Écrivain français (1890-1980), Maurice Genevoix est l'auteur de « Ceux de 14 », témoignage majeur sur la Première Guerre mondiale. Académicien et secrétaire perpétuel de l'Académie française, il est entré au Panthéon en 2020.
Maurice Genevoix(1890 — 1980)
Maurice Genevoix
France
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Nous étions là, nous les survivants, avec nos morts.»
« La guerre, c'est la mort qui passe.»
Faits marquants
- 1890 : naissance à Decize (Nièvre)
- 1914-1915 : blessé gravement sur le front de la Meuse, démobilisé
- 1916-1923 : rédige et publie les cinq volumes de « Ceux de 14 »
- 1958 : élu secrétaire perpétuel de l'Académie française
- 2020 : panthéonisation aux côtés de tous les soldats de la Grande Guerre
Œuvres & réalisations
Premier récit autobiographique de Genevoix sur ses expériences de guerre, écrit pendant sa convalescence. Il inaugure la série de témoignages qui formeront « Ceux de 14 ».
Roman naturaliste sur un braconnier de la Sologne, récompensé du prix Goncourt. Il révèle la sensibilité de Genevoix pour la nature et les êtres vivant en marge des règles sociales.
Rassemblement en un volume de tous ses récits de la Grande Guerre — Sous Verdun, Nuits de guerre, Au seuil des guitounes, La Boue, Les Éparges. Considéré comme l'un des témoignages les plus complets et les plus sincères sur la Première Guerre mondiale.
Roman sur un cerf traqué dans les forêts de Sologne, souvent cité parmi ses chefs-d'œuvre. Il illustre sa maîtrise du récit naturaliste et sa profonde empathie pour le monde animal.
Autobiographie publiée l'année de sa mort, dans laquelle Genevoix revient sur sa vie, la guerre, sa passion de la nature et son engagement littéraire. Un testament spirituel d'une grande sérénité.
Anecdotes
Sous-lieutenant de 24 ans à peine, Maurice Genevoix est envoyé sur le front de la Meuse dès août 1914. Il porte sur lui un petit carnet dans lequel il note les moindres détails du quotidien des soldats, convaincu qu'il faut témoigner pour ceux qui meurent à ses côtés. Ces carnets seront la matière brute de « Ceux de 14 ».
En avril 1915, Genevoix est blessé trois fois en quelques semaines sur la côte Saint-Nicolas, près de Verdun. Sa main droite est atteinte, menaçant sa carrière d'écrivain. Évacué du front, il passe de longs mois en convalescence et met en forme les récits qui deviendront son œuvre majeure.
Genevoix reçut le prix Goncourt en 1925 pour « Raboliot », roman sur un braconnier de la Sologne écrit dans un style lyrique et précis. Cette double reconnaissance — combattant devenu grand romancier — fit de lui une figure morale de la littérature française de l'entre-deux-guerres.
Le 11 novembre 2020, à l'occasion du 102e anniversaire de l'Armistice, Maurice Genevoix entre au Panthéon par décision du président Emmanuel Macron. Son transfert est accompagné symboliquement de terre prélevée sur les champs de bataille de Verdun, en hommage à tous les « poilus » dont il s'était fait la voix.
Grand amoureux de la nature, Genevoix passait une grande partie de l'année dans sa maison de Saint-Denis-de-l'Hôtel, en bord de Loire. Il chassait, pêchait et observait la faune sauvage avec la même acuité qu'il avait mise à décrire la guerre, faisant de la Sologne le cadre de plusieurs de ses romans les plus célèbres.
Sources primaires
Nous sommes là, deux mille hommes entassés dans la boue, sous la pluie et les obus. Et pourtant il faut tenir, tenir encore, tenir toujours.
La boue, c'est notre univers, notre lit, notre nourriture presque. On y enfonce, on s'y débat, on s'y couche quand les jambes ne portent plus.
Le braconnier sentait la forêt comme un animal la sent, par tout son corps, par chaque pore de sa peau tendue dans le silence.
J'avais promis aux morts de parler pour eux, de rendre témoignage de ce qu'ils avaient vécu et souffert. Je n'ai jamais failli à cette promesse.
Lieux clés
Ville de naissance de Maurice Genevoix en 1890, dans la vallée de la Loire. Il y passa son enfance avant de monter à Paris pour ses études à l'École normale supérieure.
Secteur de tranchées où Genevoix combattit de 1914 à 1915 et fut grièvement blessé trois fois. Ces lieux sont au cœur de « Ceux de 14 » et restent associés à son engagement de témoigner pour les morts.
Village du bord de Loire où Genevoix vécut la plus grande partie de sa vie d'écrivain. C'est là qu'il observait la nature solognote qui nourrit ses romans et qu'il rédigeait ses œuvres chaque matin.
Institution littéraire fondée en 1635 dont Genevoix fut élu membre en 1946 puis secrétaire perpétuel de 1958 à 1974. Il y présida aux destinées de la langue française pendant seize ans.
Monument républicain où reposent les grandes figures de la Nation française. Genevoix y fut transféré le 11 novembre 2020, avec de la terre des champs de bataille de Verdun déposée symboliquement à ses côtés.
Objets typiques

Petit carnet relié que Genevoix portait sur lui dans les tranchées pour noter ses observations au fil des combats. Ces carnets sont la source directe de « Ceux de 14 » et constituent un document historique exceptionnel.

Fusil réglementaire de l'infanterie française pendant la Première Guerre mondiale, manié quotidiennement par les soldats dans les tranchées. Genevoix en décrit l'usage avec une précision technique dans ses récits de guerre.

Manteau réglementaire de l'armée française adopté à partir de 1915, remplaçant l'ancien uniforme rouge trop visible. Symbol du « poilu », il est décrit avec une précision minutieuse dans les récits de Genevoix.

Tenue officielle brodée de feuilles de chêne et d'olivier portée par les membres de l'Académie française lors des séances solennelles. Genevoix l'endossa dès son élection en 1946 et tout au long de ses seize ans de secrétariat perpétuel.

Instrument de travail quotidien de l'écrivain, avec lequel Genevoix rédigeait à la main ses manuscrits chaque matin dans sa maison de Saint-Denis-de-l'Hôtel. Il en soignait la clarté et le rythme phrase par phrase.

Épée à lame gravée remise aux membres de l'Académie française lors de leur réception. Portée par un ancien combattant de Verdun, elle incarne le paradoxe d'une vie marquée par la guerre et consacrée à la paix des lettres.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Genevoix se levait tôt dans sa maison de Saint-Denis-de-l'Hôtel et consacrait ses matinées à l'écriture, face au jardin qui s'ouvrait sur la campagne ligérienne. Il rédigeait à la main, avec lenteur et soin, retravaillant chaque phrase pour obtenir la précision et le rythme qu'il recherchait.
Après-midi
Ses après-midis étaient souvent consacrés à la nature : longues promenades en Sologne, parties de chasse ou de pêche sur les bords de Loire. Il observait la faune et la flore avec la même minutie qu'il avait mise à décrire les tranchées, carnet en main pour noter ce qui lui semblait juste.
Soir
Le soir, Genevoix lisait abondamment, correspondait avec ses confrères et relisait ses manuscrits à voix haute pour éprouver la musique de ses phrases. Il recevait parfois des amis autour d'une table simple, partageant le vin et le gibier du pays.
Alimentation
Genevoix appréciait la cuisine paysanne du Val de Loire : gibier à plume et à poil qu'il chassait lui-même, poissons de rivière pêchés à la ligne, légumes du potager et fromages de la région. Le pain de campagne et le vin local accompagnaient ses repas quotidiens.
Vêtements
Au quotidien, Genevoix portait des vêtements solides et pratiques pour ses sorties dans la nature : pantalons de velours, vestes de chasse, bottes lacées. Lors des séances solennelles à l'Académie française, il revêtait l'habit vert brodé des Immortels, symbole de sa seconde vie après la guerre.
Habitat
Sa demeure principale était une maison bourgeoise à Saint-Denis-de-l'Hôtel, entourée d'un grand jardin donnant sur la campagne. À Paris, il disposait d'un appartement pour ses obligations académiques, mais il considérait la vallée de la Loire comme son vrai foyer et le cadre naturel de sa création littéraire.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sous Verdun
1916
Raboliot
1925
Ceux de 14 (recueil intégral)
1949
La Dernière Harde
1938
Trente mille jours
1980






