Mère Teresa(1910 — 1997)

Mère Teresa

Empire ottoman, Inde

9 min de lecture

SpiritualitéReligieux/seHumanitaireMystiqueXXe siècleLe XXe siècle est marqué par les guerres mondiales, la décolonisation et l'essor des organisations humanitaires internationales. L'Inde post-indépendance (1947) fait face à une pauvreté massive, notamment dans les bidonvilles de Calcutta.

Née en 1910 en Macédoine ottomane, Mère Teresa fonda en 1950 les Missionnaires de la Charité à Calcutta pour venir en aide aux plus pauvres. Icône mondiale de la compassion, elle reçut le prix Nobel de la paix en 1979 et fut canonisée en 2016.

Questions fréquentes

Mère Teresa, née Anjezë Gonxhe Bojaxhiu en 1910 à Skopje, est une religieuse catholique qui a fondé les Missionnaires de la Charité en 1950 à Calcutta. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a choisi de vivre au milieu des plus pauvres, partageant leur quotidien dans les bidonvilles. Moins une théologienne qu'une mystique de l'action, elle a incarné une spiritualité radicale du service, couronnée par le prix Nobel de la paix en 1979. Ce qu'il faut retenir, c'est que son rayonnement dépasse les frontières religieuses : elle est devenue une icône mondiale de la compassion, canonisée en 2016.

Citations célèbres

« Ce n'est pas ce que vous faites, mais combien d'amour vous y mettez. »
« Si vous jugez les gens, vous n'avez plus le temps de les aimer. »
« La paix commence par un sourire. »

Faits marquants

  • Née Anjezë Gonxhe Bojaxhiu le 26 août 1910 à Skopje (Empire ottoman, actuelle Macédoine du Nord)
  • Entre dans les ordres en 1928 et part enseigner en Inde, dont elle acquiert la nationalité en 1948
  • Fonde en 1950 la congrégation des Missionnaires de la Charité, qui compte aujourd'hui plus de 5 000 sœurs dans le monde
  • Reçoit le prix Nobel de la paix en 1979 pour son action auprès des plus démunis
  • Béatifiée en 2003 par Jean-Paul II, puis canonisée le 4 septembre 2016 par le pape François

Œuvres & réalisations

Fondation des Missionnaires de la Charité (1950)

Congrégation religieuse catholique vouée au service des 'plus pauvres parmi les pauvres', reconnue par Rome le 7 octobre 1950. Présente dans plus de 130 pays à sa mort, elle compte aujourd'hui plus de 5 000 sœurs.

Nirmal Hriday — Maison des mourants (1952)

Premier foyer d'accueil gratuit pour mourants abandonnés à Calcutta, permettant à des milliers de personnes de terminer leur vie dans la dignité, soignées et accompagnées spirituellement.

Shishu Bhavan — Maison pour enfants (1955)

Orphelinat et centre d'accueil pour enfants abandonnés, malnutris et handicapés fondé à Calcutta. Ce modèle sera dupliqué dans des dizaines de pays.

Come Be My Light (lettres spirituelles posthumes) (2007)

Recueil de lettres intimes de Mère Teresa publié après sa mort, révélant ses doutes profonds et sa 'nuit obscure de l'âme'. Document exceptionnel pour comprendre la vie spirituelle et la fragilité intérieure d'une figure considérée comme sainte.

Prix Nobel de la Paix (1979)

Reconnaissance internationale couronnant trente ans de travail auprès des déstitués de Calcutta. Dans son discours, elle plaide pour la dignité de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle.

No Greater Love (recueil de pensées et discours) (1997)

Compilation de textes, discours et méditations de Mère Teresa sur l'amour, la pauvreté et la vocation. Ouvrage de référence pour comprendre sa spiritualité et sa vision de l'engagement humanitaire.

Anecdotes

En 1946, alors qu'elle voyageait en train vers Darjeeling pour une retraite spirituelle, Mère Teresa raconta avoir reçu ce qu'elle appelait 'l'appel dans l'appel' : une voix intérieure lui demandant de quitter son couvent pour vivre parmi les plus pauvres. Elle décrivit cette expérience comme un ordre divin auquel elle ne pouvait pas résister.

En 1952, Mère Teresa trouva une femme mourante dévorée par les rats et les fourmis sur le trottoir de Calcutta. Refusée par plusieurs hôpitaux, elle la porta elle-même jusqu'à ce qu'un établissement l'accepte. Cet événement la convainquit de créer le Nirmal Hriday, maison d'accueil pour mourants, ouverte la même année.

Lors de la remise du prix Nobel de la Paix en 1979, Mère Teresa refusa le banquet traditionnel organisé en son honneur et demanda que les 192 000 couronnes norvégiennes prévues pour le repas soient reversées aux pauvres de Calcutta. Elle utilisa également l'intégralité du prix en argent pour financer ses œuvres.

Mère Teresa avait la réputation d'être une négociatrice redoutable. En 1982, pendant le siège de Beyrouth, elle obtint un cessez-le-feu temporaire entre l'armée israélienne et les forces palestiniennes pour évacuer 37 enfants handicapés mentaux coincés dans un hôpital en zone de combat. Les soldats des deux camps s'arrêtèrent de tirer le temps qu'elle accomplisse sa mission.

Ses lettres personnelles, publiées après sa mort dans l'ouvrage 'Come Be My Light' (2007), révélèrent qu'elle avait traversé près de 50 ans de 'nuit obscure de l'âme', se sentant intérieurement abandonnée par Dieu tout en continuant son œuvre. Cette révélation bouleversa l'image que le monde avait d'elle et suscita un immense débat théologique.

Sources primaires

Lettre de Mère Teresa à l'archevêque Périer de Calcutta (1947)
Je veux être libre uniquement pour Dieu. Je veux aimer Lui avec tout ce que je suis. Permettez-moi d'aller dans les rues pour servir les plus pauvres des pauvres.
Discours de remise du prix Nobel de la Paix (10 décembre 1979)
Je ressens que le plus grand destructeur de la paix aujourd'hui est l'avortement, parce que c'est une guerre directe, un meurtre direct par la mère elle-même. Et nous lisons dans les Écritures... si une mère peut tuer son propre enfant, qu'est-ce qui nous empêche de nous tuer les uns les autres ?
Come Be My Light — Lettres à ses directeurs spirituels (1959)
Dans mon âme, je ressens juste cette terrible douleur d'absence — Dieu ne me veut pas — Dieu n'est pas Dieu — Dieu n'existe pas.
Discours à la Conférence mondiale sur la femme, Pékin (1995)
La femme est la force de la famille. Si nous détruisons la femme, nous détruisons la famille. Et si nous détruisons la famille, nous détruisons le monde.
Constitution des Missionnaires de la Charité (1950)
Notre but est d'étancher la soif infinie de Jésus-Christ sur la croix pour les âmes, en travaillant pour le salut et la sanctification des plus pauvres des pauvres.

Lieux clés

Skopje, Macédoine du Nord

Ville natale d'Anjezë Bojaxhiu, où elle grandit dans une famille albanaise catholique profondément pieuse. C'est là que naît sa vocation lors d'excursions de jeunesse dans les faubourgs pauvres.

Nirmal Hriday, Calcutta (Kolkata), Inde

Première maison d'accueil pour mourants fondée par Mère Teresa en 1952, installée dans un ancien dharamsala attenant au temple de Kali. Des milliers de personnes y mourront dignement, soignées et accompagnées.

Maison mère des Missionnaires de la Charité, Calcutta

Siège mondial de la congrégation fondée en 1950, rue A.J.C. Bose Road. C'est ici que Mère Teresa vécut, pria, dirigea son œuvre et où son corps repose aujourd'hui, attirant des pèlerins du monde entier.

Oslo, Norvège — Hôtel de ville

Lieu de remise du prix Nobel de la Paix en décembre 1979. Mère Teresa y prononça un discours mémorable et refusa le banquet d'honneur, exigeant que les fonds soient redistribués aux pauvres de Calcutta.

Beyrouth, Liban

En 1982, pendant la guerre civile, Mère Teresa obtint un cessez-le-feu temporaire pour évacuer des enfants handicapés coincés entre les lignes de front. Cet épisode illustre son audace et son influence politique internationale.

Voir aussi