Philosophe grec du Ve siècle av. J.-C., fondateur de l'école éléate. Il développa une métaphysique radicale affirmant que l'être est un, immuable et éternel, s'opposant ainsi à toute idée de changement ou de multiplicité.
Parménide(514 av. J.-C. — 469 av. J.-C.)
Parménide
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'être est, le non-être n'est pas.»
« Il faut que tu apprennes tout : et le cœur sans frémissement de la Vérité bien ronde, et les opinions des mortels en lesquelles il n'est pas de vraie confiance.»
Faits marquants
- Né vers 515 av. J.-C. à Élée, colonie grecque d'Italie du Sud
- Fondateur de l'école éléate, courant philosophique présocratique
- Auteur du poème philosophique 'De la Nature' (Περὶ φύσεως), vers 475 av. J.-C.
- A influencé directement Platon, qui lui consacre un dialogue ('Parménide')
- A formé Zénon d'Élée, célèbre pour ses paradoxes sur le mouvement
Œuvres & réalisations
Unique œuvre connue de Parménide, rédigée en hexamètres dactyliques — le mètre homérique. Structuré en deux parties (la Voie de la Vérité et la Voie de l'Opinion), ce poème philosophique est le premier texte occidental à poser la question de l'Être de manière rigoureuse.
Code législatif attribué à Parménide par Diogène Laërce et Plutarque. Bien qu'aucun texte n'en soit conservé, leur réputation était telle que les citoyens d'Élée les renouvelaient chaque année par serment pendant plusieurs siècles.
Une soixantaine de fragments du poème ont survécu grâce aux citations d'Aristote, de Simplicius et de Sextus Empiricus. Ces passages constituent la base essentielle de notre connaissance de la pensée de Parménide.
Anecdotes
Parménide aurait rencontré le jeune Socrate lors d'un voyage à Athènes, probablement vers 450 av. J.-C. Platon immortalise cette rencontre dans son dialogue « Parménide », où le vieux philosophe met à l'épreuve les idées du futur Socrate avec une rigueur redoutable.
Parménide rédigea sa philosophie sous forme de poème épique, à l'image d'Homère ou d'Hésiode. Ce choix littéraire surprenant visait sans doute à donner à sa pensée abstraite la solennité et l'autorité des grandes œuvres sacrées de la Grèce antique.
Selon Diogène Laërce, Parménide aurait rédigé des lois pour sa cité natale d'Élée, et ses concitoyens les auraient respectées et renouvelées chaque année pendant plusieurs siècles. Il était donc autant homme d'État que penseur.
Parménide affirmait que le mouvement et le changement sont de pures illusions des sens. Pour lui, ce que nous percevons du monde n'est qu'apparence trompeuse : seul l'Être — unique, immobile et éternel — est réel. Cette idée déconcertante allait nourrir la philosophie occidentale pendant des millénaires.
Son disciple Zénon d'Élée inventa de célèbres paradoxes pour défendre les thèses de son maître, dont le paradoxe d'Achille et la tortue : le héros rapide ne pourrait jamais rattraper la tortue lente, car il doit d'abord franchir une infinité de distances intermédiaires. Une manière provocante de montrer que le mouvement est illusoire.
Sources primaires
Les cavales qui m'emportent aussi loin que mon désir peut s'élancer me conduisirent, lorsque les déesses m'eurent guidé sur la route fameuse qui mène par-delà toutes les cités l'homme qui sait.
Il faut que tu apprennes toutes choses, et le cœur sans tremblement de la Vérité bien ronde, et les opinions des mortels en lesquelles il n'y a pas de véritable croyance.
Parménide était déjà fort avancé en âge, avec des cheveux tout blancs, mais d'aspect noble et de belle prestance… Zénon était alors d'environ quarante ans.
Notre père Parménide nous a légué cette thèse depuis notre enfance et la maintient tout au long de sa vie : jamais ceci ne s'imposera — que les non-êtres soient.
Parménide semble considérer l'Un selon la raison, Mélissos selon la matière… Parménide dit que l'Un est selon la définition, Mélissos que l'Un est selon la matière.
Lieux clés
Cité grecque de la côte tyrrhénienne, fondée vers 540 av. J.-C. par des colons phocéens, patrie et berceau de l'école éléate de Parménide. Aujourd'hui Velia, en Campanie (Italie du Sud), le site archéologique est partiellement fouillé.
Capitale intellectuelle du monde grec classique, qu'aurait visitée Parménide vers 450 av. J.-C. lors des Grandes Panathénées, selon le témoignage de Platon dans son dialogue éponyme. C'est là qu'il aurait rencontré le jeune Socrate.
Berceau de la philosophie grecque, où naquirent Thalès, Anaximandre et Anaximène. Parménide connaissait leurs travaux et sa réflexion sur l'Être se construisit en dialogue avec cette première tradition philosophique.
Cité de Grande Grèce où enseigna Pythagore, dont l'influence sur la pensée de Parménide est attestée par plusieurs sources antiques. On suppose que Parménide aurait été en contact avec des pythagoriciens de cette région.
Objets typiques

Support d'écriture principal dans la Grèce antique, sur lequel Parménide aurait couché les vers de son poème philosophique. Les philosophes présocratiques rédigeaient et diffusaient leurs idées grâce à ces rouleaux, copiés à la main et conservés dans les grandes bibliothèques.

Dans le proème de son poème, Parménide se met en scène transporté vers la lumière de la Vérité par un char guidé par des déesses. Cet objet symbolique renvoie aux représentations religieuses grecques du soleil et de la révélation divine.

Instrument associé à la poésie épique et didactique en Grèce antique. En choisissant de philosopher en vers, Parménide s'inscrivait dans la tradition des aèdes et des poètes inspirés des dieux, conférant à sa pensée un caractère sacré.

Outil courant pour la prise de notes et l'enseignement dans l'Antiquité. Parménide et ses disciples l'utilisaient probablement pour travailler les formulations logiques de leurs arguments avant de les graver sur papyrus.

Parménide est crédité d'avoir rédigé les lois d'Élée, qui étaient gravées sur des stèles de pierre exposées publiquement. Cet objet témoigne de son rôle de législateur autant que de penseur.

Chaussures typiques des philosophes grecs, qui arpentaient à pied les ruelles de leurs cités pour enseigner et débattre. La philosophie présocratique se pratiquait autant dans la marche et la discussion que dans le retrait solitaire.
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Vie quotidienne
Matin
Parménide se levait au lever du soleil, comme la plupart des Grecs de l'Antiquité. Il accomplissait probablement un rituel de purification (libation ou prière aux dieux) avant d'entamer sa journée. Très tôt, il recevait ses disciples pour la première session de discussion philosophique, souvent en marchant sous les portiques de l'agora d'Élée.
Après-midi
Le milieu de la journée, période de forte chaleur méditerranéenne, était consacré à la réflexion solitaire ou à la rédaction de son poème sur des tablettes de cire. En tant que personnage respecté de la cité, il pouvait aussi siéger au conseil ou traiter des affaires publiques liées à sa charge de législateur.
Soir
Le soir apportait la fraîcheur propice aux banquets philosophiques (symposia), où Parménide débattait avec ses proches et ses élèves autour d'un repas simple. La discussion portait sur la nature de l'Être, la vérité et les illusions des sens, à la lueur des lampes à huile.
Alimentation
L'alimentation de Parménide suivait le régime méditerranéen classique : pain d'orge ou de blé, olives et huile d'olive, légumes secs (lentilles, fèves), fromage de chèvre ou de brebis, poissons de la Tyrrhénienne et vin coupé d'eau lors des symposia. Certains philosophes présocratiques, influencés par le pythagorisme, observaient des restrictions alimentaires, notamment l'abstinence de viande.
Vêtements
Parménide portait le chiton (tunique de laine ou de lin) et l'himation (grand manteau drapé), vêtements standards de l'homme grec libre. En tant que philosophe âgé et homme d'État respecté, son himation était probablement de laine blanche de qualité, symbole de dignité et de sagesse. Il chaussait des sandales de cuir à lanières pour ses déplacements dans la cité.
Habitat
Parménide vivait dans une maison grecque typique (oikos) en pierre et briques crues, organisée autour d'une cour intérieure (aulé) servant de lieu de vie et d'enseignement. Les pièces principales étaient l'andron (salle des hommes, lieu du symposion) et le gynécée (quartier des femmes). La maison comportait probablement une petite bibliothèque de rouleaux et un espace dédié à la réflexion, donnant sur la cour où poussaient quelques oliviers.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Scène philosophique classique grecque baignée de lumière méditerranéenne, mêlant l'architecture coloniale d'Élée, les teintes chaudes de la céramique à figures rouges et la sérénité d'un penseur en méditation face à l'infini.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore d'Élée mêle le souffle de la mer Tyrrhénienne, les discussions philosophiques sous les portiques ombragés et le bruit de fond d'une cité grecque coloniale prospère du Ve siècle av. J.-C.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
De la Nature (Peri Physeos)
vers 480-470 av. J.-C.
Lois d'Élée (perdues)
vers 500-480 av. J.-C.
Fragments conservés (environ 160 vers)
transmis par les sources antiques
Voir aussi
Personnages liés

Alexandre II de Macédoine

Anaxagore de Clazomènes
499 av. J.-C. — 427 av. J.-C.

Anaximandre
609 av. J.-C. — 545 av. J.-C.

Aspasie
469 av. J.-C. — 399 av. J.-C.

Catilina
107 av. J.-C. — 61 av. J.-C.

Confucius
550 av. J.-C. — 478 av. J.-C.
