Nadine Gordimer
Nadine Gordimer
1923 — 2014
Afrique du Sud
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Premier roman de Gordimer, autobiographique, qui suit l'éveil politique d'une jeune femme blanche confrontée aux absurdités de la société sud-africaine ségréguée.
Roman interdit en Afrique du Sud pendant 12 ans en raison de sa représentation des relations amicales entre Blancs et Noirs, tabou sous l'apartheid.
Co-lauréat du prix Booker, ce roman explore la psychologie d'un propriétaire blanc refusant d'admettre l'effondrement inéluctable du pouvoir blanc en Afrique du Sud.
Chef-d'œuvre censuré dès sa parution, il raconte la fille d'un militant communiste blanc emprisonné, déchirée entre sa propre vie et l'héritage politique de son père.
Roman dystopique imaginant l'effondrement du régime blanc, où une famille blanche bourgeoise se retrouve dépendante de son ancien domestique noir pour survivre.
Publié l'année des premières élections libres, ce roman interroge les nouvelles identités et la reconstruction d'une société post-apartheid, entre espoir et désillusion.
Roman ancré dans l'Afrique du Sud démocratique, qui explore la violence ordinaire et la criminalité croissante comme séquelles psychologiques de décennies d'apartheid.
Anecdotes
À l'âge de 9 ans, Nadine Gordimer fut retirée de l'école par sa mère sous prétexte d'une maladie cardiaque, probablement inventée. Isolée chez elle pendant des années, elle trouva refuge dans la lecture et l'écriture, publiant sa première nouvelle à seulement 15 ans dans un magazine pour enfants sud-africain.
Plusieurs de ses romans furent interdits en Afrique du Sud par le régime de l'apartheid, dont 'Un monde d'étrangers' (1958) et 'Fille de Burger' (1979). Ce dernier fut censuré quelques mois seulement après sa publication, ce qui provoqua un scandale international et paradoxalement assura sa diffusion mondiale.
En 1991, lorsqu'elle apprit qu'elle recevait le prix Nobel de littérature, Nadine Gordimer l'annonça d'abord à son employée de maison. Elle déclara que cette femme noire, qui avait partagé sa vie quotidienne pendant des décennies, méritait d'être la première informée — un geste symbolique fort dans un pays encore en train de sortir de l'apartheid.
Nadine Gordimer était une amie proche de Nelson Mandela et l'aida à rédiger son célèbre discours de défense lors du procès de Rivonia en 1964, qui se conclut par la phrase 'C'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir'. Elle milita toute sa vie au sein de l'ANC, au risque de sa propre liberté.
Après l'abolition de l'apartheid en 1994, Gordimer continua à écrire de façon engagée sur les nouvelles inégalités de l'Afrique du Sud post-apartheid, la corruption, et l'épidémie de VIH/SIDA. Elle refusa de se taire une fois la démocratie obtenue, considérant que le combat pour la justice sociale était permanent.
Sources primaires
«L'écrivain est toujours en train de chercher ce qu'est l'humanité dans sa complexité, au-delà de ce que la société permet d'exprimer.»
«Je suis la fille de Burger. Il ne peut y avoir d'autre définition de moi-même que celle-là , à ce moment de ma vie.»
«L'apartheid nous a tous déformés, Blancs et Noirs. Il a créé des êtres humains qui n'auraient jamais dû exister sous cette forme.»
«Que savait-elle de lui? Après quinze ans, il restait à une certaine distance — la distance que tout gardait entre eux.»
«Un écrivain censuré dans son propre pays n'est pas seulement blessé dans sa liberté d'expression; c'est la réalité même de son peuple qui est niée.»
Lieux clés
Ville minière où Nadine Gordimer est née en 1923. Cette communauté de colons blancs vivant au-dessus des mines d'or constitue le décor de ses premières observations sur la ségrégation raciale.
Ville où Gordimer vécut la majeure partie de sa vie d'adulte. La métropole cosmopolite et ségréguée de Johannesburg est le cœur battant de la plupart de ses romans.
Township où vivaient des millions de Sud-Africains noirs sous l'apartheid. Gordimer y rendit visite à des amis et militants, nourrissant son témoignage littéraire de la réalité de la ségrégation.
Ville où Gordimer reçut le prix Nobel de littérature en décembre 1991, devant une audience internationale. Son discours insista sur le rôle moral de l'écrivain face aux injustices.
Île-prison où Nelson Mandela fut emprisonné pendant 18 ans. Gordimer, liée à Mandela, a évoqué ce lieu dans son œuvre comme symbole de la résistance à l'oppression.
Objets typiques
Gordimer écrivait quotidiennement sur une machine à écrire puis sur ordinateur. L'écriture était pour elle une discipline quotidienne et un acte de résistance politique.
Plusieurs de ses propres romans figuraient sur les listes d'œuvres censurées par le régime de l'apartheid, symboles du pouvoir de la littérature face à l'oppression.
Gordimer militait au sein du Congrès national africain (ANC), le mouvement antiaparthei de Mandela, à une époque où cette appartenance était illégale et dangereuse pour une Blanche.
Elle collectionnait coupures de journaux et rapports de police sur les violations des droits humains, matière première documentaire de ses romans engagés.
Gordimer tenait des carnets d'observations sur la vie quotidienne à Johannesburg, notant les contradictions sociales et raciales qui alimentaient son écriture réaliste.
Reçu en 1991, ce prix récompensait l'ensemble d'une œuvre indissociable du combat contre l'apartheid, faisant de Gordimer une voix mondiale pour les droits humains.
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Vie quotidienne
Matin
Nadine Gordimer se levait tôt dans sa maison de Johannesburg et consacrait les premières heures du matin à l'écriture, considérant ce moment comme le plus fertile intellectuellement. Elle travaillait avec discipline, souvent plusieurs heures d'affilée, avant que les obligations sociales et politiques ne commencent.
Après-midi
L'après-midi était souvent dédié à des rencontres avec des militants de l'ANC, des intellectuels et des journalistes, parfois clandestinement à une époque où ces réunions étaient illégales. Elle lisait abondamment — littérature mondiale, philosophie, rapports politiques — pour nourrir son écriture.
Soir
Les soirées de Gordimer se déroulaient fréquemment lors de dîners avec des amis artistes, écrivains et universitaires de toutes races dans son salon de Johannesburg — un geste transgressif en soi dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, où la mixité sociale était illégale.
Alimentation
Gordimer menait une vie bourgeoise typique des Blancs sud-africains aisés, avec une cuisine familiale variée incluant des influences juives ashkénazes héritées de ses parents. Elle recevait régulièrement à dîner, la table étant un lieu de sociabilité intellectuelle et politique.
VĂŞtements
Gordimer s'habillait avec une élégance simple et sans ostentation, reflétant son identité de femme intellectuelle engagée plutôt que mondaine. Sa tenue sobre et soignée correspondait à l'image d'une écrivaine sérieuse, loin des conventions de la haute société blanche sud-africaine.
Habitat
Elle vécut pendant des décennies dans une maison confortable du quartier aisé de Parktown à Johannesburg, entourée de livres et d'œuvres d'art africain. Cette maison, avec son jardin, était à la fois son refuge d'écriture et un espace de résistance où elle organisait des réunions mixtes illégales.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Annual report
Nadine Gordimer
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Anales de la Sociedad CientĂfica Argentina
Style visuel
Esthétique documentaire en noir et blanc inspirée de la photographie sud-africaine des années 1950-1990, avec la lumière dorée du Highveld, l'architecture des townships et la tension visuelle entre opulence blanche et pauvreté noire.
Prompt IA
Visual style inspired by apartheid-era South Africa: high-contrast black-and-white photography aesthetic reminiscent of David Goldblatt and Ernest Cole, dusty golden light of the Highveld plateau, corrugated iron townships against red earth, elegant white suburban homes with jacaranda trees in purple bloom, segregated public spaces with signs in Afrikaans and English, newsprint textures and censored newspaper columns with black redactions, muted earth tones contrasting with flashes of ANC green and gold, worn leather-bound books, and the austere interiors of apartheid-era courtrooms.
Ambiance sonore
Ambiance sonore de Johannesburg sous l'apartheid : bruit des mines d'or, musique des townships, cliquetis d'une machine à écrire et tension sourde de la vie sous ségrégation.
Prompt IA
Soundscape of Johannesburg in the mid-20th century: distant rumble of gold mine machinery and shaft elevators, township music drifting through corrugated iron walls (pennywhistle jive, early mbaqanga rhythms), the clatter of a manual typewriter in a quiet study, police sirens echoing through segregated streets, the murmur of a clandestine political meeting at night, garden birds at dawn in a white suburb, crackling radio broadcasts of government announcements, and the subdued voices of domestic workers speaking Zulu or Sotho in a kitchen.
Source du portrait
Wikimedia Commons — CC BY 3.0 — Boberger — 2010
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Un monde d'étrangers (A World of Strangers)
1958
The Conservationist
1974
Fille de Burger (Burger's Daughter)
1979
July's People
1981
None to Accompany Me
1994



