Portrait de Murasaki Shikibu

Murasaki Shikibu

Murasaki Shikibu

970 — 1100

Japon

LettresÉcrivain(e)Moyen ÂgeDit de Genji, premier roman de l'histoire (XIe siècle, Japon)

femme de lettres et poétesse japonaise de l’époque de Heian

Émotions disponibles (6)

N

Neutre

par défaut

I

Inspirée

P

Pensive

S

Surprise

T

Triste

F

Fière

Faits marquants

    Œuvres & réalisations

    Genji Monogatari (Le Dit de Genji) (vers 1008-1012)

    Roman en 54 chapitres suivant la vie du prince Genji et de ses descendants à la cour Heian. Considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire de la littérature mondiale, il est aujourd'hui encore une œuvre canonique de la littérature japonaise.

    Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu) (vers 1008-1010)

    Journal intime relatant ses observations à la cour impériale, notamment les cérémonies entourant la naissance du prince héritier. Document historique et littéraire de premier ordre sur la vie aristocratique de l'époque Heian.

    Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes) (vers 1000-1015)

    Anthologie de quelque 128 poèmes waka composés par Murasaki Shikibu, témoignant de sa maîtrise de la poésie classique japonaise et de sa sensibilité aux thèmes de l'amour, du deuil et de la nature.

    Anecdotes

    Murasaki Shikibu n'est pas son vrai nom : c'est un surnom que lui ont donné ses contemporains à la cour impériale. 'Murasaki' désigne la couleur violet-pourpre, couleur d'un personnage central de son roman, et 'Shikibu' fait référence à la fonction de son père au ministère des Rites (Shikibu-shō). Son véritable prénom reste inconnu à ce jour.

    Vers 1008, Murasaki Shikibu est engagée comme dame de compagnie de l'impératrice Shōshi. Dans son journal intime, elle décrit avec une lucidité mordante ses collègues de la cour, certaines qualifiées d'arrogantes ou de superficielles. Elle se peint elle-même comme réservée et souvent solitaire au milieu de l'agitation courtisane.

    Murasaki Shikibu avait appris le chinois classique en écoutant les leçons données à son frère, car l'éducation savante était réservée aux garçons. Son père aurait dit, admiratif et résigné : 'Quel dommage que tu ne sois pas un fils !' La maîtrise du chinois était alors un signe de haute culture masculine ; la voir l'acquérir était jugé extraordinaire.

    Le Genji Monogatari, qu'elle commença probablement après la mort prématurée de son mari Fujiwara no Nobutaka vers 1001, compte plus de 400 personnages et couvre plusieurs décennies. Rédigé en kana (écriture syllabique japonaise), il est considéré comme le premier roman psychologique de l'histoire mondiale, près de sept siècles avant les romans européens du même type.

    Une légende tardive raconte que Murasaki Shikibu aurait été punie après sa mort et condamnée aux enfers bouddhiques pour avoir composé des 'mensonges' dans son roman. Des moines du Ishiyama-dera organisèrent des prières pour son âme. Cette histoire illustre la tension entre la création littéraire féminine et les normes morales et religieuses de l'époque.

    Sources primaires

    Genji Monogatari (Le Dit de Genji) (vers 1008-1012)
    La lune se couchait. Une tristesse indéfinissable s'empara du prince, qui contemplait les branches chargées de fleurs de cerisier, songeant combien tout est éphémère en ce monde.
    Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu) (vers 1008-1010)
    Je vois autour de moi des dames qui affectent de paraître savantes, citant des vers à tout propos. Moi, je préfère garder le silence et m'effacer, car trop se montrer est une forme de sottise.
    Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes de Murasaki Shikibu) (vers 1000-1015)
    Combien de nuits ai-je veillé, tandis que la lune glissait sur les eaux du lac, à chercher des mots pour dire ce que le cœur ne peut taire ?
    Murasakishikibu Diary (traduction et commentaire de Richard Bowring) (1008 (événements décrits))
    Elle note avec précision les cérémonies de la cour, les habits portés, les poèmes échangés, et les rivalités entre dames d'honneur lors de la naissance du prince impérial.

    Lieux clés

    Heian-kyō (Kyoto)

    Capitale impériale du Japon où Murasaki Shikibu vécut et écrivit. C'est dans ses palais et jardins aristocratiques que se déroule la majeure partie du Genji Monogatari.

    Palais impérial de Heian (Heian-gū)

    Résidence de l'impératrice Shōshi où Murasaki Shikibu servit comme dame de compagnie à partir de 1008, et où elle rédigea une grande partie de son œuvre.

    Temple Ishiyama-dera (Ōtsu, préfecture de Shiga)

    Selon la tradition, c'est dans ce temple bouddhique au bord du lac Biwa que Murasaki Shikibu aurait commencé la rédaction du Genji Monogatari lors d'une retraite spirituelle. Un musée lui est aujourd'hui consacré sur place.

    Province d'Echizen (actuelle préfecture de Fukui)

    Région où Murasaki Shikibu accompagna brièvement son père lors de sa nomination comme gouverneur en 996. Cette période d'éloignement de la capitale alimenta sa nostalgie et sa sensibilité littéraire.

    Sanctuaire Murasaki Shikibu (Kyoto, quartier de Rozan-ji)

    Selon la tradition, la résidence familiale de Murasaki Shikibu était située à l'emplacement de l'actuel temple Rozan-ji à Kyoto, où un jardin lui est dédié.

    Objets typiques

    Pinceau et encre de Chine (fude et sumi)

    Outils d'écriture fondamentaux de Murasaki Shikibu, utilisés pour calligraphier les rouleaux du Genji Monogatari et ses poèmes waka. La qualité du trait calligraphique était à la cour un signe de raffinement et de culture.

    Rouleau de papier washi

    Les textes étaient rédigés sur des rouleaux de papier artisanal japonais (washi), souvent teinté ou parfumé. Le Genji Monogatari original circulait sous forme de ces rouleaux copiés à la main et distribués entre dames de la cour.

    Koto (cithare japonaise)

    Instrument de musique à cordes présent dans toutes les scènes aristocratiques du Genji Monogatari. Murasaki Shikibu, comme les dames de la cour Heian, était formée à sa pratique, indissociable de l'éducation féminine raffinée.

    Jūni-hitoe (douze robes superposées)

    Costume cérémoniel féminin de la cour Heian, composé de nombreuses couches de soie aux couleurs assorties selon les saisons. Murasaki Shikibu décrit avec précision ces tenues dans son journal comme indicateurs du rang et du goût de chaque dame.

    Éventail peint (sensu)

    Accessoire de communication courtisane : on y glissait des poèmes, on les échangeait comme cartes de visite ou messages amoureux. Ils apparaissent fréquemment dans les échanges entre personnages du Genji Monogatari.

    Encensoir et encens (kōdō)

    L'art du parfum (kōdō) était central à la vie de cour Heian. Les personnages du Genji Monogatari sont souvent identifiés à leur parfum personnel ; Murasaki Shikibu décrit l'encens comme une composante essentielle du séduction et de la présence sociale.

    Programmes scolaires

    Vocabulaire & tags

    Vocabulaire clé

    Tags

    lettres

    Vie quotidienne

    Matin

    Murasaki Shikibu se levait au lever du soleil, après des nuits souvent courtes dues aux veillées et cérémonies nocturnes de la cour. Elle pratiquait des dévotions bouddhiques, récitait des sutras et préparait son encre avant de calligraphier poèmes ou chapitres de son roman sur des rouleaux de papier washi soigneusement choisi.

    Après-midi

    Les après-midis étaient consacrés à ses fonctions de dame de compagnie auprès de l'impératrice Shōshi : lecture à voix haute, composition de poèmes waka pour les échanges épistolaires de la cour, participation aux cérémonies saisonnières et aux concours littéraires. Elle observait avec acuité les intrigues et comportements de ses collègues.

    Soir

    Les soirées et nuits étaient le temps de l'écriture personnelle, à la lueur des lampes à huile. Murasaki Shikibu rédigeait les scènes du Genji Monogatari ou consignait ses observations dans son journal. La cour animait aussi concerts, récitations poétiques, et jeux autour de la lune ou des floraisons nocturnes.

    Alimentation

    L'alimentation aristocratique Heian était sobre et ritualisée : riz blanc, bouillons de légumes, champignons, algues, poissons séchés ou grillés, fruits de saison. Les repas étaient servis dans une vaisselle laquée raffinée, et la présentation visuelle des mets était aussi importante que leur goût, selon l'esthétique courtisane.

    Vêtements

    Murasaki Shikibu portait le jūni-hitoe, ensemble de douze robes de soie superposées aux couleurs graduées évoquant les saisons et la nature. La combinaison de teintes, visible aux poignets et à l'encolure, signalait le rang, le goût et la sensibilité esthétique de la dame. L'entretien et l'harmonie de ces robes exigeaient une attention constante.

    Habitat

    Elle résidait dans un pavillon en bois du palais impérial de Heian-kyō, composé de pièces ouvertes sur des jardins intérieurs séparées par des écrans peints et des rideaux de soie. Les dames de la cour vivaient dans ces espaces semi-publics où la séparation entre intérieur et extérieur, entre visible et caché, était codifiée par l'étiquette.

    Frise contextuelle

    794La capitale impériale est transférée à Heian-kyō (Kyoto), marquant le début de la période Heian.
    858Le clan Fujiwara prend le contrôle effectif du pouvoir en devenant régents (kampaku) des empereurs enfants.
    905Compilation du Kokinshū, premier grand recueil officiel de poèmes japonais (waka), qui définit l'esthétique de la cour Heian.
    970Naissance probable de Murasaki Shikibu, dans une famille de lettrés mineurs du clan Fujiwara.
    996Son père, Fujiwara no Tametoki, est nommé gouverneur de la province d'Echizen ; Murasaki l'accompagne brièvement.
    998Mariage de Murasaki Shikibu avec Fujiwara no Nobutaka, plus âgé qu'elle de plusieurs décennies.
    1001Mort de son mari ; Murasaki Shikibu entre dans une période de deuil et commence vraisemblablement la rédaction du Genji Monogatari.
    1008Murasaki Shikibu entre au service de l'impératrice Shōshi à la cour impériale ; elle commence la rédaction de son journal.
    1008Naissance du futur empereur Go-Ichijō, fils de l'impératrice Shōshi, événement central de son journal.
    1010Date approximative de la fin de la rédaction du Journal de Murasaki Shikibu.
    vers 1012Mort probable de Murasaki Shikibu ; date et circonstances inconnues.
    1008-1020Diffusion manuscrite du Genji Monogatari dans les cercles aristocratiques de la cour Heian.
    XIe s.Sei Shōnagon, rivale littéraire de Murasaki à la cour, rédige Notes de chevet (Makura no Sōshi), autre chef-d'œuvre de la littérature Heian.

    Vocabulaire d'époque

    Mono no aware (もののあわれ)Expression japonaise désignant la sensibilité à l'éphémère des choses et la douce mélancolie que suscite leur beauté passagère. C'est le sentiment esthétique fondamental du Genji Monogatari et de toute la littérature Heian.
    Waka (和歌)Poème classique japonais de 31 syllabes, composé de cinq vers (5-7-5-7-7). À la cour Heian, savoir composer et échanger des waka spontanément était une compétence sociale indispensable.
    Kana (仮名)Système d'écriture syllabique japonais, utilisé notamment par les femmes de la cour car le chinois classique était réservé aux hommes lettrés. Murasaki Shikibu rédigea son roman en kana, ce qui contribua à forger la prose littéraire japonaise.
    Monogatari (物語)Genre littéraire japonais signifiant littéralement 'récit de choses'. Les monogatari mêlent prose narrative et poèmes waka ; le Genji Monogatari est le chef-d'œuvre absolu de ce genre.
    Miyabi (雅)Idéal de raffinement, d'élégance et de grâce propre à la cour Heian. Avoir du miyabi, c'est posséder la sensibilité esthétique, la culture et la délicatesse attendues d'un aristocrate ou d'une dame de cour.
    Kampaku (関白)Titre du régent qui gouvernait au nom de l'empereur adulte, monopolisé par le clan Fujiwara à l'époque de Murasaki Shikibu. Le père de l'impératrice Shōshi, Fujiwara no Michinaga, était le kampaku le plus puissant de l'histoire du Japon.
    Nikki (日記)Journal intime ou mémoires, genre littéraire très pratiqué à la cour Heian, surtout par les femmes. Les nikki mêlent récit personnel, poèmes et réflexions, et constituent aujourd'hui des documents historiques précieux sur la vie de cour.
    Jūni-hitoe (十二単)Costume cérémoniel féminin de la cour Heian composé de nombreuses couches de robes de soie superposées (pouvant peser jusqu'à 20 kg). La combinaison des couleurs, codifiée selon les saisons, était un langage esthétique en soi.
    Heian (平安)Mot signifiant 'paix et tranquillité', nom donné à la période 794-1185 et à la capitale Heian-kyō (actuelle Kyoto). Cette ère est considérée comme l'âge d'or de la culture aristocratique et littéraire japonaise.

    Galerie

    Murasaki Shikibu Nikki Emaki (Hachisuka - painting 1)

    Murasaki Shikibu Nikki Emaki (Hachisuka - painting 1)

    Tosa Mitsuoki—Portrait of Murasaki Shikibu

    Tosa Mitsuoki—Portrait of Murasaki Shikibu

    Lady Murasaki, Tosa school painting, Honolulu Museum of Art accession 5264.1

    Lady Murasaki, Tosa school painting, Honolulu Museum of Art accession 5264.1

    Lady Murasaki, Tosa school painting, Honolulu Museum of Art accession 5264.2

    Lady Murasaki, Tosa school painting, Honolulu Museum of Art accession 5264.2

    Portrait of Murasaki Shikibu 04 02

    Portrait of Murasaki Shikibu 04 02

    Tosa Mitsuoki 001

    Tosa Mitsuoki 001

    Jidai Matsuri 2009 477

    Jidai Matsuri 2009 477

    Murasaki Shikibu 1876

    Murasaki Shikibu 1876

    
The Poetress Murasaki Shikibu with a poem about the moon at midnight (image 1 of 2)

    The Poetress Murasaki Shikibu with a poem about the moon at midnight (image 1 of 2)

    Murasaki Shikibu, from Four Companions of the Writing Studio of the Ichiyo Circle, by Yashima Gakutei, Japan, Edo period, c. 1827 AD, woodblock print - Sackler Museum - Harvard University - DSC01706

    Murasaki Shikibu, from Four Companions of the Writing Studio of the Ichiyo Circle, by Yashima Gakutei, Japan, Edo period, c. 1827 AD, woodblock print - Sackler Museum - Harvard University - DSC01706

    Style visuel

    Esthétique Yamato-e de la cour Heian : peinture japonaise médiévale aux pigments minéraux riches, figures en robes superposées, jardins sous la lune et calligraphie raffinée.

    #6B3A5A
    #C8A97E
    #2C4A3E
    #E8D5B0
    #1A1A2E
    Prompt IA
    Heian-period Japanese court painting style, Yamato-e aesthetic with flat perspective and rich mineral pigments. Scenes depicted from above through rooftops (fukinuki yatai technique). Aristocratic figures in elaborate layered silk robes (jūni-hitoe) with cascading color gradients. Moonlit garden courtyards with cherry blossoms and pine trees. Ink calligraphy on decorated washi paper. Soft gold leaf accents, deep indigo and crimson backgrounds. Women with long black hair partially concealing their faces behind painted fans and screens. Contemplative mood, melancholy, impermanence (mono no aware).

    Ambiance sonore

    Une atmosphère feutrée et raffinée de cour impériale japonaise médiévale, entre froissements de soie, musique de koto et pluie sur les jardins palatiaux.

    Prompt IA
    Soft rustling of silk robes layered one upon another as ladies move through wooden palace corridors. Distant koto strings plucked in an inner chamber, slow and contemplative. Wind moving through pine and cherry blossom trees in a moonlit courtyard. A brush gently scratching paper, the quiet drip of ink being prepared on a grinding stone. Distant temple bells echoing across the lake at dusk. Crickets and frogs at night near the palace gardens. Hushed voices of court ladies whispering behind painted screens. Rain falling softly on a tiled roof.

    Source du portrait

    Wikimedia Commons

    Aller plus loin

    Œuvres

    Murasaki Shikibu Nikki (Journal de Murasaki Shikibu)

    vers 1008-1010

    Murasaki Shikibu Shū (Recueil de poèmes)

    vers 1000-1015