Fille de Catherine Deshayes dite « La Voisin », empoisonneuse et devineresse au cœur de l'affaire des Poisons sous Louis XIV. Arrêtée après l'exécution de sa mère, elle poursuit les révélations devant la chambre ardente, mettant en cause des personnalités de la cour.
Marie-Marguerite Deshayes
Marie-Marguerite Deshayes
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Fille de Catherine Monvoisin (« La Voisin »), figure centrale de l'affaire des Poisons
- Sa mère est brûlée vive en place de Grève le 22 février 1680
- Arrêtée après l'exécution de sa mère, elle livre de nouvelles révélations à la chambre ardente
- Ses dépositions alimentent les soupçons visant des proches du roi, dont Mme de Montespan
- Affaire instruite par la chambre ardente créée en 1679 et dissoute en 1682
Œuvres & réalisations
Témoignages détaillés livrés après l'exécution de sa mère, qui constituent une source majeure pour comprendre le réseau des poisons.
Accusations visant la favorite du roi (messes noires, tentatives d'empoisonnement), qui poussèrent Louis XIV à suspendre le tribunal.
Récits des rituels sacrilèges qui alimentèrent l'instruction et l'arrestation de plusieurs prêtres et complices.
Explications sur la fabrication et la vente des poisons et breuvages, dévoilant les pratiques de la maison familiale.
Identification des grandes dames et personnages venus consulter La Voisin, qui élargit l'enquête aux milieux aristocratiques.
Anecdotes
Le 22 février 1680, sa mère La Voisin est brûlée vive en place de Grève. La marquise de Sévigné raconte dans une lettre qu'elle jura, repoussa la paille du bûcher et mourut « avec impiété ». Marguerite, déjà emprisonnée, devient alors la principale héritière des secrets de sa mère.
Devant la Chambre ardente, Marguerite raconte que des messes noires auraient été célébrées par l'abbé Guibourg sur le ventre nu d'une grande dame pour gagner les faveurs du roi. Ses dépositions mettent directement en cause Madame de Montespan, favorite de Louis XIV, ce qui terrifie la cour.
Marguerite décrit le commerce des « poudres de succession » que vendait sa mère : des poisons déguisés en remèdes ou en philtres d'amour, achetés par des dames pressées d'hériter ou de se débarrasser d'un mari. Ces révélations dévoilent tout un réseau parisien de devineresses et d'empoisonneuses.
À cause de ses accusations contre la favorite royale, Louis XIV suspend lui-même les audiences de la Chambre ardente à l'automne 1680. Le roi préfère étouffer le scandale plutôt que de laisser juger publiquement des proches du trône.
Beaucoup d'accusés de l'affaire, dont les détenteurs des secrets les plus dangereux, ne furent jamais jugés : on les enferma à vie dans des forteresses par lettres de cachet, parfois enchaînés, pour qu'ils ne puissent plus parler. En 1709, le vieux Louis XIV fit brûler les liasses du dossier pour effacer les noms compromis.
Sources primaires
Voilà la mort de la Voisin, célèbre par ses crimes et par son impiété. […] elle jura beaucoup et repoussa cinq ou six fois la paille, et enfin le feu la prit.
Interrogatoires et dépositions de la fille Monvoisin, où elle rapporte les noms des personnes qui venaient acheter des poudres et requérir des conjurations chez sa mère.
Recueil des pièces de l'affaire des Poisons où le magistrat consigne les aveux touchant les sacrifices, les messes et les poisons préparés dans la maison de la rue Beauregard.
Ordonnance de Louis XIV réglementant la vente des substances vénéneuses chez les apothicaires et interdisant aux devins et magiciens d'exercer leur fausse science.
Lieux clés
Demeure de La Voisin dans le faubourg parisien, où se tenaient consultations de divination, ventes de poudres et rituels. Marguerite y a grandi au cœur du réseau d'empoisonneuses.
Place des exécutions publiques devant l'Hôtel de Ville, où La Voisin fut brûlée vive le 22 février 1680. Le supplice marque le tournant de l'affaire pour Marguerite.
Siège du tribunal d'exception créé par Louis XIV pour juger l'affaire des Poisons. Marguerite y fut interrogée et y livra ses dépositions devant La Reynie.
Forteresse royale servant de prison aux accusés de l'affaire des Poisons. Beaucoup de détenteurs de secrets y furent enfermés sans procès par lettre de cachet.
Résidence de la cour de Louis XIV et de la favorite Madame de Montespan, dont le nom fut prononcé dans les dépositions de Marguerite. Le scandale menaçait le cœur même du pouvoir.
Objets typiques

Poison à base d'arsenic vendu sous couvert de remède ou de potion, employé pour hâter un héritage ou supprimer un proche. Sa préparation discrète faisait la fortune des devineresses parisiennes.

Petit flacon contenant un breuvage censé inspirer l'amour ou la faveur, parfois mêlé de substances dangereuses. Les clientes de La Voisin en achetaient pour séduire ou retenir un protecteur.

Recueil manuscrit de formules, prières détournées et recettes magiques utilisé pour les sortilèges. Il servait de répertoire aux devineresses qui promettaient de lire l'avenir ou de jeter des sorts.

Objets liturgiques détournés (cierges noirs, calice, nappe) servant aux sacrilèges décrits dans les dépositions. Ils symbolisent le mélange de superstition, de crime et de profanation religieuse de l'affaire.

Feuille de pétition adressée au souverain, qu'on aurait, selon les aveux, tenté d'empoisonner pour atteindre le roi par contact. Le placet est un objet ordinaire de la vie de cour détourné en arme.

Instruments de la cartomancie et de la voyance par lesquels les devineresses prétendaient lire l'avenir de leurs clients. Ils attiraient dames de cour et bourgeoises dans l'atelier de La Voisin.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Avant les arrestations, la matinée dans la maison de la rue Beauregard se passe à préparer l'atelier de sa mère : ranger fioles, poudres et cartes, et accueillir les premières clientes venues se faire prédire l'avenir. Après son emprisonnement, ses journées commencent dans une cellule, au rythme des appels du geôlier.
Après-midi
L'après-midi, du temps des affaires, on reçoit dames de cour et bourgeoises pour des consultations de divination ou la vente discrète de remèdes. Une fois détenue, Marguerite est conduite devant les juges de la Chambre ardente pour de longs interrogatoires consignés par écrit.
Soir
Le soir, la maison familiale s'anime parfois de visiteurs venus pour des affaires plus secrètes, à l'abri des regards. En prison, la soirée est faite d'attente, de prière et d'angoisse devant le sort réservé aux accusés de l'affaire.
Alimentation
Dans le Paris populaire du Grand Siècle, l'ordinaire repose sur le pain, la soupe, les légumes et un peu de viande les bons jours, arrosés de vin coupé d'eau. En prison, la nourriture est plus maigre et dépend du bon vouloir et des moyens du détenu.
Vêtements
Elle porte la tenue des femmes du peuple parisien : jupes longues, corps lacé, tablier et coiffe de toile. La famille, enrichie par son commerce louche, pouvait s'offrir des étoffes de meilleure qualité que les voisins.
Habitat
La maison de la rue Beauregard est une demeure de faubourg avec atelier, cabinet de consultation et, selon les aveux, un cabinet dérobé pour les pratiques secrètes. La prison du donjon de Vincennes ou de la Bastille offre au contraire des murs épais, l'humidité et l'isolement.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Dépositions devant la Chambre ardente
1680-1681
Mise en cause de Madame de Montespan
1680
Révélations sur l'abbé Guibourg et les messes noires
1680
Description du commerce des poudres et philtres
1680-1681
Témoignage sur la clientèle de cour
1681






