Martin Ohm(1792 — 1872)

Martin Ohm

royaume de Bavière

7 min de lecture

SciencesMathématicien(ne)XIXe siècleÉpoque des grandes révolutions scientifiques et industrielles, âge d'or des mathématiques allemandes avec Gauss, Riemann et les frères Ohm.

Mathématicien allemand (1792-1872), frère de Georg Simon Ohm. Il contribua à la rigueur formelle de l'analyse mathématique et à l'enseignement des mathématiques en Allemagne au XIXe siècle.

Questions fréquentes

Martin Ohm (1792–1872) était un mathématicien allemand, frère cadet du célèbre physicien Georg Simon Ohm. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a consacré sa carrière à l'enseignement et à la rigueur formelle des mathématiques, principalement à l'université de Berlin. Il est l'auteur d'un traité monumental, le Versuch eines vollkommen consequenten Systems der Mathematik, qui visait à reconstruire toutes les mathématiques sur des bases logiques irréprochables, anticipant ainsi les exigences du formalisme du XXe siècle.

Faits marquants

  • Né le 6 mai 1792 à Erlangen en Bavière
  • Frère cadet du physicien Georg Simon Ohm, découvreur de la loi d'Ohm
  • Professeur de mathématiques à Berlin pendant plusieurs décennies
  • Auteur d'une œuvre en plusieurs volumes sur l'enseignement rigoureux des mathématiques élémentaires
  • Décédé le 1er avril 1872 à Berlin

Œuvres & réalisations

Versuch eines vollkommen consequenten Systems der Mathematik (1822–1852)

Œuvre maîtresse de Martin Ohm, publiée en plusieurs volumes sur trente ans. Ce traité ambitieux visait à reconstruire l'ensemble des mathématiques sur des fondements logiques rigoureux, anticipant les exigences de formalisme qui s'imposeraient au XXe siècle.

Die reine Elementar-Mathematik (1835 (2e éd.))

Manuel d'enseignement des mathématiques élémentaires dans lequel Ohm introduisit pour la première fois en imprimé le terme 'goldener Schnitt' (nombre d'or ou section dorée), expression qui allait s'imposer dans toutes les langues mathématiques.

Lehrbuch der Arithmetik und Algebra (1827)

Manuel pédagogique d'arithmétique et d'algèbre destiné aux étudiants des gymnases et universités allemands, caractérisé par sa clarté définitionnelle et sa progression logique rigoureuse.

Geist der Differential- und Integralrechnung (1846)

Ouvrage consacré à l'esprit et aux fondements du calcul différentiel et intégral, dans lequel Ohm cherchait à donner des bases conceptuelles solides à l'analyse mathématique, domaine encore en pleine consolidation à son époque.

Anecdotes

Martin Ohm est le frère cadet de Georg Simon Ohm, le physicien qui découvrit la célèbre loi électrique qui porte leur nom de famille. Les deux frères grandirent à Erlangen dans une famille modeste et partagèrent une même passion pour les sciences exactes, bien que leurs voies aient divergé : l'un vers la physique expérimentale, l'autre vers les mathématiques pures et l'enseignement.

On attribue à Martin Ohm la première utilisation imprimée de l'expression 'goldener Schnitt' — que l'on traduit en français par 'section dorée' ou 'nombre d'or' — dans la deuxième édition de son manuel 'Die reine Elementar-Mathematik' en 1835. Ce terme désigne le rapport mathématique φ ≈ 1,618, fascinant les artistes et les architectes depuis l'Antiquité. Martin Ohm n'avait pas inventé le concept, mais il lui donna le nom qui allait s'imposer dans toutes les langues.

Malgré une œuvre mathématique considérable, Martin Ohm attendit des années avant d'obtenir une chaire de professeur ordinaire à l'Université de Berlin. Cette lenteur de la reconnaissance académique était en partie liée aux résistances que suscitait son programme ambitieux : construire un système mathématique entièrement rigoureux et cohérent, où chaque définition et chaque démonstration seraient formulées sans la moindre ambiguïté. Cette exigence, jugée excessive par certains de ses contemporains, est aujourd'hui considérée comme visionnaire.

Martin Ohm consacra une grande partie de sa vie à la rédaction d'un traité monumental intitulé 'Versuch eines vollkommen consequenten Systems der Mathematik' ('Essai d'un système entièrement cohérent des mathématiques'), publié en plusieurs volumes à partir de 1822. Son objectif était de refonder l'enseignement des mathématiques sur des bases logiques irréprochables, à une époque où les démonstrations rigoureuses n'étaient pas encore la norme dans les universités allemandes.

Sources primaires

Versuch eines vollkommen consequenten Systems der Mathematik, vol. 1 (1822)
Der Zweck dieses Werkes ist, ein vollkommen consequentes System der Mathematik aufzustellen, in welchem jeder Begriff auf das Strengste definirt, und jeder Lehrsatz auf das Vollständigste bewiesen wird.
Die reine Elementar-Mathematik (2e édition) (1835)
Diese Zertheilung einer endlichen Linie in zwei Theile, dass die ganze Linie sich verhält zu dem grösseren Theile wie dieser zu dem kleineren, verdient wohl den Namen: der goldene Schnitt.
Lehrbuch der Arithmetik und Algebra (1827)
Die Arithmetik ist die Wissenschaft der Zahlen. Sie lehrt, wie man mit gegebenen Zahlen nach bestimmten Regeln andere Zahlen finden kann.

Lieux clés

Erlangen, Bavière

Ville natale de Martin Ohm et de son frère Georg Simon. Erlangen abritait une université fondée en 1743 où les frères Ohm reçurent leur première formation scientifique dans un milieu intellectuel stimulant.

Université Friedrich-Wilhelms de Berlin (Humboldt-Universität)

Principal lieu d'activité de Martin Ohm pendant la majeure partie de sa carrière. Il y enseigna les mathématiques pendant des décennies, d'abord comme professeur extraordinaire puis comme professeur ordinaire, formant des générations d'étudiants prussiens.

Berlin

Capitale de la Prusse où Martin Ohm vécut, travailla et mourut en 1872. Berlin était au XIXe siècle le centre intellectuel de l'Allemagne, foyer des grandes universités et académies scientifiques qui attiraient les meilleurs mathématiciens européens.

Gymnase d'Erlangen

Établissement secondaire où Martin Ohm reçut sa formation classique avant d'entrer à l'université, typique des gymnases prussiens et bavarois qui assuraient une solide culture mathématique et latine aux futurs universitaires.

Voir aussi