Melba Liston(1926 — 1999)

Melba Liston

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueXXe siècleL'âge d'or du jazz américain au XXe siècle, du swing et du bebop des années 1940-1950 jusqu'au hard bop et au jazz moderne.

Melba Liston (1926-1999) est une tromboniste, compositrice et arrangeuse de jazz américaine. Pionnière en tant que femme instrumentiste dans les big bands de l'ère du bebop, elle a collaboré avec Dizzy Gillespie, Count Basie et surtout le pianiste Randy Weston.

Questions fréquentes

Melba Liston (1926-1999) est une tromboniste, compositrice et arrangeuse de jazz américaine. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a percé dans un milieu presque exclusivement masculin à une époque où les femmes instrumentistes étaient très rares dans les big bands. Elle a collaboré avec des géants comme Dizzy Gillespie et Count Basie, mais sa longue complicité avec le pianiste Randy Weston a donné naissance à des œuvres majeures comme Uhuru Afrika (1960) et The Spirits of Our Ancestors (1991). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'était pas seulement une interprète de talent : ses arrangements exigeants et sa vision musicale ont durablement marqué le jazz moderne.

Faits marquants

  • Née le 13 janvier 1926 à Kansas City (Missouri), morte le 23 avril 1999 à Los Angeles
  • Rejoint l'orchestre de Gerald Wilson dès la fin des années 1940, puis tourne avec Dizzy Gillespie
  • Accompagne Billie Holiday et joue dans les orchestres de Count Basie et Quincy Jones
  • Devient l'une des rares femmes trombonistes et arrangeuses reconnues de l'ère bebop
  • Longue collaboration artistique avec le pianiste Randy Weston à partir des années 1950

Œuvres & réalisations

Melba Liston and Her 'Bones (1958)

Son unique album comme cheffe d'orchestre, où elle met en valeur la section de trombones et ses propres arrangements.

Little Niles (Randy Weston) (1958)

Premier grand projet de sa collaboration avec le pianiste Randy Weston, dont elle signe les arrangements raffinés.

Uhuru Afrika (Randy Weston) (1960)

Suite ambitieuse célébrant les indépendances africaines, sur des textes de Langston Hughes, entièrement arrangée par Liston.

Highlife (Randy Weston) (1963)

Album mêlant jazz et musiques d'Afrique de l'Ouest, où ses arrangements relient les deux mondes musicaux.

Tanjah (Randy Weston) (1973)

Nouvelle collaboration avec Weston, prolongeant leur exploration des liens entre jazz et héritage africain.

The Spirits of Our Ancestors (Randy Weston) (1991)

Œuvre tardive et monumentale composée avec Weston, considérée comme un sommet de leur partenariat.

Arrangements pour le big band de Dizzy Gillespie (1956-1957)

Partitions exigeantes écrites pour la tournée internationale du Département d'État, qui assoient sa réputation d'arrangeuse.

Anecdotes

Melba Liston reçoit son premier trombone vers l'âge de sept ans. Trop timide pour jouer devant les autres, elle apprend presque seule, à l'oreille, glissant la coulisse de l'instrument plus grand qu'elle. Quelques années plus tard, elle est déjà capable de tenir sa place dans des orchestres d'adultes.

En 1949, encore très jeune, Melba part en tournée dans le Sud des États-Unis avec la chanteuse Billie Holiday. Confrontée à la ségrégation raciale, aux salles hostiles et aux cachets misérables, elle est tellement découragée qu'elle quitte un temps le monde de la musique pour prendre un emploi de bureau.

Quand elle rejoint le big band de Dizzy Gillespie en 1956, plusieurs musiciens râlent à l'idée qu'une femme intègre la section de cuivres. Gillespie leur distribue alors les partitions très difficiles qu'elle a elle-même arrangées. Incapables de les déchiffrer du premier coup, les hommes comprennent vite à qui ils ont affaire et la respectent désormais.

Dans les années 1970, Melba Liston part vivre en Jamaïque pour enseigner à l'école de musique de Kingston. Elle y forme de jeunes musiciens et transmet son savoir d'arrangeuse, prouvant que son talent dépassait largement la scène américaine.

Victime d'un grave accident vasculaire cérébral en 1985, elle perd l'usage d'une partie de son corps et ne peut presque plus jouer du trombone. Refusant d'abandonner, elle apprend à composer et à arranger à l'aide d'un ordinateur, continuant à créer de la musique jusqu'à la fin de sa vie.

Sources primaires

To Be, or Not... to Bop — autobiographie de Dizzy Gillespie (avec Al Fraser) (1979)
Gillespie y raconte avoir engagé Melba Liston comme tromboniste et arrangeuse, et décrit comment ses collègues masculins, d'abord sceptiques, durent reconnaître la difficulté et la qualité de ses arrangements.
African Rhythms — autobiographie de Randy Weston (avec Willard Jenkins, Duke University Press) (2010)
Le pianiste Randy Weston, son partenaire artistique de toute une vie, y présente Melba Liston comme l'une des plus grandes arrangeuses et compositrices du jazz, soulignant leur longue collaboration de Little Niles à The Spirits of Our Ancestors.
Melba Liston and Her 'Bones — pochette et enregistrement de l'album (Metrojazz) (1958)
Seul disque enregistré par Melba Liston en tant que cheffe d'orchestre, mettant en avant la section de trombones et ses propres arrangements.

Lieux clés

Kansas City, Missouri

Ville natale de Melba Liston, foyer important du jazz et du swing dans les années 1920-1930.

Los Angeles, Californie

Ville de son adolescence et de sa formation musicale, où elle débute dans les orchestres et où elle s'éteint en 1999.

New York

Capitale du jazz où elle joue et arrange aux côtés de Dizzy Gillespie et de Randy Weston.

Kingston, Jamaïque

Ville où elle enseigne la musique dans les années 1970 et forme de jeunes musiciens.

Voir aussi