Martin Ryle(1918 — 1984)

Martin Ryle

Royaume-Uni

6 min de lecture

SciencesAstronomeScientifiqueXXe siècleXXe siècle, âge d'or de la radioastronomie et de la cosmologie observationnelle après la Seconde Guerre mondiale

Astronome britannique, pionnier de la radioastronomie. Il développa la technique de synthèse d'ouverture qui permit de cartographier le ciel avec une grande précision et reçut le prix Nobel de physique en 1974.

Questions fréquentes

Martin Ryle (1918-1984) est un astronome britannique, pionnier de la radioastronomie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a inventé la synthèse d'ouverture, une technique qui combine les signaux de plusieurs antennes pour obtenir une résolution équivalente à celle d'un télescope géant. Cela a permis de cartographier le ciel avec une précision inédite, ouvrant la voie à la découverte des quasars et à la validation du modèle du Big Bang. Pour ses travaux, il a reçu le prix Nobel de physique en 1974, le premier Nobel jamais attribué à l'astronomie.

Faits marquants

  • Né en 1918 à Brighton et mort en 1984 à Cambridge
  • Développe les radars pour la défense britannique pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
  • Met au point la technique de synthèse d'ouverture pour la radioastronomie dans les années 1950-1960
  • Établit les catalogues de radiosources de Cambridge (3C en 1959), appuyant la théorie du Big Bang contre celle de l'état stationnaire
  • Reçoit le prix Nobel de physique en 1974 avec Antony Hewish, premier Nobel décerné pour l'astronomie

Œuvres & réalisations

Technique de la synthèse d'ouverture (années 1950-1960)

Méthode révolutionnaire combinant les signaux de plusieurs antennes pour atteindre la résolution d'un instrument géant. Elle vaudra à Ryle le prix Nobel.

Catalogues de Cambridge (1C, 2C, 3C, 4C) (1950-1965)

Série de recensements des sources radio du ciel. Le catalogue 3C reste une référence pour identifier galaxies et quasars.

Mesure du rayonnement radio du Soleil (1946)

Première démonstration, avec D. Vonberg, que les émissions radio solaires sont liées aux taches et aux champs magnétiques.

Comptages de sources radio et critique de l'état stationnaire (1955-1961)

Les statistiques de sources lointaines montrèrent que l'Univers évolue dans le temps, apportant un argument observationnel décisif en faveur du Big Bang.

Le One-Mile Telescope (1964)

Radiotélescope de synthèse d'un mille de long, premier à produire des cartes radio détaillées par rotation terrestre.

Le Five-Kilometre Telescope (Ryle Telescope) (1972)

Grand réseau interférométrique de cinq kilomètres, qui poussa encore plus loin la résolution de la radioastronomie.

Anecdotes

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Martin Ryle travailla au développement de radars et de contre-mesures électroniques pour brouiller les radars allemands. C'est cette expertise des ondes radio acquise en temps de guerre qui le prépara, dès 1945, à scruter le ciel avec des antennes plutôt que des télescopes optiques.

Ryle eut l'idée géniale d'utiliser plusieurs antennes espacées et de combiner leurs signaux : c'est la « synthèse d'ouverture ». En faisant tourner la Terre sous le ciel, ses petites antennes se comportaient comme un radiotélescope géant de plusieurs kilomètres de diamètre, lui permettant de cartographier les sources radio avec une finesse inédite.

Ryle s'opposa farouchement à l'astronome Fred Hoyle et à sa théorie de l'« état stationnaire » de l'Univers. Ses comptages de sources radio lointaines montraient que l'Univers avait changé au cours du temps, un argument observationnel majeur en faveur du Big Bang.

En 1974, Martin Ryle et son collègue Antony Hewish reçurent le prix Nobel de physique : c'était la toute première fois que le Nobel récompensait des travaux d'astronomie. Ryle fut distingué pour ses techniques d'observation révolutionnaires, notamment la synthèse d'ouverture.

Vers la fin de sa vie, Ryle, profondément marqué par la course aux armements, détourna en partie son génie de l'ingénieur vers la défense de l'environnement et la critique de l'énergie nucléaire militaire, plaidant pour les énergies renouvelables comme l'éolien.

Sources primaires

Discours du Nobel de physique de Martin Ryle, « Radio Telescopes of Large Resolving Power » (12 décembre 1974)
La résolution angulaire que l'on peut atteindre est limitée non par la taille d'une antenne unique, mais par la séparation maximale entre les antennes que l'on peut relier ensemble.
M. Ryle & A. Hewish, « The synthesis of a large radio telescope » (Monthly Notices of the Royal Astronomical Society) (1960)
On montre qu'un télescope de grande surface effective peut être synthétisé en mesurant successivement, avec des éléments mobiles plus petits, l'amplitude et la phase du signal pour toutes les séparations requises.
M. Ryle, « A Measurement of the Solar Radio Frequency Radiation » (avec D. D. Vonberg, Nature) (1946)
Les observations indiquent que le rayonnement radio intense du Soleil provient de régions associées aux taches solaires et de leurs champs magnétiques.

Lieux clés

Brighton

Ville côtière du sud de l'Angleterre où Martin Ryle naquit en 1918.

Université d'Oxford

Ryle y étudia la physique avant la guerre, obtenant son diplôme en 1939.

Laboratoire Cavendish, Cambridge

Haut lieu de la physique britannique où Ryle développa la radioastronomie et la synthèse d'ouverture après 1945.

Mullard Radio Astronomy Observatory

Observatoire de radioastronomie près de Cambridge où Ryle installa ses grands réseaux d'antennes interférométriques.

Cambridge

Ville universitaire où Ryle mena l'essentiel de sa carrière et où il mourut en 1984.

Voir aussi