Barbe Noire(1680 — 1718)

Edward Teach

royaume de Grande-Bretagne

7 min de lecture

MilitaireExplorationSociétéTemps modernesDébut du XVIIIe siècle, durant l'« âge d'or de la piraterie » dans les Caraïbes et l'Atlantique, à l'époque des grandes puissances coloniales européennes et du commerce maritime transatlantique.

Edward Teach, dit Barbe Noire, est l'un des pirates les plus célèbres du début du XVIIIe siècle. Il écuma les Caraïbes et la côte atlantique de l'Amérique du Nord à bord du Queen Anne's Revenge, semant la terreur par sa réputation soigneusement entretenue, avant d'être tué au combat en 1718.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Barbe Noire – de son vrai nom probablement Edward Teach – n'était pas un simple bandit des mers, mais un stratège de la terreur. Né vers 1680 à Bristol (Angleterre), il a profité du chaos de l'après-guerre de Succession d'Espagne pour bâtir une carrière de pirate fulgurante entre 1716 et 1718. Ce qui le distingue des autres forbans, c'est qu'il a fait de sa propre image une arme : barbe enfumée, mèches allumées sous le chapeau, pavillon noir. Moins un combattant qu'un metteur en scène, il a poussé nombre de ses proies à se rendre sans combat.

Faits marquants

  • Né vraisemblablement vers 1680 à Bristol (Angleterre), origines mal documentées
  • S'empare en 1717 d'un navire négrier français qu'il rebaptise Queen Anne's Revenge, son vaisseau amiral
  • Bloque le port de Charleston (Caroline du Sud) en 1718 pour rançonner la ville
  • Tué le 22 novembre 1718 lors d'un combat contre l'expédition du lieutenant Robert Maynard de la Royal Navy

Œuvres & réalisations

Capture et armement du Queen Anne's Revenge (1717)

En transformant un navire négrier français en vaisseau de guerre de 40 canons, Teach se dota de l'un des navires pirates les plus puissants des Caraïbes.

Blocus du port de Charles Town (mai 1718)

Coup d'éclat où Barbe Noire paralysa une grande ville coloniale et obtint une rançon, montrant l'audace et l'impunité des pirates de l'époque.

Constitution d'une flotte de pirates (1717-1718)

Au sommet de sa puissance, Barbe Noire commandait plusieurs navires et des centaines d'hommes, ce qui faisait de lui une menace majeure pour le commerce atlantique.

Construction d'une image terrifiante (1716-1718)

Barbe Noire fit de sa réputation une arme : barbe enfumée, surnom et mises en scène le rendaient si redouté que beaucoup de proies se rendaient sans combattre.

Acceptation du pardon royal puis retour à la piraterie (1718)

Sa reddition de façade auprès du gouverneur de Caroline du Nord, suivie d'un rapide retour au crime, illustre l'échec des premières politiques d'amnistie contre la piraterie.

Anecdotes

Pour terrifier ses adversaires avant même de combattre, Barbe Noire glissait des mèches à canon allumées sous son chapeau et dans sa longue barbe noire tressée. Enveloppé d'une fumée âcre, le visage cerné de volutes, il avait l'air, selon un chroniqueur de l'époque, d'une « furie tout droit sortie de l'enfer ». Bien souvent, ses victimes se rendaient sans qu'un seul coup de feu soit tiré.

En mai 1718, Barbe Noire bloqua l'entrée du port de Charles Town (l'actuelle Charleston) pendant près d'une semaine, capturant les navires qui tentaient d'entrer ou de sortir. Sa rançon n'était pourtant pas de l'or : il exigea un coffre de médicaments, probablement pour soigner un équipage malade. La ville finit par céder et il relâcha ses otages.

En 1717, Teach s'empara d'un grand navire négrier français, La Concorde, qu'il transforma en redoutable vaisseau de guerre. Rebaptisé Queen Anne's Revenge et armé d'une quarantaine de canons, il devint son navire amiral et le symbole de sa puissance dans les Caraïbes.

Au milieu de l'année 1718, Barbe Noire accepta le pardon royal offert aux pirates qui renonçaient à leurs activités et s'installa un temps à Bath, en Caroline du Nord. Mais l'appel du butin fut le plus fort : quelques mois plus tard, il avait repris la mer et la piraterie.

Le 22 novembre 1718, le lieutenant Robert Maynard de la Royal Navy traqua Barbe Noire près de l'île d'Ocracoke. Au cours d'un abordage acharné, le pirate aurait reçu cinq balles et une vingtaine de coups de sabre avant de s'effondrer. Maynard fit accrocher sa tête à la proue de son navire pour prouver sa mort et toucher la récompense.

Sources primaires

Charles Johnson, A General History of the Robberies and Murders of the Most Notorious Pyrates (1724)
Sa barbe était noire, et il la laissait pousser d'une longueur extravagante. En temps de combat, il glissait des mèches allumées sous son chapeau qui, apparaissant de chaque côté de son visage et ses yeux paraissant naturellement féroces et sauvages, le faisaient ressembler à une furie sortie de l'enfer.
Proclamation du lieutenant-gouverneur de Virginie Alexander Spotswood (24 novembre 1718)
Une récompense de cent livres sera versée à quiconque tuera ou capturera le nommé Edward Teach, communément appelé Barbe Noire, ainsi que des sommes moindres pour les autres pirates de son équipage.
Compte rendu du lieutenant Robert Maynard sur le combat d'Ocracoke (1719)
Barbe Noire combattit avec une grande fureur jusqu'à ce qu'il tombe enfin, après avoir reçu cinq blessures par balle et une vingtaine de coups de sabre.

Lieux clés

Bristol, Angleterre

Grand port marchand de la côte ouest anglaise, traditionnellement désigné comme le lieu de naissance d'Edward Teach, sans certitude absolue.

Nassau, île de New Providence (Bahamas)

Repaire des pirates de l'« âge d'or » où Teach apprit le métier auprès de Benjamin Hornigold. La ville fut une véritable « république des pirates » avant l'arrivée de Woodes Rogers.

Charles Town (Charleston), Caroline du Sud

Port colonial dont Barbe Noire bloqua l'entrée en mai 1718, prenant des otages pour exiger un coffre de médicaments.

Beaufort Inlet, Caroline du Nord

Passe côtière où le Queen Anne's Revenge s'échoua en juin 1718, peut-être volontairement pour réduire la taille de l'équipage à partager le butin.

Bath, Caroline du Nord

Petite ville où Barbe Noire s'installa après avoir reçu le pardon royal, menant brièvement une vie en apparence rangée.

Île d'Ocracoke, Caroline du Nord

Lieu du combat final du 22 novembre 1718, où Barbe Noire fut tué par les hommes du lieutenant Robert Maynard.

Voir aussi