Paul Feyerabend(1924 — 1994)
Paul Feyerabend
États-Unis, Autriche, Allemagne
7 min de lecture
Philosophe des sciences autrichien, figure majeure de l'épistémologie du XXe siècle. Connu pour sa critique radicale de la méthode scientifique unique et son « anarchisme épistémologique » défendu dans *Contre la méthode* (1975).
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Tout est bon (anything goes). »
Faits marquants
- Né en 1924 à Vienne, en Autriche
- Professeur de philosophie à l'université de Berkeley (Californie) à partir de 1958
- Publie *Contre la méthode* (Against Method) en 1975, manifeste de l'« anarchisme épistémologique »
- Défend l'idée qu'aucune méthode scientifique universelle ne garantit le progrès de la connaissance
- Meurt en 1994 à Genève, en Suisse
Œuvres & réalisations
Son œuvre majeure, où il défend l'« anarchisme épistémologique » et l'idée que la science ne progresse selon aucune règle fixe. Devenu un classique du débat sur la rationalité scientifique.
Prolongement de *Contre la méthode*, il y répond à ses critiques et plaide pour la séparation de la science et de l'État. Il y défend le pluralisme des traditions de savoir.
Recueil d'essais défendant le relativisme et critiquant l'idée d'une raison universelle. Il y interroge la prétention de l'Occident à imposer sa rationalité.
Recueil de ses articles philosophiques sur la théorie de la connaissance et la physique. Il y développe sa critique de l'empirisme logique et du Cercle de Vienne.
Son autobiographie, publiée juste après sa mort, où il retrace avec humour son parcours de l'opéra à la philosophie. Un témoignage personnel et sans complaisance sur sa vie.
Ouvrage posthume et inachevé sur la richesse du réel que les abstractions scientifiques tendent à appauvrir. Il y poursuit sa réflexion sur les limites de la science.
Anecdotes
Avant de devenir philosophe, le jeune Feyerabend rêvait de chanter à l'opéra et prenait des cours de chant en plus de ses études. Toute sa vie, il restera passionné de théâtre et d'art lyrique, et il aimait dire que la science n'était qu'une tradition parmi d'autres, pas plus sacrée que l'art.
Mobilisé dans l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, Feyerabend fut grièvement blessé par balle sur le front de l'Est en 1945. Touché à la colonne vertébrale, il resta handicapé et souffrit de douleurs chroniques le restant de ses jours, devant parfois marcher avec une canne.
Sa formule provocatrice « anything goes » (« tout est bon ») fit scandale chez les philosophes des sciences. Beaucoup l'accusèrent d'être un ennemi de la raison, mais Feyerabend s'amusait de cette réputation de « pire ennemi de la science » et cultivait volontiers son image de trublion.
Feyerabend et le philosophe Imre Lakatos avaient prévu d'écrire un livre à deux voix, « Pour et contre la méthode », où chacun défendrait sa position. La mort soudaine de Lakatos en 1974 laissa Feyerabend seul : il publia sa part sous le titre *Contre la méthode*, dédié à son ami disparu.
Dans ses cours à Berkeley, Feyerabend était un professeur spectaculaire et imprévisible : il jonglait avec les idées, jouait l'avocat du diable et changeait parfois d'avis en pleine argumentation. Il voulait pousser ses étudiants à penser par eux-mêmes plutôt qu'à accepter une doctrine toute faite.
Sources primaires
L'idée d'une méthode qui contiendrait des principes fermes, immuables et absolument contraignants pour conduire les affaires de la science se heurte à des difficultés considérables lorsqu'on la confronte aux résultats de la recherche historique.
Il n'existe qu'un seul principe que l'on peut défendre en toutes circonstances et à toutes les étapes du développement humain. C'est le principe : tout est bon (anything goes).
La science est l'une des nombreuses formes de pensée élaborées par l'homme, et pas nécessairement la meilleure. Elle est éclatante, bruyante et insolente, mais elle n'est supérieure que pour ceux qui ont déjà décidé en faveur d'une certaine idéologie.
Je voulais être un grand chanteur d'opéra. La philosophie est venue plus tard, presque par accident, et je ne l'ai jamais prise tout à fait au sérieux comme une vocation sacrée.
Lieux clés
Ville natale de Feyerabend, berceau du Cercle de Vienne et d'une vie intellectuelle bouillonnante. Il y grandit, y fit ses études et obtint son doctorat.
Campus américain où il enseigna pendant des décennies et acquit sa réputation de professeur hors normes. C'est là qu'il développa ses thèses les plus provocatrices.
Ville où il séjourna au début des années 1950 et rencontra Karl Popper et son cercle. Ces échanges nourrirent puis contestèrent sa formation philosophique.
Théâtre des combats de la Seconde Guerre mondiale où Feyerabend, soldat, fut grièvement blessé en 1945. Cette blessure le marqua physiquement à vie.
Ville où il enseigna à l'École polytechnique fédérale (ETH) dans les dernières années de sa carrière, partageant son temps entre l'Europe et la Californie.
Localité du canton de Vaud où Paul Feyerabend mourut en 1994, à la fin d'une vie partagée entre plusieurs pays. Il s'y était installé avec son épouse.






