Orson Welles
Orson Welles
1915 — 1985
États-Unis
Réalisateur, acteur et scénariste américain (1915-1985), Orson Welles révolutionna le cinéma avec Citizen Kane (1941), considéré comme l'un des plus grands films de l'histoire. Figure majeure du septième art, il marqua aussi la radio et le théâtre.
Citations célèbres
« Le cinéma est une industrie de ruban adhésif. »
« Je commence par le bas et je remonte. »
« Un artiste doit être sa propre règle. »
Faits marquants
- 1938 : Diffusion radiophonique de La Guerre des mondes, provoquant une panique collective aux États-Unis
- 1941 : Réalisation de Citizen Kane, révolution narrative et technique du cinéma
- 1942 : Réalisation de La Splendeur des Amberson, autre chef-d'œuvre du cinéma américain
- 1948 : Réalisation de Macbeth, adaptation shakespearienne remarquée
- 1952 : Palme d'or à Cannes pour Othello
Œuvres & réalisations
Premier long métrage de Welles, régulièrement classé numéro un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Révolutionnaire par sa narration non linéaire, sa photographie et ses angles de caméra, il reste une référence absolue dans les écoles de cinéma du monde entier.
Adaptation radiophonique du roman de H.G. Wells, diffusée sur CBS sous forme de faux bulletin d'informations. Événement médiatique majeur qui illustre le pouvoir et les dangers de la manipulation des médias de masse.
Deuxième film de Welles, considéré par certains critiques comme supérieur à Citizen Kane malgré son remontage par le studio. Chronique mélancolique du déclin d'une famille aristocratique américaine face à l'industrialisation.
Adaptation de la tragédie de Shakespeare, tournée sur dix ans par intermittence faute de financement. La Palme d'Or à Cannes récompense un film d'une beauté visuelle stupéfiante, construit dans l'adversité totale.
Thriller noir tourné à la frontière mexicano-américaine, célèbre pour son plan-séquence d'ouverture de trois minutes sans coupure. Considéré comme un chef-d'œuvre du film noir et dernier grand film de Welles réalisé aux États-Unis.
Adaptation du drame shakespearien tournée en 23 jours avec un budget minimal. Malgré ses contraintes, le film impose une vision expressionniste sombre et originale de l'univers shakespearien.
Documentaire expérimental sur le faussaire Elmyr de Hory et le biographe faussaire Clifford Irving. Réflexion fascinante sur l'art, la tromperie et la nature de la vérité, considéré comme précurseur du cinéma-essai contemporain.
Anecdotes
Le 30 octobre 1938, Orson Welles diffuse sur CBS une adaptation radiophonique de La Guerre des mondes de H.G. Wells, présentée comme un bulletin d'informations en direct annonçant une invasion martienne. Si la panique généralisée est en partie un mythe amplifié par la presse, l'émission provoque une réelle frayeur chez de nombreux auditeurs et fait immédiatement la célébrité du jeune homme de 23 ans.
Lorsque RKO lui confie la réalisation de Citizen Kane en 1941, Welles obtient un contrat unique dans l'histoire d'Hollywood : un contrôle artistique total sur le film, sans droit de regard du studio. À seulement 25 ans, il signe un chef-d'œuvre technique révolutionnaire, inventant des procédés narratifs et visuels qui influenceront le cinéma mondial pendant des décennies.
Citizen Kane fut un échec commercial à sa sortie, notamment parce que le magnat de la presse William Randolph Hearst, qui se reconnut dans le personnage principal, fit pression sur les médias pour boycotter le film. Welles ne retrouva jamais ce niveau de liberté créative à Hollywood et dut produire lui-même la plupart de ses films suivants.
Pour financer Othello (1952), Welles dut interrompre le tournage plusieurs fois faute d'argent, parfois pendant des mois entiers. La scène de meurtre dans les bains fut improvisée avec des serviettes parce que les costumes n'avaient pas encore été livrés. Le film remporta tout de même la Palme d'Or à Cannes.
Welles débuta sa carrière théâtrale à seulement 16 ans en mentant sur son âge pour intégrer le Gate Theatre de Dublin. À 20 ans, il cofonde avec John Houseman le Mercury Theatre à New York, où il monte des pièces provocatrices, dont un Jules César en costumes fascistes qui scandalise et fascine la critique.
Sources primaires
"Je suis fondamentalement un homme de théâtre. Le cinéma m'intéresse parce que c'est un art de la lumière et de l'ombre, et parce qu'il permet d'atteindre un public que le théâtre ne peut jamais toucher."
Orson Welles reçoit le droit de produire, réaliser, écrire et interpréter deux films avec un contrôle artistique total — clause sans précédent dans l'industrie hollywoodienne de l'époque.
"Nous voulions rendre hommage à la tradition des récits d'Halloween — histoires de fantômes, d'invasions surnaturelles — en transposant ce classique dans un format radiophonique contemporain. Nous n'avions jamais imaginé que quiconque pourrait croire à la réalité de ces événements."
"Le film est la plus grande occasion jamais accordée à un artiste de toucher des millions de personnes — mais aussi la meilleure façon de les ennuyer profondément si vous n'avez rien à dire."
"Citizen Kane n'est pas mon meilleur film. C'est peut-être celui dans lequel j'avais le plus de talent brut, mais le talent et la maîtrise sont deux choses différentes."
Lieux clés
Ville natale d'Orson Welles, où il naît en 1915 dans une famille aisée. Son père est inventeur et sa mère pianiste de concert ; cette enfance culturellement stimulante forge sa sensibilité artistique précoce.
Théâtre fondé par Welles et John Houseman en 1937 au cœur de Manhattan, où il monte des productions révolutionnaires et développe le Mercury Theatre on the Air, l'émission radiophonique qui le rendra célèbre dans toute l'Amérique.
C'est dans ces studios mythiques qu'Orson Welles tourne Citizen Kane en 1940-1941, bénéficiant d'une liberté artistique totale qu'Hollywood ne lui accordera plus jamais. Il décrit ces studios comme « le plus grand train électrique qu'un garçon ait jamais reçu ».
Ville marocaine (aujourd'hui Essaouira) où Welles tourne une partie d'Othello dans les années 1940-1950, profitant de la lumière et de l'architecture pour pallier le manque de budget. Ces contraintes l'obligèrent à des solutions visuelles très inventives.
Welles vécut une grande partie de son exil européen en Italie, tournant plusieurs films dont Othello et jouant dans des productions italiennes. Il trouvait en Europe la liberté artistique et le respect que l'industrie hollywoodienne lui refusait.