Biographie

Roi de France de 1285 à 1314, Philippe le Bel renforça considérablement le pouvoir royal capétien face à la papauté et aux grands féodaux. Son règne est marqué par le procès des Templiers et la réunion des premiers États généraux.

Philippe le Bel

Philippe le Bel

6 min de lecture

PolitiqueMoyen ÂgeBas Moyen Âge, apogée de la dynastie capétienne directe au tournant des XIIIe et XIVe siècles

Questions fréquentes

Philippe le Bel est roi de France de 1285 à 1314, à l'apogée de la dynastie capétienne directe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il transforme profondément l'exercice du pouvoir royal : il s'appuie sur des légistes formés au droit romain, convoque les premiers États généraux en 1302 pour asseoir son autorité face au pape, et développe une administration centralisée (Parlement de Paris, Chambre des comptes). Moins un conquérant qu'un bâtisseur d'État, il jette les bases de la monarchie administrative moderne.

Faits marquants

  • Devient roi de France en 1285 à la mort de son père Philippe III le Hardi
  • Conflit majeur avec le pape Boniface VIII, culminant avec l'attentat d'Anagni en 1303
  • Réunit les premiers États généraux en 1302 pour soutenir sa politique face à la papauté
  • Ordonne l'arrestation des Templiers le 13 octobre 1307 ; l'ordre est dissous en 1312 et Jacques de Molay brûlé en 1314
  • Meurt en 1314, laissant un royaume au pouvoir royal fortement centralisé

Œuvres & réalisations

Réunion des premiers États généraux (1302)

Convocation des trois ordres (clergé, noblesse, villes) pour soutenir le roi face au pape : première grande assemblée représentative du royaume.

Renforcement de l'administration royale (vers 1285-1314)

Développement des légistes, du Parlement de Paris et de la Chambre des comptes, professionnalisant le gouvernement et affirmant l'État monarchique.

Affrontement avec la papauté (1296-1303)

Conflit avec Boniface VIII sur l'imposition du clergé et la souveraineté, aboutissant à l'attentat d'Anagni et à l'affirmation de l'indépendance du pouvoir royal.

Procès et dissolution de l'ordre du Temple (1307-1312)

Arrestation des Templiers, procès retentissant et suppression de l'ordre, permettant la confiscation de ses biens au profit de la Couronne.

Politique monétaire et fiscale (vers 1290-1314)

Manipulations de la monnaie, nouvelles taxes et confiscations (Juifs, Lombards) pour financer guerres et administration, au prix d'une grande impopularité.

Agrandissement du Palais de la Cité (vers 1300-1314)

Grands travaux à Paris, dont la grande salle du Palais, affirmant la majesté royale au cœur de la capitale.

Anecdotes

Surnommé « le Bel » pour sa grande beauté physique, Philippe IV était réputé pour son visage impassible et son silence presque permanent. L'évêque Bernard Saisset aurait dit de lui : « Ce n'est ni un homme ni une bête, c'est une statue. » Cette froideur impressionnait et déroutait ses contemporains.

En 1307, le vendredi 13 octobre, Philippe le Bel fit arrêter dans tout le royaume, à l'aube et simultanément, tous les Templiers de France. Cette opération secrète d'une efficacité redoutable visait à s'emparer des richesses de l'ordre, à qui le roi devait beaucoup d'argent. La légende du « vendredi 13 » porte-malheur viendrait de cet épisode.

Pour financer ses guerres et son administration, Philippe le Bel n'hésita pas à manipuler la valeur de la monnaie, ce qui lui valut le surnom méprisant de « roi faux-monnayeur ». Il expulsa aussi les Juifs du royaume en 1306 et arrêta les banquiers lombards pour confisquer leurs biens.

En 1314, les filles ou belles-filles du roi furent au cœur du scandale de la tour de Nesle : on accusa les brus de Philippe le Bel d'adultère. Les amants furent exécutés et les princesses emprisonnées, un drame qui fragilisa la succession capétienne.

Selon la tradition, le grand maître des Templiers Jacques de Molay, brûlé vif en mars 1314, aurait maudit du haut de son bûcher le roi et le pape, les convoquant devant le tribunal de Dieu. Philippe le Bel mourut quelques mois plus tard, en novembre 1314, ce qui nourrit la légende des « rois maudits ».

Sources primaires

Bulle Unam Sanctam, pape Boniface VIII (1302)
Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain.
Chronique de Guillaume de Nangis (continuation) (vers 1307-1308)
Tous les Templiers du royaume de France furent arrêtés en un même jour, par ordre du roi, et leurs biens saisis au profit du trésor royal.
Convocation aux États généraux de 1302 (1302)
Le roi convoque les prélats, les barons et les bonnes villes du royaume afin de délibérer sur les affaires touchant l'honneur du roi et du royaume face aux prétentions du pape.

Lieux clés

Palais de la Cité, Paris

Résidence royale sur l'île de la Cité, profondément agrandie par Philippe le Bel qui y fit construire de grandes salles. Centre du pouvoir et de l'administration du royaume.

Cathédrale de Reims

Lieu traditionnel du sacre des rois de France, où Philippe le Bel fut couronné en 1286. Le sacre faisait du roi l'oint du Seigneur.

Anagni (Italie)

Ville du Latium où les hommes de Philippe le Bel, menés par Guillaume de Nogaret, attaquèrent et humilièrent le pape Boniface VIII en 1303.

Château de Fontainebleau

Résidence royale où Philippe le Bel naquit et où il mourut en novembre 1314, à la suite d'un accident de chasse selon la tradition.

Île aux Juifs, Paris

Petite île de la Seine près du Palais de la Cité où Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay furent brûlés vifs en mars 1314.

Courtrai (Flandre)

Ville flamande près de laquelle l'armée des chevaliers français fut écrasée en 1302 par les milices communales lors de la bataille des Éperons d'or.

Liens externes & ressources

Œuvres

Réunion des premiers États généraux

1302

Renforcement de l'administration royale

vers 1285-1314

Affrontement avec la papauté

1296-1303

Procès et dissolution de l'ordre du Temple

1307-1312

Politique monétaire et fiscale

vers 1290-1314

Agrandissement du Palais de la Cité

vers 1300-1314

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