Néférourê(1500 av. J.-C. — 1500 av. J.-C.)
Néférourê
Égypte antique
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Fille de la pharaonne Hatchepsout et de Thoutmôsis II, Néférourê fut élevée à la cour d'Égypte au XVIIIe siècle avant J.-C. Éduquée par le célèbre intendant Senenmout, elle porta le titre de Divine Épouse d'Amon.
Faits marquants
- Fille d'Hatchepsout et de Thoutmôsis II, née vers 1490 av. J.-C.
- Élevée et instruite par Senenmout, influent intendant royal
- Détentrice du titre de Divine Épouse d'Amon, charge religieuse et politique majeure
- Sa représentation apparaît sur plusieurs monuments royaux aux côtés de sa mère
- Décédée probablement avant sa mère, vers 1470 av. J.-C., sans laisser de descendance connue
Œuvres & réalisations
Ensemble de plus de vingt statues représentant l'intendant Senenmout tenant la princesse Néférourê emmaillotée, type iconographique sans précédent dans l'art égyptien. Ces œuvres illustrent à la fois la fonction du précepteur royal et l'importance accordée à l'éducation de la princesse.
Scènes gravées et peintes sur les parois du temple d'Hatchepsout montrant Néférourê participant aux cérémonies religieuses avec ses attributs royaux. Ces reliefs constituent les représentations les plus précieuses et les mieux conservées de la princesse.
Stèle gravée dans les mines de turquoises du Sinaï, mentionnant Néférourê avec les titres de « Dame des Deux Terres » et « Divine Épouse d'Amon ». Document fondamental pour comprendre le statut exceptionnel de la princesse.
Monument commémoratif retrouvé en Nubie, attestant de la présence du nom et des titres de Néférourê jusqu'aux frontières méridionales de l'empire égyptien et témoignant de l'étendue de la reconnaissance de son rang.
Anecdotes
Néférourê était l'enfant chérie de l'une des rares femmes pharaons de l'histoire. Sa mère Hatchepsout fit graver son image sur les murs du grand temple de Deir el-Bahari, la représentant avec la mèche de jeunesse des enfants royaux et l'uræus, le cobra sacré symbole du pouvoir royal. Ce double attribut montrait clairement qu'elle était à la fois enfant et princesse destinée à une haute fonction religieuse.
L'intendant Senenmout, l'un des hommes les plus puissants de la cour d'Hatchepsout, fut chargé d'éduquer Néférourê. Il la fit représenter dans une vingtaine de statues le montrant tenant la petite fille emmaillotée contre lui, ce qui était extrêmement rare pour un personnage non royal. Ces statues, retrouvées dans plusieurs temples, témoignent de l'affection particulière qu'il portait à son élève et de l'importance accordée à l'éducation de la princesse.
Le titre de « Divine Épouse d'Amon » que portait Néférourê n'était pas qu'honorifique : il lui conférait un rôle sacerdotal central dans le culte du dieu principal de Thèbes. En accomplissant les rituels réservés à ce titre, la princesse représentait sur terre l'épouse mystique du dieu Amon, renforçant ainsi la légitimité divine de sa mère sur le trône d'Égypte.
Une inscription gravée dans la péninsule du Sinaï, à Serabit el-Khadim, mentionne Néférourê comme « Dame des Deux Terres » — un titre normalement réservé aux reines. Cette inscription, datée du règne de sa mère, suggère que Néférourê exerçait déjà des fonctions quasi-royales encore adolescente, préfigurant peut-être une succession que la mort prématurée ne lui permit pas d'assumer.
La disparition de Néférourê reste l'une des énigmes de l'Égypte ancienne : son nom cesse d'apparaître dans les monuments vers la onzième ou douzième année du règne de sa mère, soit vers 1490 avant J.-C. Les égyptologues débattent encore de sa mort précoce ou d'un possible mariage avec Thoutmôsis III, son demi-frère, qui aurait effacé sa trace dans les archives royales.
Sources primaires
Une vingtaine de statues montrent l'intendant Senenmout agenouillé ou assis, tenant emmaillotée la princesse Néférourê dont seul le visage dépasse. Les inscriptions identifient les deux personnages et qualifient Senenmout de « grand intendant » et « nourricier » de la princesse royale.
Une stèle rupestre gravée dans les mines de turquoise du Sinaï mentionne Néférourê avec le titre de « Dame des Deux Terres » (nbt-t3wy) et « Divine Épouse d'Amon », attestant de son statut quasi-royal sous le règne d'Hatchepsout.
Les parois du temple funéraire d'Hatchepsout à Deir el-Bahari représentent Néférourê portant la mèche de jeunesse et l'uræus royal, participant aux cérémonies religieuses aux côtés de sa mère et de Senenmout.
Un monument commémoratif retrouvé à Bouhen (actuel Soudan) mentionne Néférourê avec ses titres et confirme sa place dans le protocole royal de la cour d'Hatchepsout, témoignant de la diffusion de son nom jusqu'aux confins de l'empire.
Les annales gravées à Karnak fournissent le cadre chronologique du règne d'Hatchepsout et permettent de situer la vie de Néférourê dans la période de la XVIIIe dynastie, en particulier les années où son nom disparaît des sources.
Lieux clés
Temple funéraire d'Hatchepsout sur la rive ouest de Thèbes, où Néférourê est représentée dans plusieurs reliefs et inscriptions avec ses attributs royaux. C'est le monument le plus important pour la connaissance de sa vie.
Grand complexe religieux dédié au dieu Amon, centre du culte dont Néférourê était la Divine Épouse. C'est ici qu'elle accomplissait les rituels sacrés réservés à ce titre suprême dans le temple le plus puissant de Thèbes.
Site minier de turquoises où une inscription rupestre mentionne Néférourê avec le titre de « Dame des Deux Terres », témoignage de son statut quasi-royal sous le règne de sa mère.
Résidence royale sur la rive ouest du Nil où vivait la cour d'Hatchepsout, cadre de l'enfance et de l'éducation de Néférourê auprès de Senenmout.
Forteresse et site administratif nubien où a été retrouvée une stèle mentionnant Néférourê, attestant de la diffusion de son nom jusqu'aux confins méridionaux de l'empire égyptien.






