Miguel de Unamuno(1864 — 1936)
Miguel de Unamuno
Espagne
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Écrivain et philosophe espagnol, figure majeure de la Génération de 98. Recteur de l'université de Salamanque, il explore dans son œuvre l'angoisse existentielle et le « sentiment tragique de la vie ».
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Venceréis, pero no convenceréis»
« La fe que no duda es fe muerta»
Faits marquants
- Né en 1864 à Bilbao, mort en 1936 à Salamanque
- Nommé recteur de l'université de Salamanque en 1900
- Publie « Du sentiment tragique de la vie » en 1913
- Publie le roman « Niebla » (Brouillard) en 1914
- S'oppose publiquement aux franquistes en 1936, peu avant sa mort
Œuvres & réalisations
Recueil d'essais qui interroge l'identité profonde de l'Espagne et introduit sa notion d'« intrahistoire ».
Premier roman, nourri de ses souvenirs d'enfance du siège de Bilbao pendant la guerre carliste.
Relecture personnelle et passionnée du chef-d'œuvre de Cervantès, manifeste de son « quichottisme ».
Son grand essai philosophique sur le conflit entre la raison et le désir d'immortalité.
Roman novateur qu'il nomme « nivola », où le personnage se révolte contre son auteur.
Long poème religieux inspiré par le célèbre tableau du peintre, méditation sur la mort et la foi.
Court roman bouleversant sur un prêtre ayant perdu la foi mais la feignant pour ses paroissiens.
Anecdotes
Le 12 octobre 1936, en pleine guerre civile, le recteur Unamuno préside une cérémonie à l'université de Salamanque. Quand le général franquiste Millán-Astray lance « Vive la mort ! », le vieux philosophe se lève et répond : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas. » Menacé par les armes, il est aussitôt placé en résidence surveillée et meurt deux mois et demi plus tard.
Unamuno avait une passion étonnante : il pliait sans cesse des « pajaritas », ces petits oiseaux en papier. Il en fabriquait pendant ses conversations, en avait fait presque un art, et leur a même consacré des pages amusantes et savantes dans son œuvre.
Pour lire son cher philosophe danois Søren Kierkegaard dans le texte original, Unamuno apprit tout seul le danois. Il l'appelait affectueusement « mon frère Kierkegaard », tant leurs angoisses sur la foi et la mort se ressemblaient.
En 1924, le dictateur Primo de Rivera l'exile sur l'île aride de Fuerteventura, aux Canaries, pour avoir critiqué le régime. Unamuno s'en évade à bord d'un voilier français et passe plusieurs années en exil à Paris puis à Hendaye, juste de l'autre côté de la frontière, d'où il pouvait apercevoir son Espagne.
Professeur de grec ancien, Unamuno fut nommé recteur de la prestigieuse université de Salamanque à seulement 36 ans. Il occupa ou perdit ce poste plusieurs fois au gré des changements politiques, devenant la conscience inquiète de l'Espagne de son temps.
Sources primaires
L'homme de chair et d'os, celui qui naît, souffre et meurt — surtout qui meurt —, celui qui mange et boit, qui joue, dort, pense et aime, voilà le sujet et l'objet suprême à la fois de toute philosophie.
Le personnage Augusto Pérez, apprenant qu'il n'est qu'une créature de fiction, se révolte contre son auteur : « Vous aussi vous mourrez, monsieur de Unamuno, vous aussi, et vous retournerez au néant d'où vous êtes venu ! »
Le curé d'un village, qui a perdu la foi mais la feint pour ne pas désespérer ses paroissiens, confie son secret : qu'ils croient ce que lui-même ne peut plus croire.
« Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous avez plus que de reste de force brutale ; mais vous ne convaincrez pas, car convaincre signifie persuader. »
Lieux clés
Ville portuaire et industrielle du Pays basque où naquit Unamuno et où il vécut le siège de la guerre carliste.
Vénérable université où il fut professeur de grec et recteur, et théâtre de son affrontement célèbre de 1936. Il y vécut et y mourut.
Capitale où il fit ses études supérieures de philosophie et de lettres dans les années 1880.
Île désertique des Canaries où la dictature de Primo de Rivera l'exila en 1924, avant son évasion.
Ville française de la frontière basque où Unamuno passa la fin de son exil, le regard tourné vers l'Espagne.
Capitale française où il séjourna en exil après son évasion de Fuerteventura.






