Mikhaïl Ostrogradski(1801 — 1862)

Mikhaïl Ostrogradski

Empire russe

5 min de lecture

SciencesMathématicien(ne)ScientifiqueXIXe siècleEmpire russe du XIXe siècle, âge d'or des mathématiques européennes

Mathématicien et physicien russe (d'origine ukrainienne), figure majeure de l'école mathématique de Saint-Pétersbourg. Il est connu pour ses travaux en analyse mathématique, en mécanique et en physique mathématique, notamment le théorème de la divergence.

Questions fréquentes

Mikhaïl Ostrogradski (1801-1862) est un mathématicien et physicien russe d'origine ukrainienne, figure majeure de l'école de Saint-Pétersbourg. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a donné son nom au théorème de la divergence (ou théorème d'Ostrogradski-Gauss) en 1826, un outil fondamental qui relie le flux d'un champ à travers une surface à sa divergence dans le volume. Imagine que ce théorème est aujourd'hui incontournable en électromagnétisme et en mécanique des fluides : sans lui, on ne pourrait pas simplifier les équations de Maxwell ou calculer la portance d'une aile d'avion.

Faits marquants

  • Né en 1801 à Pachenna (Empire russe, actuelle Ukraine)
  • Étudie à Paris dans les années 1820, où il côtoie Cauchy, Laplace, Fourier et Poisson
  • Formule en 1826 le théorème de la divergence (théorème d'Ostrogradski-Gauss) reliant intégrale de volume et intégrale de surface
  • Élu à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg en 1830
  • Mort en 1862 à Poltava

Œuvres & réalisations

Théorème de la divergence (théorème d'Ostrogradski-Gauss) (1826)

Résultat fondamental reliant l'intégrale de la divergence d'un champ dans un volume au flux à travers la surface qui l'entoure ; pilier du calcul vectoriel et de la physique mathématique.

Mémoire sur la propagation de la chaleur (1826)

Travail dans lequel il établit et applique sa formule de transformation d'intégrales, dans le sillage des recherches de Fourier.

Mémoire sur le calcul des variations des intégrales multiples (1834)

Extension du calcul des variations aux intégrales multiples, prolongeant les méthodes d'Euler et de Lagrange.

Travaux sur la mécanique analytique et la dynamique (années 1830-1850)

Contributions à la mécanique rationnelle, dont le principe et la formule d'Ostrogradski-Hamilton liés au principe de moindre action.

Recherches sur l'intégration des fonctions rationnelles (méthode d'Ostrogradski) (1845)

Méthode algébrique permettant d'isoler la partie rationnelle de l'intégrale d'une fonction rationnelle, encore enseignée aujourd'hui.

Réforme de l'enseignement mathématique militaire (1840-1860)

Organisation et modernisation de la formation en mathématiques et en mécanique dans les écoles d'ingénieurs et d'artillerie de l'Empire russe.

Anecdotes

Jeune garçon, Ostrogradski rêvait de devenir officier militaire et s'intéressait peu aux études. C'est seulement après que son père l'inscrivit à l'université de Kharkov qu'il découvrit sa passion pour les mathématiques, au point d'y consacrer toute sa vie.

En 1822, il partit étudier à Paris, alors capitale mondiale des mathématiques, où il suivit les cours de géants comme Cauchy, Laplace, Fourier et Poisson. Cauchy lui-même le remarqua et cita ses travaux, ce qui était un immense honneur pour un jeune étranger.

Ostrogradski refusa de passer un examen de théologie obligatoire à Kharkov, ce qui lui valut de se voir refuser son diplôme. Il quitta alors la Russie pour Paris sans le titre universitaire qu'il méritait pourtant.

À Saint-Pétersbourg, il devint une véritable célébrité scientifique : on raconte qu'une mère, voulant motiver son fils paresseux, le menaçait en disant « Tu ne seras jamais comme Ostrogradski ! ». Son nom était devenu synonyme de génie mathématique en Russie.

Le célèbre écrivain Léon Tolstoï, alors étudiant, assista à certaines de ses leçons. Ostrogradski était un professeur réputé qui forma toute une génération de mathématiciens et d'ingénieurs militaires russes.

Sources primaires

Note sur la théorie de la chaleur (Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg) (1826)
Le mémoire établit, par transformation d'une intégrale de volume en intégrale de surface, une relation fondamentale entre le flux d'un champ à travers une surface fermée et sa divergence dans le volume qu'elle délimite.
Mémoire sur le calcul des variations des intégrales multiples (1834)
Ostrogradski y généralise les méthodes du calcul des variations aux intégrales multiples, prolongeant les travaux d'Euler et de Lagrange.
Cours de mécanique analytique (leçons à l'École du génie de Saint-Pétersbourg) (années 1830-1850)
Les leçons exposent les principes de la mécanique rationnelle appliqués à la formation des ingénieurs militaires de l'Empire.

Lieux clés

Pachenna (gouvernement de Poltava)

Village d'Ukraine où naquit Ostrogradski en 1801, dans une famille de petite noblesse terrienne.

Université de Kharkov

Établissement où il fit ses premières études supérieures et découvrit sa vocation mathématique.

Paris

Capitale mondiale des mathématiques où il étudia auprès de Cauchy, Laplace, Fourier et Poisson de 1822 à 1828.

Saint-Pétersbourg

Capitale impériale où il fut académicien et professeur, formant des générations d'ingénieurs et de mathématiciens russes.

Poltava

Ville d'Ukraine où il mourut en 1862, près de sa région natale.

Voir aussi