Poète et critique littéraire français du XVIIe siècle, surnommé le « législateur du Parnasse ». Son Art poétique (1674) fixe les règles du classicisme français. Ami de Molière, Racine et La Fontaine, il fut historiographe du roi Louis XIV.
Nicolas Boileau(1636 — 1711)
Nicolas Boileau
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, fit sentir dans les vers une juste cadence.»
« Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix.»
« Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément.»
« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.»
« Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.»
Faits marquants
- 1636 : naissance à Paris
- 1660-1668 : publication des Satires, qui lui valent la célébrité
- 1674 : publication de L'Art poétique, manifeste du classicisme
- 1677 : nommé historiographe du roi aux côtés de Racine
- 1711 : mort à Paris, après avoir défendu les Anciens dans la Querelle
Œuvres & réalisations
Recueil de poèmes satiriques dans lesquels Boileau critique avec mordant les mœurs de son temps, la mauvaise littérature et les travers sociaux. Ces textes lui valurent une réputation immédiate et des ennemis nombreux.
Traité en vers en quatre chants qui codifie les règles du classicisme français : clarté, raison, vraisemblance et respect des genres. Ce texte fondateur influença la création littéraire française pendant plus d'un siècle.
Poème héroï-comique en six chants narrant une querelle dérisoire entre chanoines pour l'emplacement d'un lutrin. Modèle du genre burlesque classique, il illustre le talent de Boileau pour l'ironie élégante.
Lettres en vers adressées à des amis (Racine, Molière) ou au roi, mêlant réflexions morales, conseils littéraires et célébration de l'amitié. Elles révèlent l'homme derrière le critique sévère.
Œuvre de la maturité dans laquelle Boileau défend les Anciens contre Perrault lors de la Querelle des Anciens et des Modernes. Ce texte témoigne de son attachement aux modèles gréco-latins jusqu'à la fin de sa vie.
Anecdotes
À l'âge de deux ans, Nicolas Boileau fut attaqué par un dindon qui lui infligea une blessure grave et définitive. Cette mésaventure marqua durablement sa santé et aurait, selon certains biographes, contribué à forger son caractère mordant et son humeur souvent mélancolique.
Boileau formait avec Molière, Racine et La Fontaine un cercle d'amis littéraires qui se retrouvaient régulièrement dans les cabarets et salons parisiens. On raconte que Louis XIV lui demanda un jour qui étaient les plus grands poètes de son règne — Boileau répondit sans hésiter : « Sire, c'est Molière », au grand étonnement du monarque.
En 1677, Louis XIV nomma Boileau et Racine historiographes du roi, chargés de relater ses campagnes militaires avec grandeur. Peu habitué aux rigueurs du camp, Boileau suivit le siège de Gand en 1678 sans enthousiasme. Il continua de longtemps préférer l'encre à l'épée.
Ses Satires lui valurent de nombreux ennemis parmi les auteurs qu'il moquait avec férocité. Certains poètes raillés tentèrent de lui répondre par des libelles ou de le faire censurer. Boileau bénéficiait cependant de la protection royale, ce qui le mettait à l'abri des représailles les plus graves.
La Querelle des Anciens et des Modernes opposa Boileau, défenseur acharné des auteurs grecs et latins, à Charles Perrault, champion des écrivains contemporains. Ce débat intellectuel passionna toute la République des Lettres pendant plusieurs années et révèle combien la littérature était alors un enjeu de société majeur au XVIIe siècle.
Sources primaires
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Que tu saches rimer, et même assez heureusement : Mais la rime est un art qui demande des années ; Suis les doctes avis de la saine Raison.
En vain contre le Cid un ministre se ligue : Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue. L'Académie en corps a beau le censurer, Le public révolté s'obstine à l'admirer.
Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Lieux clés
Nicolas Boileau naquit le 1er novembre 1636 dans une maison de l'île de la Cité, au cœur du Paris du XVIIe siècle. Il vécut longtemps dans la capitale avant de se retirer à Auteuil.
Boileau acquit une maison à Auteuil, alors village aux portes de Paris, où il se retira dans ses dernières années. Ce refuge champêtre, fréquenté par Racine et Molière, devint un haut lieu de la sociabilité littéraire classique.
En tant qu'historiographe du roi et poète admiré de Louis XIV, Boileau fréquentait la cour de Versailles. Il y lisait parfois ses œuvres devant le monarque et participait à la vie culturelle du plus grand palais d'Europe.
Boileau fut reçu à l'Académie française en 1684. Cette institution, fondée par Richelieu en 1635, était le temple de la langue et de la littérature françaises, et la consécration suprême pour un homme de lettres.
Objets typiques

Instrument d'écriture universel au XVIIe siècle, la plume d'oie taillée permettait à Boileau de rédiger ses satires, épîtres et traités critiques. Chaque trait de plume ciselait des vers destinés à durer.

Boileau avait une connaissance intime des auteurs antiques, notamment Horace et Virgile, dont il s'inspirait pour forger les règles du classicisme. Ces volumes annotés étaient ses références constantes.

Dans son cabinet de travail d'Auteuil, Boileau travaillait souvent à la lumière des chandelles lors des longues soirées de composition et de révision de ses vers.

Signe distinctif de la bourgeoisie cultivée sous Louis XIV, la perruque portée par Boileau témoignait de son intégration aux cercles lettrés de la cour et des salons parisiens.

Le titre d'historiographe du roi, octroyé en 1677, était matérialisé par un brevet officiel qui conférait à Boileau prestige, pension et accès aux informations militaires qu'il devait consigner.

Le manuscrit de L'Art poétique représente le fruit de toute une carrière de réflexion sur la langue et la versification françaises. Publié en 1674, il synthétise les principes du classicisme patiemment élaborés par Boileau.
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Vie quotidienne
Matin
Boileau se levait tôt et consacrait ses matinées à l'écriture dans son cabinet. Il travaillait ses vers avec une exigence extrême, les récrivant jusqu'à les trouver parfaits. Il lisait également les auteurs antiques, Horace en tête, qui nourrissaient constamment sa réflexion critique.
Après-midi
Les après-midis étaient souvent consacrés à des promenades dans le jardin d'Auteuil ou à des visites d'amis comme Racine ou La Fontaine. Boileau recevait aussi de jeunes auteurs qui cherchaient son avis, car son jugement était réputé infaillible dans les milieux littéraires parisiens.
Soir
Les soirées pouvaient se passer en dîners chez des mécènes ou hommes de lettres. Boileau lisait parfois ses derniers vers à ses amis pour recueillir leurs critiques. Il se couchait de bonne heure, soucieux de sa santé fragile depuis l'enfance.
Alimentation
La cuisine du lettré bourgeois du XVIIe siècle était riche en viandes, ragoûts et pâtisseries. Boileau, de santé délicate, était réputé sobre dans ses repas. Il appréciait le bon vin que ses amis lui apportaient lors de leurs visites à Auteuil.
Vêtements
Boileau portait la tenue typique du lettré bourgeois de son époque : pourpoint sombre, manteau long, dentelles au col et aux poignets, et la grande perruque poudrée qui s'imposait dans les milieux cultivés sous Louis XIV. Ses habits étaient de qualité sans être ostentatoires.
Habitat
Sa demeure d'Auteuil, acquise dans les années 1680, était une maison bourgeoise avec jardin, véritable retraite champêtre à deux pas de Paris. Son cabinet de travail, encombré de livres et de manuscrits, y était le lieu central de sa vie intellectuelle. Avant cela, il avait vécu dans plusieurs logements parisiens du quartier de l'île de la Cité et des alentours.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style Grand Siècle classique français : intérieur bourgeois cossu et solennel, lumière de chandelle sur des manuscrits, sobriété ornementale conforme aux règles classiques que Boileau lui-même préconisait.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore de Boileau mêle le silence studieux du cabinet d'Auteuil, le brouhaha des rues parisiennes du Grand Siècle et les échanges feutrés des salons littéraires.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Satires
1666–1711
L'Art poétique
1674
Le Lutrin
1674–1683
Épîtres
1669–1698
Réflexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin
1694–1710






