Melba Liston (1926-1999) est une tromboniste, compositrice et arrangeuse de jazz américaine. Pionnière en tant que femme instrumentiste dans les big bands de l'ère du bebop, elle a collaboré avec Dizzy Gillespie, Count Basie et surtout le pianiste Randy Weston.
Melba Liston(1926 — 1999)
Melba Liston
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 13 janvier 1926 à Kansas City (Missouri), morte le 23 avril 1999 à Los Angeles
- Rejoint l'orchestre de Gerald Wilson dès la fin des années 1940, puis tourne avec Dizzy Gillespie
- Accompagne Billie Holiday et joue dans les orchestres de Count Basie et Quincy Jones
- Devient l'une des rares femmes trombonistes et arrangeuses reconnues de l'ère bebop
- Longue collaboration artistique avec le pianiste Randy Weston à partir des années 1950
Œuvres & réalisations
Son unique album comme cheffe d'orchestre, où elle met en valeur la section de trombones et ses propres arrangements.
Premier grand projet de sa collaboration avec le pianiste Randy Weston, dont elle signe les arrangements raffinés.
Suite ambitieuse célébrant les indépendances africaines, sur des textes de Langston Hughes, entièrement arrangée par Liston.
Album mêlant jazz et musiques d'Afrique de l'Ouest, où ses arrangements relient les deux mondes musicaux.
Nouvelle collaboration avec Weston, prolongeant leur exploration des liens entre jazz et héritage africain.
Œuvre tardive et monumentale composée avec Weston, considérée comme un sommet de leur partenariat.
Partitions exigeantes écrites pour la tournée internationale du Département d'État, qui assoient sa réputation d'arrangeuse.
Anecdotes
Melba Liston reçoit son premier trombone vers l'âge de sept ans. Trop timide pour jouer devant les autres, elle apprend presque seule, à l'oreille, glissant la coulisse de l'instrument plus grand qu'elle. Quelques années plus tard, elle est déjà capable de tenir sa place dans des orchestres d'adultes.
En 1949, encore très jeune, Melba part en tournée dans le Sud des États-Unis avec la chanteuse Billie Holiday. Confrontée à la ségrégation raciale, aux salles hostiles et aux cachets misérables, elle est tellement découragée qu'elle quitte un temps le monde de la musique pour prendre un emploi de bureau.
Quand elle rejoint le big band de Dizzy Gillespie en 1956, plusieurs musiciens râlent à l'idée qu'une femme intègre la section de cuivres. Gillespie leur distribue alors les partitions très difficiles qu'elle a elle-même arrangées. Incapables de les déchiffrer du premier coup, les hommes comprennent vite à qui ils ont affaire et la respectent désormais.
Dans les années 1970, Melba Liston part vivre en Jamaïque pour enseigner à l'école de musique de Kingston. Elle y forme de jeunes musiciens et transmet son savoir d'arrangeuse, prouvant que son talent dépassait largement la scène américaine.
Victime d'un grave accident vasculaire cérébral en 1985, elle perd l'usage d'une partie de son corps et ne peut presque plus jouer du trombone. Refusant d'abandonner, elle apprend à composer et à arranger à l'aide d'un ordinateur, continuant à créer de la musique jusqu'à la fin de sa vie.
Sources primaires
Gillespie y raconte avoir engagé Melba Liston comme tromboniste et arrangeuse, et décrit comment ses collègues masculins, d'abord sceptiques, durent reconnaître la difficulté et la qualité de ses arrangements.
Le pianiste Randy Weston, son partenaire artistique de toute une vie, y présente Melba Liston comme l'une des plus grandes arrangeuses et compositrices du jazz, soulignant leur longue collaboration de Little Niles à The Spirits of Our Ancestors.
Seul disque enregistré par Melba Liston en tant que cheffe d'orchestre, mettant en avant la section de trombones et ses propres arrangements.
Lieux clés
Ville natale de Melba Liston, foyer important du jazz et du swing dans les années 1920-1930.
Ville de son adolescence et de sa formation musicale, où elle débute dans les orchestres et où elle s'éteint en 1999.
Capitale du jazz où elle joue et arrange aux côtés de Dizzy Gillespie et de Randy Weston.
Ville où elle enseigne la musique dans les années 1970 et forme de jeunes musiciens.
Objets typiques

Son instrument de prédilection, rare entre les mains d'une femme dans les big bands des années 1940-1950. Elle en maîtrisait la coulisse pour les longues mélodies graves comme pour les passages rapides du bebop.

Petit accessoire que l'on place dans le pavillon de l'instrument pour en feutrer le son. Liston s'en servait pour varier les couleurs sonores recherchées par le jazz de l'époque.

Feuilles couvertes de notes où elle répartissait la mélodie entre tous les pupitres de l'orchestre. Ses arrangements exigeants firent sa réputation auprès de Gillespie, Basie et Randy Weston.

Outils de base de l'arrangeuse pour noter chaque ligne d'instrument avant les répétitions. Elle y passait de longues heures de travail solitaire.

Après son accident vasculaire de 1985, elle apprit à composer et arranger à l'aide d'un ordinateur, contournant son handicap pour continuer à créer.

Tenue élégante qu'elle portait sur scène, contrastant avec les costumes sombres de ses collègues masculins. Sa simple présence en robe au milieu des cuivres marquait les esprits.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une arrangeuse de jazz se passe souvent au calme, penchée sur du papier à musique. Melba Liston y notait, ligne par ligne, la partie de chaque instrument avant les répétitions. Ce travail d'écriture, invisible du public, occupait une grande part de ses journées.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions avec l'orchestre, dans une salle ou un studio. Elle dirigeait les musiciens, corrigeait les passages difficiles et adaptait ses arrangements en écoutant le résultat. Comme tromboniste, elle s'exerçait aussi à la coulisse et au souffle.
Soir
Les soirées étaient le temps des concerts, dans les clubs, les théâtres ou les salles de bal. L'orchestre jouait souvent tard, devant un public venu danser ou écouter. Après le spectacle pouvaient s'improviser des jam sessions entre musiciens.
Alimentation
En tournée, l'alimentation des musiciens dépendait des villes traversées et, dans le Sud ségrégué, des rares lieux où des Noirs américains étaient acceptés. Repas rapides, sandwichs et nourriture prise sur la route rythmaient les longs déplacements en bus ou en train.
Vêtements
Sur scène, Melba Liston portait des robes élégantes, tranchant avec les costumes sombres de ses collègues masculins. À la ville, elle adoptait les tenues soignées des musiciens de jazz de son temps.
Habitat
Sa vie l'amena à habiter dans plusieurs lieux : Kansas City enfant, puis Los Angeles, New York au gré des engagements, et enfin Kingston en Jamaïque. La vie de musicienne signifiait de fréquents changements de logement et de longues périodes en tournée loin de chez soi.






