Mary Osborne (1921-1992) est une guitariste de jazz américaine, l'une des rares femmes instrumentistes à s'imposer à l'ère du swing et du bebop. Révélée après avoir entendu Charlie Christian, elle devint une musicienne de studio très demandée à New York.
Mary Osborne(1921 — 1992)
Mary Osborne
États-Unis
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 17 juillet 1921 à Minot, dans le Dakota du Nord (États-Unis)
- Découverte de la guitare électrique vers 1938-1939 en entendant jouer Charlie Christian, qui devient sa principale influence
- Active comme guitariste de studio et de scène à New York dans les années 1940 et 1950, accompagnant des figures comme Coleman Hawkins ou Mary Lou Williams
- Anime sa propre formation et enregistre sous son nom à partir des années 1940-1950
- Morte le 4 mars 1992 à Bakersfield, en Californie
Œuvres & réalisations
Elle dirigea sa propre formation, fait rare pour une femme instrumentiste à l'ère du swing et du bebop.
Elle enregistra aux côtés du grand saxophoniste ténor, preuve de sa reconnaissance par l'élite du jazz.
Sa collaboration avec la célèbre pianiste et arrangeuse comptait parmi les rares rencontres de femmes instrumentistes de premier plan.
Une longue résidence radiophonique qui fit d'elle l'une des guitaristes les plus entendues d'Amérique.
Un enregistrement qui témoigne de la maturité de son jeu, mêlant héritage du swing et sensibilité moderne.
Avec son mari, elle conçut et fabriqua guitares et amplificateurs à Bakersfield, prolongeant sa passion côté lutherie.
Anecdotes
Adolescente dans le Dakota du Nord des années 1930, Mary Osborne se produisait déjà à la radio locale et maîtrisait plusieurs instruments — guitare, violon et banjo. Cette polyvalence précoce annonçait une carrière hors du commun pour une jeune fille de cette époque.
Vers 1938, dans un club de Bismarck, Mary entend pour la première fois une guitare électrique, jouée par le jeune Charlie Christian. Persuadée d'écouter un saxophone ténor, elle découvre avec stupeur que ce son chaud et puissant sort d'une guitare amplifiée. Cette révélation oriente toute sa carrière : elle se procure aussitôt le même type d'instrument.
Installée à New York, elle devint l'une des très rares femmes instrumentistes recherchées comme musicienne de studio. Elle enregistra aux côtés de figures majeures du jazz comme le saxophoniste Coleman Hawkins et la pianiste Mary Lou Williams.
Pendant plus de dix ans, dans les années 1950 et 1960, elle fut la guitariste attitrée de l'émission matinale de Jack Sterling sur la radio CBS à New York, jouant en direct devant des millions d'auditeurs.
À la fin des années 1960, Mary et son mari, le trompettiste Ralph Scaffidi, s'installèrent à Bakersfield, en Californie, où ils fondèrent une fabrique de guitares et d'amplificateurs. La musicienne devint ainsi aussi entrepreneuse de l'instrument qu'elle avait passé sa vie à jouer.
Sources primaires
Je n'avais jamais entendu de guitare électrique auparavant. J'ai d'abord cru que c'était un saxophone ténor — jusqu'à ce que je comprenne que ce son venait d'une guitare.
Après avoir entendu Charlie Christian, je me suis procuré une guitare électrique et un amplificateur : je voulais absolument obtenir ce son-là.
Lieux clés
Ville natale de Mary Osborne, où elle grandit et apprit la musique au sein d'une famille mélomane.
C'est dans un club de cette ville qu'elle entendit pour la première fois Charlie Christian et la guitare électrique, choc fondateur de sa vocation.
Capitale du jazz où elle s'imposa comme musicienne de studio et de radio, jouant dans les clubs et notamment sur la 52e Rue.
Ville où elle s'établit à la fin des années 1960, y fondant une fabrique de guitares et où elle mourut en 1992.
Objets typiques

Mary Osborne joua sur des guitares archtop Gibson électrifiées, dans la lignée de l'instrument qui l'avait fascinée chez Charlie Christian.

L'amplification rendait la guitare audible au sein des grands orchestres ; Mary en fabriqua plus tard avec son mari à Bakersfield.

Fixé sur la caisse de la guitare, ce capteur transformait les vibrations des cordes en signal électrique : le cœur de la révolution de la guitare jazz.

Petit triangle tenu entre les doigts, il permettait d'attaquer les cordes avec la précision et la rapidité qu'exigeaient le swing et le bebop.

Pour les émissions en direct de CBS, sa guitare était captée par les micros des studios new-yorkais devant un large public.

Musicienne de studio très demandée, elle devait déchiffrer à vue les arrangements et les standards du répertoire jazz.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Lorsqu'elle était la guitariste de l'émission de Jack Sterling, Mary se levait avant l'aube pour rejoindre les studios de CBS à Manhattan. Les émissions matinales se jouaient en direct, sans droit à l'erreur, ce qui exigeait une grande discipline.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux séances d'enregistrement et aux répétitions dans les studios new-yorkais. Musicienne très demandée, elle enchaînait les sessions pour différents orchestres, chanteurs et maisons de disques.
Soir
Le soir, elle se produisait dans les clubs de jazz, notamment ceux de la fameuse 52e Rue, souvent à la tête de son propre trio. Ces scènes étaient le cœur battant de la vie musicale new-yorkaise.
Alimentation
Comme beaucoup de musiciens partagés entre studios et clubs, elle se nourrissait souvent sur le pouce, entre deux engagements, dans les diners et cafés de Manhattan. Le café accompagnait les longues journées et les soirées tardives.
Vêtements
Sur scène, elle portait des robes élégantes et soignées, affirmant sa présence de femme dans un milieu très masculin. En studio et en répétition, sa tenue se faisait plus simple et pratique.
Habitat
Elle vécut de longues années dans un appartement new-yorkais, au plus près des studios et des clubs. À la fin des années 1960, elle s'installa dans une maison à Bakersfield, en Californie, près de sa fabrique de guitares.






