février 1680, sa mère La Voisin est brûlée vive en place de Grève. La marquise de Sévigné raconte dans une lettre qu'elle jura, repoussa la paille du bûcher et mourut « avec impiété ». Marguerite, déjà emprisonnée, devient alors la principale héritière des secrets de sa mère.

Devant la Chambre ardente, Marguerite raconte que des messes noires auraient été célébrées par l'abbé Guibourg sur le ventre nu d'une grande dame pour gagner les faveurs du roi. Ses dépositions mettent directement en cause Madame de Montespan, favorite de Louis XIV, ce qui terrifie la cour.

Marguerite décrit le commerce des « poudres de succession » que vendait sa mère : des poisons déguisés en remèdes ou en philtres d'amour, achetés par des dames pressées d'hériter ou de se débarrasser d'un mari. Ces révélations dévoilent tout un réseau parisien de devineresses et d'empoisonneuses.

À cause de ses accusations contre la favorite royale, Louis XIV suspend lui-même les audiences de la Chambre ardente à l'automne 1680. Le roi préfère étouffer le scandale plutôt que de laisser juger publiquement des proches du trône.

Beaucoup d'accusés de l'affaire, dont les détenteurs des secrets les plus dangereux, ne furent jamais jugés : on les enferma à vie dans des forteresses par lettres de cachet, parfois enchaînés, pour qu'ils ne puissent plus parler. En 1709, le vieux Louis XIV fit brûler les liasses du dossier pour effacer les noms compromis.

Sources primaires

Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan (23 février 1680)
Voilà la mort de la Voisin, célèbre par ses crimes et par son impiété. […] elle jura beaucoup et repoussa cinq ou six fois la paille, et enfin le feu la prit.
Archives de la Bastille (procès-verbaux de la Chambre ardente), éd. François Ravaisson (1680-1681)
Interrogatoires et dépositions de la fille Monvoisin, où elle rapporte les noms des personnes qui venaient acheter des poudres et requérir des conjurations chez sa mère.
Mémoires et notes de Nicolas de La Reynie, lieutenant général de police (1679-1682)
Recueil des pièces de l'affaire des Poisons où le magistrat consigne les aveux touchant les sacrifices, les messes et les poisons préparés dans la maison de la rue Beauregard.
Édit royal sur les poisons et les devins (juillet 1682)
Ordonnance de Louis XIV réglementant la vente des substances vénéneuses chez les apothicaires et interdisant aux devins et magiciens d'exercer leur fausse science.

Lieux clés

Maison de la rue Beauregard, Paris

Demeure de La Voisin dans le faubourg parisien, où se tenaient consultations de divination, ventes de poudres et rituels. Marguerite y a grandi au cœur du réseau d'empoisonneuses.

Place de Grève, Paris

Place des exécutions publiques devant l'Hôtel de Ville, où La Voisin fut brûlée vive le 22 février 1680. Le supplice marque le tournant de l'affaire pour Marguerite.

Arsenal de Paris (Chambre ardente)

Siège du tribunal d'exception créé par Louis XIV pour juger l'affaire des Poisons. Marguerite y fut interrogée et y livra ses dépositions devant La Reynie.

Donjon de Vincennes

Forteresse royale servant de prison aux accusés de l'affaire des Poisons. Beaucoup de détenteurs de secrets y furent enfermés sans procès par lettre de cachet.

Château de Versailles

Résidence de la cour de Louis XIV et de la favorite Madame de Montespan, dont le nom fut prononcé dans les dépositions de Marguerite. Le scandale menaçait le cœur même du pouvoir.

Voir aussi