Paul Valéry (1871-1945) est un poète, essayiste et philosophe français, figure majeure de la poésie symboliste tardive. Auteur du célèbre poème *Le Cimetière marin*, il fut élu à l'Académie française en 1925 et incarna l'idéal de l'intellectuel méditant sur la création et la connaissance.
Paul Valéry(1871 — 1945)
Paul Valéry
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le vent se lève !... il faut tenter de vivre !»
« Une difficulté est une lumière. Une difficulté insurmontable est un soleil.»
« Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l'est pas est inutilisable.»
« La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.»
Faits marquants
- Né en 1871 à Sète, mort en 1945 à Paris où il reçoit des funérailles nationales
- Publie *La Jeune Parque* en 1917, qui le rend célèbre après un long silence poétique
- Fait paraître le recueil *Charmes* en 1922, contenant *Le Cimetière marin* (1920)
- Élu à l'Académie française en 1925
- Rédige toute sa vie ses *Cahiers*, journal intellectuel de plus de 26 000 pages
Œuvres & réalisations
Essai de jeunesse où Valéry analyse l'esprit universel de Léonard, modèle de l'intelligence créatrice. Il y pose déjà sa réflexion sur la pensée à l'œuvre.
Court récit mettant en scène un personnage entièrement voué à l'exercice de l'esprit. Monsieur Teste incarne l'idéal valéryen de l'intellect pur.
Long poème de 512 alexandrins qui marque le retour de Valéry à la poésie après vingt ans de silence. Sa difficulté et sa beauté firent aussitôt sa célébrité.
Poème médité face à la mer de Sète, sur la mort, le temps et le désir de vivre. Son dernier vers, « Le vent se lève !... il faut tenter de vivre ! », est resté célèbre.
Recueil rassemblant ses plus grands poèmes, dont *Le Cimetière marin*. Il consacre Valéry comme l'un des maîtres de la poésie française.
Dialogue philosophique à la manière antique sur l'art de construire et la création. Valéry y unit poésie et réflexion sur la beauté.
Série de recueils d'essais sur la littérature, l'histoire et la civilisation. On y trouve sa célèbre méditation *La Crise de l'esprit*.
Carnets intimes tenus chaque matin pendant plus de cinquante ans, publiés après sa mort. Près de 28 000 pages qui révèlent l'atelier secret de sa pensée.
Anecdotes
Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1892, à Gênes, le jeune Valéry traverse un violent orage et une crise intérieure que l'on a appelée la « Nuit de Gênes ». Il décide de renoncer aux « idoles » — l'amour et la poésie — pour se consacrer entièrement au culte de l'intelligence et de la rigueur. Il cessera presque de publier des poèmes pendant une vingtaine d'années.
Chaque matin avant l'aube, vers quatre ou cinq heures, et cela pendant plus de cinquante ans, Valéry s'installait à sa table pour écrire dans ses « Cahiers ». Il y notait pensées, croquis, idées sur la connaissance et la création. Ces carnets représentent près de 28 000 pages : c'est, disait-il, son véritable travail, accompli dans le silence du petit jour.
Élu à l'Académie française en 1925, Valéry devait, selon la tradition, faire l'éloge de son prédécesseur, l'écrivain Anatole France. Or, dans son discours de réception en 1927, il ne prononça pas une seule fois son nom : Valéry n'aimait guère son œuvre, et cette omission célèbre fit grand bruit.
Né à Sète, au bord de la Méditerranée, Valéry composa son poème le plus célèbre, *Le Cimetière marin*, en pensant au cimetière qui domine la mer dans sa ville natale. Le destin voulut qu'il y soit lui-même enterré : on peut aujourd'hui lire sur sa tombe deux vers du poème.
En janvier 1941, sous l'Occupation, Valéry prononça à l'Académie l'éloge funèbre du philosophe Henri Bergson, mort quelques jours plus tôt. Bergson était juif, et le régime de Vichy appliquait des lois antisémites : rendre publiquement hommage à ce grand penseur était un acte de courage que peu osèrent.
Sources primaires
Le vent se lève !... il faut tenter de vivre ! / L'air immense ouvre et referme mon livre, / La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Qui pleure là, sinon le vent simple, à cette heure / Seule avec diamants extrêmes ?... Mais qui pleure, / Si proche de moi-même au moment de pleurer ?
La bêtise n'est pas mon fort.
Ce qu'il y a de plus profond en l'homme, c'est la peau.
Lieux clés
Ville portuaire de la Méditerranée où naît Valéry en 1871. Le cimetière dominant la mer lui inspirera *Le Cimetière marin* et deviendra son lieu de sépulture.
Ville où Valéry poursuit des études de droit à l'université à partir de 1889. C'est là qu'il commence à fréquenter les milieux littéraires.
Théâtre de la fameuse « Nuit de Gênes » en octobre 1892, crise intérieure qui décida Valéry à se consacrer à la pensée plutôt qu'à la poésie.
Ville où Valéry s'installe, travaille comme secrétaire à l'agence Havas, fréquente les salons et meurt en 1945. Il y mène sa vie d'intellectuel reconnu.
Prestigieux établissement parisien où Valéry est nommé en 1937 pour occuper la chaire de Poétique, créée spécialement pour lui.
Cimetière Saint-Charles surplombant la Méditerranée, immortalisé par son poème. Valéry y repose, et deux vers de l'œuvre ornent sa tombe.
Objets typiques

Carnet dans lequel Valéry consignait chaque matin pensées, croquis et réflexions. Ses « Cahiers », tenus pendant plus de cinquante ans, totalisent près de 28 000 pages.

Instruments d'écriture du début du XXe siècle, posés sur la table de travail du poète avant l'invention du stylo à bille. La plume trempée dans l'encre rythmait le geste de l'écrivain.

Costume officiel brodé de feuilles d'olivier que portent les membres de l'Académie française. Valéry le revêtit pour sa réception sous la Coupole en 1927.

Épée d'apparat remise à chaque nouvel élu de l'Académie française, gravée de symboles personnels. Elle accompagne l'habit vert lors de la cérémonie de réception.

Source de lumière indispensable à Valéry, qui écrivait avant le lever du jour. Sa clarté éclairait les Cahiers durant les longues matinées d'avant l'aube.

Livre imprimé rassemblant des poèmes, comme *Charmes* (1922). C'est sous cette forme que la poésie de Valéry parvenait à ses lecteurs.
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Vie quotidienne
Matin
Valéry se levait très tôt, souvent vers quatre ou cinq heures du matin, dans le silence d'avant l'aube. À la lumière de sa lampe, café et cigarette à portée de main, il remplissait ses Cahiers de pensées, de croquis et de réflexions. Ces heures solitaires étaient pour lui le moment le plus précieux de la journée.
Après-midi
Pendant vingt-deux ans, jusqu'en 1922, il occupa l'après-midi comme secrétaire particulier d'Édouard Lebey, dirigeant de l'agence de presse Havas, lisant journaux et courrier. Devenu écrivain célèbre, il consacra ensuite ses journées aux conférences, à la correspondance et aux obligations de l'homme public.
Soir
Le soir était souvent celui des salons, des dîners et des longues conversations avec ses amis écrivains, comme André Gide. Dans sa jeunesse, il fréquentait les fameux « mardis » du poète Stéphane Mallarmé, son maître admiré, rue de Rome.
Alimentation
Sobre à table, Valéry appréciait surtout le café, qu'il buvait abondamment pour soutenir ses matinées de travail. Grand fumeur, il avait toujours une cigarette à la main. Son alimentation restait celle de la bourgeoisie parisienne de son temps.
Vêtements
Il portait les costumes sombres et soignés du bourgeois lettré du début du XXe siècle : veston, col dur et cravate. Pour les cérémonies de l'Académie française, il revêtait l'habit vert brodé, le bicorne et l'épée d'apparat.
Habitat
Valéry vivait dans un appartement parisien confortable, notamment rue de Villejust — aujourd'hui rue Paul-Valéry. Ce logement bourgeois abritait son bureau, lieu de ses matinées d'écriture et de sa précieuse collection de Cahiers.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Introduction à la méthode de Léonard de Vinci
1895
La Soirée avec Monsieur Teste
1896
La Jeune Parque
1917
Le Cimetière marin
1920
Eupalinos ou l'Architecte
1923






