Pianiste de jazz américain, l'un des plus influents de l'après-guerre. Membre du quartet historique de John Coltrane, il développa un style pianistique reconnaissable fondé sur les accords en quartes et un jeu de main gauche puissant.
McCoy Tyner(1938 — 2020)
McCoy Tyner
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1938 à Philadelphie, mort en 2020 dans le New Jersey
- Membre du John Coltrane Quartet de 1960 à 1965, participant à des albums majeurs dont A Love Supreme (1965)
- Carrière solo prolifique à partir de 1965, avec l'album phare The Real McCoy (1967)
- Style caractérisé par les accords en quartes et un jeu de main gauche puissant, modèle pour des générations de pianistes
- Récompensé par plusieurs Grammy Awards au cours de sa carrière
Œuvres & réalisations
Reprise jazz hypnotique d'une chanson de comédie musicale ; le solo de piano de Tyner y est resté célèbre.
Suite spirituelle considérée comme l'un des sommets du jazz ; Tyner y tient le piano du quartet historique.
Premier grand album de Tyner comme leader, sur Blue Note, où s'affirme pleinement son style aux quartes.
Album manifeste de sa carrière en solo sur Milestone, où il joue aussi du koto et des percussions.
Concert enregistré au Festival de Montreux, témoignage de l'énergie de son quartet sur scène.
Hommage à son ancien mentor récompensé par un Grammy Award.
Album de grand orchestre couronné par un Grammy, montrant son talent d'arrangeur et de chef.
Anecdotes
Enfant, McCoy Tyner grandit dans un quartier de Philadelphie où vivait le grand pianiste de bebop Bud Powell, qu'il admirait énormément. Sa mère, coiffeuse, installa un piano dans son salon de beauté pour que le garçon puisse s'exercer : il jouait ainsi au milieu des clientes. Dès l'adolescence, il avait décidé de devenir musicien professionnel.
Adolescent, il rencontra le saxophoniste John Coltrane, lui aussi de la région de Philadelphie, et les deux hommes se promirent de jouer ensemble un jour. En 1960, Coltrane tint parole et l'invita à rejoindre son nouveau quartet : Tyner n'avait alors que 21 ans. Il y resta cinq ans, aux côtés du contrebassiste Jimmy Garrison et du batteur Elvin Jones.
Vers l'âge de 17 ans, McCoy Tyner se convertit à l'islam et adopta le nom de Sulaiman Saud, en lien avec la communauté Ahmadiyya. Il continua toutefois à se produire et à enregistrer sous son nom de naissance pendant toute sa carrière.
En 1960, le quartet de Coltrane transforma « My Favorite Things », une chanson tirée de la comédie musicale La Mélodie du bonheur, en un long morceau de jazz presque hypnotique. Contre toute attente, le disque devint un succès et fit connaître le groupe au grand public.
Tyner mit au point une manière de jouer très personnelle : il empilait les notes par intervalles de quarte plutôt que de tierce, ce qui donnait à son piano un son ouvert et large. Sa main gauche martelait les graves avec une telle puissance que d'innombrables pianistes de jazz cherchèrent ensuite à l'imiter.
Sources primaires
« Vers la fin, je ne sentais plus que j'apportais quelque chose musicalement. Tout ce que j'entendais, c'était beaucoup de bruit. Je n'avais plus de ressenti pour la musique, et quand je n'ai pas de ressenti, je ne joue pas. » — McCoy Tyner expliquant pourquoi il quitta le groupe de Coltrane en 1965.
Crédits de la pochette : « John Coltrane – saxophone ténor ; McCoy Tyner – piano ; Jimmy Garrison – contrebasse ; Elvin Jones – batterie. » L'album porte aussi un poème dévotionnel écrit par Coltrane.
Crédits : « McCoy Tyner – piano ; Joe Henderson – saxophone ténor ; Ron Carter – contrebasse ; Elvin Jones – batterie. » Premier grand album de Tyner comme leader, composé uniquement de ses propres morceaux.
Lieux clés
Ville natale de Tyner, où il apprit le piano et côtoya de jeunes musiciens promis à de grandes carrières. C'est là qu'il rencontra John Coltrane.
Capitale du jazz où Tyner s'installa et travailla, jouant dans les grands clubs et enregistrant pour les principaux labels. Il y mena l'essentiel de sa carrière.
Studio légendaire où furent gravés A Love Supreme et de nombreux disques d'Impulse! et de Blue Note. Tyner y enregistra plusieurs de ses chefs-d'œuvre.
Célèbre club de jazz de Manhattan où le quartet de Coltrane se produisit et fut enregistré en concert. Haut lieu du jazz d'avant-garde des années 1960.
Localité où McCoy Tyner s'éteignit en 2020. Il vécut ses dernières années dans la région new-yorkaise.
Objets typiques

Instrument de toute sa vie, sur lequel il développa ses accords en quartes et sa puissante main gauche. Il en jouait souvent un Steinway en concert et en studio.

Cithare japonaise dont Tyner joua sur l'album Sahara (1972), preuve de sa curiosité pour les sonorités du monde. Il y ajoutait aussi flûte et percussions.

Les albums du quartet de Coltrane parurent sur le label Impulse!, reconnaissable à sa pochette orange et noire. Ces 33 tours diffusèrent le jeu de Tyner dans le monde entier.

Feuille notant la mélodie et les accords d'un morceau, support de base de l'improvisation jazz. Tyner composa ainsi nombre de ses propres thèmes.

Trophée de l'industrie musicale américaine que Tyner remporta à plusieurs reprises à partir des années 1980. Il récompensa son travail de pianiste et de chef de grand orchestre.

Complet-veston soigné, tenue habituelle des musiciens de jazz de son époque dans les clubs et les concerts. L'élégance vestimentaire faisait partie du métier.
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Vie quotidienne
Matin
Comme la plupart des musiciens de jazz qui jouaient tard le soir, Tyner se levait souvent en fin de matinée. Une fois debout, il aimait travailler son instrument : gammes, accords en quartes, idées de nouvelles compositions.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux répétitions, à l'écriture de morceaux ou aux séances d'enregistrement, parfois au studio de Rudy Van Gelder, dans le New Jersey. En tournée, ce temps servait surtout aux déplacements d'une ville à l'autre.
Soir
Le soir venu, place à la scène : dans les clubs comme le Village Vanguard, les groupes jouaient souvent deux ou trois sets jusqu'à une heure avancée de la nuit. C'est là que se forgeait l'entente entre musiciens, dans la chaleur de l'improvisation.
Alimentation
Sur la route, les repas des musiciens étaient irréguliers, pris entre deux concerts. Converti à l'islam dans sa jeunesse, Tyner évitait le porc et l'alcool, ce qui guidait ses choix alimentaires.
Vêtements
Sur scène, il portait le costume élégant typique des jazzmen de son temps : complet sombre, chemise et cravate. Cette tenue soignée faisait partie du respect dû au public et à la musique.
Habitat
Né dans une maison de ville d'un quartier populaire de Philadelphie, Tyner vécut ensuite surtout dans la région de New York. Les tournées le faisaient loger de longues semaines à l'hôtel, au rythme des concerts.






