Psychanalyste britannique d'origine autrichienne (1882-1960), pionnière de la psychanalyse des enfants. Elle développa la théorie des relations d'objet et fut l'une des premières à analyser de très jeunes enfants par le jeu. Son œuvre influença profondément la psychiatrie infantile et la pensée psychanalytique.
Mélanie Klein(1882 — 1960)
Melanie Klein
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1882 : Naissance à Vienne dans une famille juive austro-hongroise
- 1919 : Premières communications sur l'analyse d'enfants devant la Société psychanalytique hongroise
- 1926 : Installation définitive à Londres et intégration à la Société britannique de psychanalyse
- 1932 : Publication de La Psychanalyse des enfants, œuvre théorique majeure
- 1946 : Élaboration de la théorie des positions schizo-paranoïde et dépressive
- 1960 : Décès à Londres, laissant une école kleinienne internationale
Œuvres & réalisations
Premier article publié de Klein, fondé sur l'observation de son propre fils. Il pose les jalons de sa méthode d'analyse par le jeu et inaugure l'idée que la psychanalyse peut s'appliquer aux très jeunes enfants.
Œuvre fondatrice de Klein, qui formalise la technique du jeu et développe sa théorie du développement psychique précoce. Cet ouvrage établit la psychanalyse infantile comme discipline à part entière, distincte de la pédagogie.
Article majeur dans lequel Klein introduit le concept de 'position dépressive', stade normal du développement infantile lié à la reconnaissance de l'ambivalence affective envers la mère. Texte fondateur de la théorie des relations d'objet.
Klein démontre que le travail de deuil chez l'adulte réactive la position dépressive infantile. Écrit après la mort de son fils, ce texte est l'un de ses essais les plus personnels et les plus cités dans la littérature analytique.
Klein y formalise la 'position paranoïde-schizoïde', première étape du développement psychique, caractérisée par le clivage et la projection. Cette notion influence profondément la compréhension analytique des états psychotiques.
Klein y distingue l'envie primaire (destructrice, dirigée contre le sein maternel dès la naissance) de la jalousie et de la cupidité. L'un de ses textes les plus controversés, qui prolonge et radicalise la théorie freudienne de la pulsion de mort.
Publié à titre posthume, ce livre retrace séance par séance l'analyse d'un enfant de dix ans ('Richard') conduite en Écosse en 1941. Document clinique unique dans l'histoire de la psychanalyse, il offre une fenêtre exceptionnelle sur sa méthode en actes.
Anecdotes
Mélanie Klein fut l'une des premières psychanalystes à analyser de très jeunes enfants, parfois dès l'âge de deux ans. Pour contourner les obstacles liés au langage, elle inventa la 'technique du jeu' : elle observait et interprétait la façon dont les enfants manipulaient de petits jouets disposés sur une table basse, y voyant l'équivalent des associations libres chez l'adulte. Cette méthode, révolutionnaire pour l'époque, est encore utilisée en pédopsychiatrie aujourd'hui.
Dans ses premiers travaux cliniques, Klein analysa ses propres enfants sous des pseudonymes. Son fils Erich figure dans ses écrits sous le prénom 'Fritz' : il fut le sujet de son premier article publié en 1921. Cette pratique, jugée aujourd'hui contraire à l'éthique professionnelle, suscitait déjà des critiques parmi ses contemporains, mais elle témoigne aussi de l'audace avec laquelle Klein explorait des territoires analytiques entièrement nouveaux.
À partir de 1941, la Société britannique de psychanalyse fut le théâtre d'un débat passionné connu sous le nom de 'Controversial Discussions'. D'un côté, Mélanie Klein et ses partisans ; de l'autre, Anna Freud, fille de Sigmund Freud, réfugiée à Londres depuis l'Anschluss. Les deux femmes défendaient des conceptions opposées de la psychanalyse des enfants, et leurs échanges laissèrent des cicatrices durables dans la communauté analytique britannique.
La propre fille de Mélanie Klein, Melitta Schmideberg, devint psychanalyste et rejoignit le camp d'Anna Freud lors des 'Controversial Discussions', attaquant publiquement les théories de sa mère lors de réunions officielles. Cette rupture familiale et intellectuelle, vécue douloureusement par Klein, illustre les tensions extrêmes qui traversaient le monde psychanalytique de l'époque.
Mélanie Klein continua d'exercer et d'écrire jusqu'à la fin de sa vie. Elle mourut à Londres en septembre 1960, à 78 ans, peu après avoir achevé la rédaction de 'Récit d'une analyse d'enfant', publié à titre posthume. Cet ouvrage retrace séance par séance l'analyse d'un enfant de dix ans surnommé 'Richard', conduite en Écosse en 1941 : un document clinique unique dans toute l'histoire de la psychanalyse.
Sources primaires
L'enfant apporte dans ses jeux les mêmes processus fondamentaux que l'adulte exprime par la parole lors de l'analyse ; le jeu constitue ainsi son langage naturel et son mode d'expression symbolique.
La technique du jeu est l'équivalent, chez l'enfant, de la technique des associations libres chez l'adulte. Par les jouets et le jeu, l'enfant représente symboliquement ses fantasmes, ses désirs et ses angoisses.
Je propose d'appeler 'position dépressive' le stade du développement où l'enfant reconnaît que la mère aimée et la mère frustrante sont un seul et même objet, engendrant ainsi un deuil et une culpabilité fondateurs.
Je propose que le deuil normal, tout comme les états maniaco-dépressifs pathologiques, est étroitement lié à la position dépressive infantile et constitue, chez tout adulte endeuillé, une réactivation de celle-ci.
L'envie est le sentiment en colère qu'une autre personne possède et jouit de quelque chose de désirable — l'impulsion envieuse étant de s'en emparer ou de le gâter.
Lieux clés
Ville natale de Mélanie Klein et berceau du mouvement psychanalytique fondé par Freud. C'est dans cet environnement intellectuel effervescent de la fin du XIXe siècle qu'elle grandit et forma sa sensibilité scientifique.
C'est à Budapest que Klein entama son analyse personnelle avec Ferenczi et commença à travailler avec de jeunes enfants. Elle y présenta ses premiers travaux à la Société psychanalytique hongroise en 1919, marquant le début de sa carrière.
Klein vécut et travailla à Berlin de 1921 à 1926, où elle fut analysée par Karl Abraham et développa sa technique du jeu auprès d'enfants berlinois. La mort d'Abraham en 1925 la laissa sans ancrage en Allemagne et l'inclina vers Londres.
Ville où Klein s'installa définitivement en 1926 et produisit l'essentiel de son œuvre. La Société britannique de psychanalyse, dont elle fut une figure centrale et controversée, devint le cadre de ses avancées théoriques majeures jusqu'à sa mort en 1960.
C'est dans cette région d'Écosse que Klein se réfugia lors des bombardements de Londres en 1941 et y conduisit l'analyse d'un enfant de dix ans surnommé 'Richard', consignée dans son ouvrage posthume 'Récit d'une analyse d'enfant'.
Objets typiques

Klein disposait sur une table basse de petits objets standardisés que l'enfant pouvait manipuler librement lors des séances. Ces jouets devenaient le support symbolique de ses angoisses et fantasmes inconscients, matière première de l'interprétation analytique.

Dans sa salle de consultation, une petite table à hauteur d'enfant délimitait l'espace thérapeutique. Cet aménagement spécifique était au cœur de sa technique : chaque enfant disposait de son propre tiroir fermé à clé, garantissant la confidentialité de son matériel entre les séances.

Klein consignait minutieusement ses observations de séances, séance après séance. Ses notes détaillées sur le cas de l'enfant 'Richard' forment la base de son ouvrage posthume 'Récit d'une analyse d'enfant', document clinique exceptionnel.

Héritage de la pratique freudienne, le divan était utilisé pour ses patients adultes. Il symbolise la continuité entre la psychanalyse classique et l'approche kleinienne, qui en radicalise et en prolonge les fondements théoriques.

Klein s'est nourrie des écrits de Freud, notamment de ses textes sur la pulsion de mort ('Au-delà du principe de plaisir', 1920) et le complexe d'Œdipe, dont elle a étendu et parfois contredit les thèses dans ses propres travaux.

Le monde psychanalytique du XXe siècle fonctionnait largement par échanges épistolaires et mémos internes. Les archives des 'Controversial Discussions' témoignent de l'intensité des débats théoriques que Klein menait par écrit autant qu'en séance plénière.
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Vie quotidienne
Matin
Mélanie Klein commençait ses journées tôt, recevant ses premiers patients adultes dès le matin dans son cabinet londonien. Elle accordait une importance capitale à la régularité des séances, convainquant que la stabilité du cadre thérapeutique était en soi un facteur de guérison.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré à des séances avec des enfants, dont la salle de jeu était aménagée séparément. Klein supervisait également des analystes en formation, transmettant sa méthode à une génération de praticiens qui allaient diffuser ses idées à travers le monde.
Soir
Les soirées étaient dédiées à la rédaction de ses articles et ouvrages, tâche à laquelle elle s'astreignit jusqu'à un âge avancé, ainsi qu'à la participation aux réunions théoriques et séminaires de la Société britannique de psychanalyse, dont les débats animés structuraient la vie intellectuelle de la communauté analytique londonienne.
Alimentation
Femme d'origine viennoise vivant à Londres, Klein partageait les habitudes alimentaires de la bourgeoisie intellectuelle mitteleuropéenne transplantée en Angleterre : repas structurés, cuisine d'Europe centrale. La culture du café viennois, dans laquelle elle avait forgé ses premières amitiés intellectuelles, marquait encore les rencontres de sa génération d'émigrés.
Vêtements
Klein s'habillait avec la sobriété élégante typique de la femme de lettres et de science de son époque : tailleurs sombres, tenue stricte et digne conforme à l'image du praticien médical, notamment lors de ses nombreuses conférences. Sa mise reflétait l'autorité et le sérieux qu'elle entendait incarner dans un monde professionnel largement dominé par les hommes.
Habitat
Klein vécut dans un appartement londonien confortable, dans des quartiers fréquentés par la bourgeoisie intellectuelle. Son domicile intégrait un cabinet de consultation séparé de l'espace familial, avec la salle de jeu spécialement équipée pour ses jeunes patients, ses petits meubles et ses tiroirs à jouets fermés à clé, conformément aux exigences de son cadre analytique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le développement d'un enfant
1921
La psychanalyse des enfants
1932
Contribution à l'étude de la psychogenèse des états maniaco-dépressifs
1935
Le deuil et ses rapports avec les états maniaco-dépressifs
1940
Notes sur quelques mécanismes schizoïdes
1946
Envie et gratitude
1957
Récit d'une analyse d'enfant
1961






