Nan Goldin est une photographe américaine née en 1953, célèbre pour ses portraits intimes et sans fard de ses proches, de la scène underground new-yorkaise, de la communauté LGBT et des ravages de la drogue et du sida. Son œuvre a redéfini la photographie autobiographique et documentaire.
Nan Goldin(1953 — ?)
Nan Goldin
États-Unis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« For me it is not a detachment to take a picture. It's a way of touching somebody — it's a caress.»
Faits marquants
- Née le 12 septembre 1953 à Washington, D.C.
- Réalise dès 1979 son diaporama emblématique *The Ballad of Sexual Dependency* (Ballade de la dépendance sexuelle), publié en livre en 1986
- Documente la scène underground new-yorkaise, la communauté LGBT et la crise du sida dans les années 1980-1990
- Fonde en 2017 le collectif P.A.I.N. pour dénoncer le rôle de la famille Sackler et des opioïdes dans la crise des overdoses
- Son combat est au cœur du documentaire *All the Beauty and the Bloodshed* (2022), Lion d'or à Venise
Œuvres & réalisations
Diaporama puis livre culte mêlant centaines de photographies et musique ; œuvre fondatrice de la photographie intime contemporaine.
Autoportrait au visage tuméfié, dénonciation crue des violences conjugales, devenu une image iconique.
Exposition collective qu'elle organise pour témoigner de la dévastation causée par le sida dans le milieu artistique.
Série et livre consacrés à ses amis drag queens et transgenres, célébrant leur identité avec tendresse et dignité.
Rétrospective au Whitney Museum et catalogue rassemblant deux décennies de son travail photographique.
Installation vidéo profondément personnelle évoquant le suicide de sa sœur Barbara et sa propre histoire.
Documentaire de Laura Poitras, co-construit avec Goldin, retraçant sa vie et son combat contre les Sackler ; Lion d'or à Venise.
Anecdotes
En 1985, Nan Goldin transforme un diaporama qu'elle projetait dans les bars et clubs underground de New York en une œuvre majeure : « La Ballade de la dépendance sexuelle ». Pendant des années, elle l'a montré en direct, changeant l'ordre des images et la musique à chaque projection, comme un journal intime vivant.
Goldin a commencé à photographier à 18 ans, après le suicide de sa sœur aînée Barbara quand Nan avait 11 ans. Elle a expliqué que prendre des photos de ses proches était sa manière de ne plus jamais perdre quelqu'un sans en garder la mémoire, de refuser l'oubli et le silence imposés par sa famille.
En 1984, son compagnon la frappe violemment au visage, manquant de lui faire perdre la vue. Quelques jours plus tard, elle se photographie elle-même, le visage tuméfié et l'œil injecté de sang : « Nan un mois après avoir été battue » est devenu l'une de ses images les plus célèbres, un témoignage sans complaisance sur les violences conjugales.
À partir de 2017, après avoir survécu à une addiction à un antidouleur opioïde (l'OxyContin), Goldin fonde le collectif P.A.I.N. Elle organise des manifestations spectaculaires dans les plus grands musées du monde (Louvre, Guggenheim, Metropolitan), jetant de fausses ordonnances dans les bassins pour dénoncer la famille Sackler, fabricant du médicament, dont le nom ornait les murs de ces institutions.
Beaucoup des amis qu'elle a photographiés dans les années 1980 sont morts du sida. Goldin a continué à exposer leurs portraits, transformant son œuvre en mémorial d'une génération décimée par l'épidémie, à une époque où la maladie était entourée de honte et de silence.
Sources primaires
« Pour moi, prendre une photographie ne consiste pas à regarder, c'est toucher. C'est une caresse. […] Il n'y a pas de séparation entre moi et ce que je photographie. »
« J'ai été accro à l'OxyContin pendant trois ans. […] Je veux faire tomber les Sackler. Je veux que leur nom soit retiré des murs des musées. »
« Le mauvais souvenir, c'est ce qui te tue. C'est le silence qui détruit les familles. »
Lieux clés
Ville de naissance de Nan Goldin en 1953, où elle grandit dans une banlieue de la classe moyenne avant de fuir un foyer marqué par le drame familial.
Ville où, adolescente, elle découvre la photographie et fréquente les communautés drag. Elle y étudie à la School of the Museum of Fine Arts.
Quartier underground de Manhattan où elle s'installe à la fin des années 1970. Cœur de sa vie et de son œuvre, peuplé d'artistes, de musiciens et de marginaux.
Musée qui projette son diaporama en 1985 et lui consacre une grande rétrospective en 1996, consacrant sa reconnaissance artistique.
Symbole de son combat militant : sous la pression du collectif P.A.I.N. qu'elle dirige, le Louvre devient en 2019 le premier grand musée à retirer le nom des Sackler.
Ville où Goldin a vécu et travaillé à plusieurs reprises, prolongeant son exploration des scènes nocturnes et des marges urbaines en Europe.
Objets typiques

Outil quotidien de Goldin, qu'elle gardait toujours sur elle pour saisir ses proches dans l'instant. Le grain et les couleurs de la pellicule donnent à ses images leur atmosphère intime et chaleureuse.

Appareil avec lequel elle projetait « La Ballade de la dépendance sexuelle » dans les bars et galeries. Il permettait de faire défiler des centaines d'images sur une bande-son, créant une expérience proche du cinéma.

Goldin privilégiait la couleur saturée à une époque où la photo d'art noir et blanc dominait. Les tirages Cibachrome offraient des teintes intenses qui amplifiaient l'émotion de ses scènes.

Antidouleur opioïde qui provoqua l'addiction de Goldin et de millions d'Américains. Il devint le symbole de son combat militant contre la famille Sackler et l'industrie pharmaceutique.

Pancartes et banderoles déployées lors des « die-in » organisés dans les musées. Elles portaient des slogans accusant les Sackler de profiter de la crise des opioïdes.

Recueil publié en 1986 qui fixa sur le papier le diaporama légendaire. Devenu un livre culte, il a profondément influencé la photographie autobiographique contemporaine.
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Vie quotidienne
Matin
Souvent couche-tard à cause des nuits passées dans les clubs et les bars, Nan Goldin commençait sa journée tard. Le matin était un moment de calme où elle développait ses pellicules ou classait ses diapositives.
Après-midi
L'après-midi, elle préparait ses expositions, montait l'ordre de ses diaporamas et choisissait la musique qui accompagnerait les images. Elle rendait aussi visite à ses amis, son appareil toujours à portée de main.
Soir
La nuit était son terrain de prédilection : bars, concerts punk, fêtes et chambres d'amis. C'est dans cette vie nocturne underground qu'elle saisissait l'essentiel de ses portraits intimes.
Alimentation
Sa vie de bohème new-yorkaise rimait avec repas pris sur le pouce, cafés et nourriture des bars et restaurants ouverts tard. Pendant ses années d'addiction, son rapport au corps et à la nourriture fut très perturbé.
Vêtements
Goldin et son entourage cultivaient un style affranchi des conventions, mêlant influences punk, glam et drag. Vêtements vintage, maquillage marqué et accessoires expressifs faisaient partie de l'esthétique de sa communauté.
Habitat
Elle a longtemps vécu dans des appartements modestes et partagés du Bowery, à New York, puis dans diverses villes comme Berlin et Paris. Ces espaces intimes, souvent encombrés, sont eux-mêmes devenus les décors de ses photographies.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Ballad of Sexual Dependency
1985-1986
Nan un mois après avoir été battue
1984
Witnesses: Against Our Vanishing
1989
The Other Side
1992
I'll Be Your Mirror
1996
Sisters, Saints and Sibyls
2004
All the Beauty and the Bloodshed
2022






