
Marivaux
Marivaux
1688 — 1763
France
Écrivain, dramaturge et journaliste français du XVIIIe siècle, Marivaux est l'auteur de comédies brillantes qui explorent les jeux de l'amour et du hasard. Il est connu pour son style élégant et sa subtilité psychologique dans la peinture des sentiments.
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Faits marquants
- 1722 : publication de La Surprise de l'amour, première comédie majeure
- 1730 : création du Jeu de l'amour et du hasard, sa pièce la plus célèbre
- 1735-1750 : directeur et rédacteur du Spectateur français, journal littéraire
- 1743 : élection à l'Académie française
- 1763 : mort à Paris le 11 février
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de Marivaux, cette comédie en trois actes met en scène un double travestissement entre maîtres et serviteurs. Elle illustre parfaitement le « marivaudage » et est encore aujourd'hui la pièce de théâtre français la plus jouée dans les lycées.
Pièce en trois actes où l'amour sincère est mis à l'épreuve des artifices de la cour. Marivaux y explore les contradictions du cœur humain et la complexité des sentiments.
Comédie subtile où un valet orchestre une manipulation sentimentale pour que son maître conquière une riche veuve. L'œuvre questionne les frontières entre sincérité et artifice dans l'amour.
Roman autobiographique fictif publié en onze parties, suivant le parcours d'une orpheline dans la société parisienne. Ce roman d'analyse psychologique annonce le roman réaliste du XIXe siècle.
Journal moral fondé par Marivaux, composé de feuilles périodiques où il observe les mœurs de son temps avec ironie et bienveillance. Ce travail journalistique révèle son acuité d'observateur social.
Courte comédie utopique où maîtres et esclaves échangent leurs rôles sur une île imaginaire. Marivaux y critique les inégalités sociales avec légèreté mais une réelle profondeur philosophique.
Roman libertin et social racontant l'ascension d'un jeune paysan dans la haute société parisienne. Pendant masculin de La Vie de Marianne, il dépeint avec humour les stratégies de la mobilité sociale.
Anecdotes
Marivaux forgea involontairement un mot de la langue française : le « marivaudage ». Ses contemporains utilisèrent ce terme, parfois de manière moqueuse, pour désigner son style de dialogue amoureux, précieux et subtil. Aujourd'hui, le mot est entré dans tous les dictionnaires et désigne une façon d'exprimer ses sentiments avec délicatesse et finesse.
Marivaux était un habitué des salons littéraires parisiens, notamment celui de Mme de Lambert et de Mme de Tencin. C'est dans ces cercles élégants qu'il aiguisa son sens de l'observation des comportements amoureux, nourrissant ainsi ses futures comédies de situations vécues et de portraits psychologiques finement observés.
En 1720, Marivaux perdit presque toute sa fortune dans la banqueroute du système de John Law, qui ruina des milliers d'investisseurs français. Contraint d'écrire pour vivre, il multiplia ses activités de dramaturge et de journaliste, ce drame personnel l'ayant peut-être rendu encore plus attentif aux inégalités sociales qu'il dépeint dans ses œuvres.
Élu à l'Académie française en 1742, Marivaux fut préféré à Voltaire, au grand dam de ce dernier. Cette élection révèle le prestige dont jouissait Marivaux auprès de ses pairs, même si Voltaire ne lui pardonna jamais et le railla publiquement pour son style qu'il jugeait trop alambiqué.
Marivaux dirigea lui-même plusieurs de ses pièces avec les Comédiens-Italiens, troupe qu'il préférait à la Comédie-Française pour leur souplesse et leur jeu naturel. Cette collaboration durable lui permit de créer des personnages comme Arlequin et Silvia, devenus emblématiques de son théâtre.
Sources primaires
SILVIA : Mon Dieu, que les hommes sont aises à tromper ! Cela me fait pitié. DORANTE : Je vous avoue que je suis dans le même embarras que vous, et que je ne sais que penser de ce que je vois.
J'ai vu des hommes capables de bien, et qui ne faisaient pas le bien ; j'ai vu des hommes capables de mal, et qui ne faisaient pas le mal. C'est ce mélange qui me touche et qui m'occupe.
Je me souviens d'avoir vu, dans ma jeunesse, une femme âgée que tout le monde respectait, et dont la vertu m'a paru si naturelle, si aisée, qu'elle en était encore plus belle.
DUBOIS : Vous êtes aimé, Monsieur, vous dis-je ; je connais Araminte, son cœur est à vous. Je l'ai vue rougir, je l'ai vue pâlir, et ces deux mouvements-là ne mentent pas.
Lieux clés
Scène principale où Marivaux fit jouer la plupart de ses chefs-d'œuvre. La troupe italienne lui offrait une liberté d'improvisation et un jeu naturel qu'il ne trouvait pas à la Comédie-Française.
L'un des salons littéraires les plus prestigieux de Paris, fréquenté par Marivaux dès ses débuts. C'est là qu'il aiguisa son sens de l'observation des jeux sociaux et amoureux qui nourrissent ses comédies.
Marivaux y fit jouer quelques pièces, dont La Mère confidente (1735), mais il préférait les Comédiens-Italiens. La rivalité entre les deux troupes marqua sa carrière.
Institution dont Marivaux devint membre en 1742, consécration tardive mais symbolique d'une carrière littéraire exceptionnelle. Il y prononça plusieurs discours sur la langue et le style.
Objets typiques
Instrument quotidien de Marivaux, journaliste et dramaturge prolifique, qui rédigeait pièces, romans et articles de presse à la plume. Son écriture fine et rapide reflétait la vivacité de son esprit.
Symbole de la troupe des Comédiens-Italiens avec laquelle Marivaux collabora étroitement. Le masque d'Arlequin, personnage récurrent de ses pièces, représente le jeu sur les identités et les apparences si cher à son théâtre.
Vêtement porté par les valets et servantes dans les comédies de Marivaux. Le travestissement vestimentaire — maîtres et domestiques échangeant leurs habits — est au cœur de pièces comme Le Jeu de l'amour et du hasard.
Accessoire féminin incontournable des salons du XVIIIe siècle, l'éventail accompagne les jeux de séduction et les apartés secrets que Marivaux met en scène avec subtilité. Il symbolise la coquetterie et la retenue des personnages féminins.
Marivaux fut l'un des premiers journalistes littéraires français, publiant Le Spectateur français puis L'Indigent philosophe. Ces feuilles périodiques lui servaient à observer et commenter les mœurs de son temps.
Les salons littéraires où Marivaux était reçu — chez Mme de Lambert ou Mme de Tencin — étaient éclairés aux chandelles. C'est à la lueur de ces lumières douces que se nouaient les intrigues mondaines qui inspirèrent son œuvre.
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Vie quotidienne
Matin
Marivaux se levait tôt pour écrire, profitant du calme matinal pour rédiger ses dialogues ou ses articles de journal. Il travaillait à la plume dans un appartement parisien modeste, entouré de manuscrits et de feuilles volantes.
Après-midi
Ses après-midis étaient souvent consacrés aux répétitions avec les Comédiens-Italiens ou aux réunions dans les salons littéraires où il était reçu avec faveur. Il observait avec attention les comportements de ses contemporains, nourrissant ainsi son œuvre.
Soir
Les soirées de Marivaux se passaient fréquemment au théâtre pour assister à ses propres représentations ou à celles d'autres troupes. Après le spectacle, il rejoignait souvent les cercles mondains pour des conversations animées et des soupers fins.
Alimentation
Comme tout Parisien cultivé de son époque, Marivaux fréquentait les cafés où l'on servait café, chocolat chaud et limonades. Ses repas suivaient les habitudes bourgeoises du XVIIIe siècle : bouillons, rôtis et entremets sucrés, le tout arrosé de vin de Bourgogne.
VĂŞtements
Marivaux s'habillait en homme de lettres distingué mais sans ostentation excessive : habit de drap fin, perruque poudrée, jabot de dentelle et bas de soie. Sa mise soignée lui permettait de fréquenter salons aristocratiques et milieux bourgeois sans détonner.
Habitat
Marivaux vécut dans divers appartements parisiens au fil de sa vie, sans jamais atteindre l'aisance des grands seigneurs. Après la ruine de 1720, il mena une existence modeste mais intellectuellement riche, loin du faste des hôtels particuliers de la noblesse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

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Style visuel
Le style visuel de l'univers de Marivaux s'inspire du Rococo français — pastels dorés, jardins galants et salons dorés à la Watteau — avec une touche d'ironie théâtrale et de travestissement.
Prompt IA
French Rococo painting style, inspired by Watteau and Fragonard, pastel and powder tones, elegant garden scenes with theatrical characters in disguise, soft candlelight interiors of Parisian salons, delicate brushwork and ornate details, aristocratic costumes with lace and silk, commedia dell'arte masks and props, warm golden light, dreamy and playful atmosphere, theatrical curtains and stage scenery, intimate scale, gentle irony in expressions.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Marivaux mêle la douceur feutrée des salons littéraires parisiens au bourdonnement vivant des coulisses de théâtre, entre conversations spirituelles et froissement de costumes.
Prompt IA
Elegant Parisian salon of the 18th century, soft harpsichord music playing in the background, murmur of witty conversations and laughter, rustling of silk dresses and taffeta skirts, the scraping of quill on paper, carriages rolling on cobblestones outside the window, candles crackling softly, the clinking of porcelain teacups, actors rehearsing lines backstage at the Comédie-Italienne, distant street cries of Parisian vendors, applause from a theatre audience, the turning of manuscript pages, light footsteps on parquet floors.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — After Louis-Michel van Loo — 1753
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Le Jeu de l'amour et du hasard
1730
La Double Inconstance
1723
Les Fausses Confidences
1737
La Vie de Marianne
1731-1742
Le Spectateur français
1721-1724
L'ĂŽle des esclaves
1725
Le Paysan parvenu
1734-1735





