Saxophoniste de jazz américain (1940-2022), figure majeure du free jazz et du jazz spirituel. Collaborateur de John Coltrane dans les années 1960, il développa un style intense mêlant souffle puissant, sonorités extatiques et inspirations africaines et orientales.
Pharoah Sanders(1940 — 2022)
Pharoah Sanders
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1940 à Little Rock (Arkansas) sous le nom de Farrell Sanders, mort en 2022 à Los Angeles
- Rejoint le groupe de John Coltrane en 1965 et participe à des albums majeurs comme « Ascension » et « Meditations »
- Publie en 1969 l'album « Karma » et son morceau-fleuve « The Creator Has a Master Plan », emblème du jazz spirituel
- Enregistre pour le label Impulse! une série d'albums marquants à la fin des années 1960 et au début des années 1970
- Renoue avec le succès en 2021 avec l'album « Promises », en collaboration avec le musicien électronique Floating Points et le London Symphony Orchestra
Œuvres & réalisations
Son tout premier album comme leader, enregistré pour le label indépendant ESP-Disk.
Ses interventions au saxophone marquent ces disques fondateurs du free jazz par leur intensité.
Premier grand album solo sur Impulse!, manifeste de son jazz spirituel aux couleurs orientales et africaines.
Son œuvre la plus célèbre, contenant le morceau de plus de trente minutes « The Creator Has a Master Plan ».
Album lumineux où il explore textures planantes et percussions, très apprécié des amateurs de jazz spirituel.
Composition unique d'environ trente-sept minutes, hymne d'unité mêlant ferveur collective et influences africaines.
Collaboration tardive et acclamée avec Floating Points et le London Symphony Orchestra, qui lui valut une renommée nouvelle.
Anecdotes
Pharoah Sanders est né sous le nom de Ferrell Sanders. Au début des années 1960, lorsqu'il joue à New York avec le pianiste excentrique Sun Ra, celui-ci se met à l'appeler « Pharoah », un jeu de mots avec son prénom Farrell. Le surnom lui resta toute sa vie.
Arrivé à New York en 1962, le jeune saxophoniste connut une grande misère : il dormait parfois dans le métro, mit son saxophone en gage et vendit son sang pour survivre. Sun Ra l'hébergea et le nourrit, ce qui l'aida à tenir le coup.
En 1965, le géant du jazz John Coltrane invita Sanders, alors âgé d'à peine 24 ans, à jouer dans son groupe. Sur des disques comme « Ascension » et « Meditations », leurs deux saxophones se répondent dans des dialogues d'une intensité brûlante.
En 1969, son album « Karma » contient un morceau de plus de trente minutes, « The Creator Has a Master Plan », porté par le chant et les vocalises (un yodel surprenant) de Leon Thomas. Ce titre devint un emblème du jazz spirituel.
En 2021, à plus de 80 ans, Sanders enregistra « Promises » avec le musicien électronique Floating Points et le London Symphony Orchestra. Salué comme l'un des plus beaux disques de l'année, il fit découvrir le vieux saxophoniste à toute une nouvelle génération.
Sources primaires
Pharoah is a man of large spiritual reservoir. He's always trying to reach out to truth. He's trying to allow his spiritual self to be his guide.
The creator has a master plan, peace and happiness for every man.
Le National Endowment for the Arts nomme Pharoah Sanders NEA Jazz Master 2016, la plus haute distinction des États-Unis dans le domaine du jazz.
Lieux clés
Ville natale de Pharoah Sanders, dans le sud ségrégationniste des États-Unis, où il grandit et apprit la musique.
Ville où il s'installe après le lycée pour étudier la musique et faire ses premières armes dans les clubs de jazz.
Cœur du jazz d'avant-garde où il rencontre Sun Ra puis John Coltrane et forge son style ; il y vécut des années de bohème et de gloire.
Ville où il vécut ses dernières années et où il mourut en septembre 2022.
Objets typiques

Son instrument de prédilection, dont il tirait un souffle puissant, des cris et des sonorités extatiques caractéristiques du free jazz et du jazz spirituel.

Petite lamelle de roseau fixée au bec du saxophone qui vibre pour produire le son ; Sanders la malmenait pour obtenir ses fameuses notes suraiguës et déchirées.

Pièce où le souffle entre dans l'instrument ; en soufflant très fort, Sanders y faisait naître les multiphoniques, plusieurs sons à la fois.

Clochettes, hochets et petites percussions qui ponctuaient ses concerts et ses disques, en écho à ses inspirations africaines et spirituelles.

La célèbre pochette orange et noir du label Impulse! où il publia ses albums majeurs comme « Tauhid » et « Karma ».

Vêtement coloré d'inspiration ouest-africaine, porté par de nombreux musiciens du jazz spirituel pour affirmer une fierté et un héritage africains.
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Vie quotidienne
Matin
En tournée comme à la maison, ses journées tournaient autour de l'instrument : longues séances de travail du souffle et des gammes pour entretenir son endurance hors du commun. Le matin servait aussi à répéter de nouveaux morceaux avec ses musiciens.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux répétitions de groupe, aux séances d'enregistrement en studio ou aux déplacements d'une ville à l'autre. Comme beaucoup de jazzmen de son époque, sa vie était rythmée par les voyages incessants.
Soir
La soirée était le moment des concerts, souvent dans des clubs ou des salles, où ses prestations pouvaient s'étirer en longues improvisations enflammées. Les sets se terminaient parfois tard dans la nuit.
Alimentation
On manque de détails précis sur son régime, mais beaucoup de musiciens proches du jazz spirituel des années 1960-1970, attirés par les spiritualités orientales, adoptaient une alimentation simple et parfois végétarienne. La vie de tournée imposait souvent des repas rapides entre deux concerts.
Vêtements
Sur scène, Sanders affichait fréquemment des tenues d'inspiration africaine — tuniques colorées, coiffes — affirmant un héritage et une fierté noirs en phase avec son jazz spirituel. En studio, il restait plus sobre.
Habitat
À ses débuts new-yorkais, il vécut dans une grande précarité, hébergé un temps par Sun Ra. Avec le succès, il mena la vie d'un musicien professionnel partagée entre logements urbains et chambres d'hôtel au gré des tournées.






