Murasaki Shikibu(970 — 1100)

Murasaki Shikibu

Japon

8 min de lecture

LettresÉcrivain(e)Poète(sse)Moyen ÂgeDit de Genji, premier roman de l'histoire (XIe siècle, Japon)

femme de lettres et poétesse japonaise de l’époque de Heian

Questions fréquentes

Murasaki Shikibu est une femme de lettres de l'époque Heian (Xe-XIe siècle) au Japon, surtout connue pour avoir écrit Le Dit de Genji, considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire mondiale. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a inventé un genre littéraire des siècles avant l'Europe, en décrivant les émotions et les pensées de ses personnages avec une profondeur inédite. Son œuvre, composée de 54 chapitres, suit la vie du prince Genji et de ses descendants à la cour impériale de Heian-kyō (Kyoto).

Faits marquants

  • Murasaki Shikibu naît vers 970 au Japon, dans une famille de la petite aristocratie cultivée de l'époque de Heian
  • Elle rédige vers 1000-1008 le Genji Monogatari (Le Dit du Genji), considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire de la littérature mondiale
  • Elle est nommée dame de compagnie de l'impératrice Shōshi à la cour impériale de Heian-kyō (Kyoto) vers 1005
  • Elle tient un journal intime, le Journal de Murasaki Shikibu (Murasaki Shikibu Nikki), témoignage précieux sur la vie à la cour impériale japonaise au début du XIe siècle
  • Son œuvre majeure compte 54 chapitres et met en scène le prince Genji, explorant avec finesse les émotions humaines et la société aristocratique japonaise

Œuvres & réalisations

Genji Monogatari (Le Dit de Genji) (vers 1008-1012)

Roman en 54 chapitres suivant la vie du prince Genji et de ses descendants à la cour Heian. Considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire de la littérature mondiale, il est aujourd'hui encore une œuvre canonique de la littérature japonaise.

Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu) (vers 1008-1010)

Journal intime relatant ses observations à la cour impériale, notamment les cérémonies entourant la naissance du prince héritier. Document historique et littéraire de premier ordre sur la vie aristocratique de l'époque Heian.

Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes) (vers 1000-1015)

Anthologie de quelque 128 poèmes waka composés par Murasaki Shikibu, témoignant de sa maîtrise de la poésie classique japonaise et de sa sensibilité aux thèmes de l'amour, du deuil et de la nature.

Anecdotes

Murasaki Shikibu n'est pas son vrai nom : c'est un surnom que lui ont donné ses contemporains à la cour impériale. 'Murasaki' désigne la couleur violet-pourpre, couleur d'un personnage central de son roman, et 'Shikibu' fait référence à la fonction de son père au ministère des Rites (Shikibu-shō). Son véritable prénom reste inconnu à ce jour.

Vers 1008, Murasaki Shikibu est engagée comme dame de compagnie de l'impératrice Shōshi. Dans son journal intime, elle décrit avec une lucidité mordante ses collègues de la cour, certaines qualifiées d'arrogantes ou de superficielles. Elle se peint elle-même comme réservée et souvent solitaire au milieu de l'agitation courtisane.

Murasaki Shikibu avait appris le chinois classique en écoutant les leçons données à son frère, car l'éducation savante était réservée aux garçons. Son père aurait dit, admiratif et résigné : 'Quel dommage que tu ne sois pas un fils !' La maîtrise du chinois était alors un signe de haute culture masculine ; la voir l'acquérir était jugé extraordinaire.

Le Genji Monogatari, qu'elle commença probablement après la mort prématurée de son mari Fujiwara no Nobutaka vers 1001, compte plus de 400 personnages et couvre plusieurs décennies. Rédigé en kana (écriture syllabique japonaise), il est considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire mondiale, près de sept siècles avant les romans européens du même type.

Une légende tardive raconte que Murasaki Shikibu aurait été punie après sa mort et condamnée aux enfers bouddhiques pour avoir composé des 'mensonges' dans son roman. Des moines du Ishiyama-dera organisèrent des prières pour son âme. Cette histoire illustre la tension entre la création littéraire féminine et les normes morales et religieuses de l'époque.

Sources primaires

Genji Monogatari (Le Dit de Genji) (vers 1008-1012)
La lune se couchait. Une tristesse indéfinissable s'empara du prince, qui contemplait les branches chargées de fleurs de cerisier, songeant combien tout est éphémère en ce monde.
Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu) (vers 1008-1010)
Je vois autour de moi des dames qui affectent de paraître savantes, citant des vers à tout propos. Moi, je préfère garder le silence et m'effacer, car trop se montrer est une forme de sottise.
Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes de Murasaki Shikibu) (vers 1000-1015)
Combien de nuits ai-je veillé, tandis que la lune glissait sur les eaux du lac, à chercher des mots pour dire ce que le cœur ne peut taire ?
Murasakishikibu Diary (traduction et commentaire de Richard Bowring) (1008 (événements décrits))
Elle note avec précision les cérémonies de la cour, les habits portés, les poèmes échangés, et les rivalités entre dames d'honneur lors de la naissance du prince impérial.

Lieux clés

Heian-kyō (Kyoto)

Capitale impériale du Japon où Murasaki Shikibu vécut et écrivit. C'est dans ses palais et jardins aristocratiques que se déroule la majeure partie du Genji Monogatari.

Palais impérial de Heian (Heian-gū)

Résidence de l'impératrice Shōshi où Murasaki Shikibu servit comme dame de compagnie à partir de 1008, et où elle rédigea une grande partie de son œuvre.

Temple Ishiyama-dera (Ōtsu, préfecture de Shiga)

Selon la tradition, c'est dans ce temple bouddhique au bord du lac Biwa que Murasaki Shikibu aurait commencé la rédaction du Genji Monogatari lors d'une retraite spirituelle. Un musée lui est aujourd'hui consacré sur place.

Province d'Echizen (actuelle préfecture de Fukui)

Région où Murasaki Shikibu accompagna brièvement son père lors de sa nomination comme gouverneur en 996. Cette période d'éloignement de la capitale alimenta sa nostalgie et sa sensibilité littéraire.

Sanctuaire Murasaki Shikibu (Kyoto, quartier de Rozan-ji)

Selon la tradition, la résidence familiale de Murasaki Shikibu était située à l'emplacement de l'actuel temple Rozan-ji à Kyoto, où un jardin lui est dédié.

Liens externes & ressources

Œuvres

Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu)

vers 1008-1010

Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes)

vers 1000-1015

Voir aussi