Phùng Thị Chính

Phùng Thị Chính

7 min de lecture

MilitairePolitiqueChef militaireRésistant(e)AntiquitéAntiquité — Ier siècle apr. J.-C., dans le delta du fleuve Rouge (Vietnam) alors sous la domination de la dynastie chinoise des Han orientaux.

Générale vietnamienne semi-légendaire ayant servi sous les sœurs Trưng lors de la révolte contre la domination chinoise des Han, vers 40 apr. J.-C. La tradition rapporte qu'elle accoucha sur le champ de bataille avant de reprendre le combat, son nouveau-né attaché dans le dos.

Questions fréquentes

Phùng Thị Chính était une générale vietnamienne semi-légendaire qui combattit aux côtés des sœurs Trưng lors de leur révolte contre la domination chinoise des Han vers 40 apr. J.-C. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle faisait partie des nombreuses femmes chefs de guerre qui commandaient des troupes dans le delta du fleuve Rouge, un fait rare dans l'histoire militaire mondiale. Selon la tradition, elle participa à la prise de soixante-cinq citadelles et combattit jusqu'à la défaite finale en 43 apr. J.-C., préférant la mort à la reddition.

Faits marquants

  • Vers 40 apr. J.-C. : rejoint la révolte des sœurs Trưng (Hai Bà Trưng) contre l'occupation des Han chinois.
  • Selon la tradition, accouche en plein combat puis continue à se battre avec son enfant porté dans le dos.
  • 43 apr. J.-C. : la révolte est écrasée par le général han Ma Yuan, mettant fin à l'éphémère royaume des Trưng.
  • Honorée au Vietnam comme héroïne nationale, célébrée dans des temples et le folklore patriotique.

Œuvres & réalisations

Participation à la prise des soixante-cinq citadelles (vers 40 apr. J.-C.)

Selon la tradition, elle commande un corps de troupes qui contribue à chasser l'administration Han du delta du fleuve Rouge.

Commandement militaire dans l'armée des sœurs Trưng (40–43 apr. J.-C.)

Comptée parmi les nombreuses générales de la révolte, elle illustre le rôle de premier plan tenu par les femmes dans cette guerre.

Résistance face à la contre-offensive de Mã Viện (42–43 apr. J.-C.)

La tradition lui prête une participation aux derniers combats, jusqu'à la défaite et la mort plutôt que la reddition.

Culte villageois dans le delta du fleuve Rouge (tradition postérieure)

Honorée comme esprit tutélaire dans plusieurs temples, elle devient une figure protectrice locale.

Mémoire d'une héroïne de l'indépendance (époque contemporaine)

Son récit nourrit l'image des femmes guerrières vietnamiennes et le patriotisme national autour des sœurs Trưng.

Anecdotes

Selon la tradition vietnamienne, Phùng Thị Chính, enceinte, aurait accouché en plein combat puis, son nouveau-né sanglé sur le dos, repris son sabre pour percer les lignes ennemies. Cet épisode, transmis de bouche à oreille, fait d'elle un symbole du courage des femmes dans la lutte pour l'indépendance — même si aucune source écrite ancienne ne le confirme.

La révolte des sœurs Trưng, vers 40 apr. J.-C., a la particularité rare d'avoir réuni de très nombreuses femmes parmi ses chefs de guerre. Phùng Thị Chính figure, aux côtés de générales comme Lê Chân ou Thánh Thiên, dans la longue liste de ces cheffes célébrées par la mémoire populaire.

Comme beaucoup de héros de cette époque, Phùng Thị Chính n'est pas mentionnée par les chroniques chinoises contemporaines : on la connaît surtout par les « thần tích », récits sacrés conservés dans les temples. Plusieurs villages du delta du fleuve Rouge lui rendent encore un culte et la vénèrent comme une divinité protectrice.

La révolte éclate parce que l'administration des Han chinois pèse de plus en plus lourd sur les Lạc Việt. Selon la tradition, le gouverneur Tô Định fait exécuter Thi Sách, l'époux de Trưng Trắc : les deux sœurs prennent les armes et entraînent derrière elles des chefs locaux, dont Phùng Thị Chính.

Après trois ans de liberté, la révolte est écrasée vers 43 apr. J.-C. par le général chinois Mã Viện. La tradition raconte que Phùng Thị Chính, voyant la défaite inévitable, préféra mourir plutôt que de se rendre, à l'image des sœurs Trưng qui, dit-on, se jetèrent dans une rivière.

Sources primaires

Hou Hanshu (Livre des Han postérieurs), Traité sur les Barbares du Sud, Fan Ye (Ve siècle apr. J.-C. (relate des faits de ~40 apr. J.-C.))
Trưng Trắc était la fille d'un Lạc tướng du district de Mê Linh ; elle était très brave. Le gouverneur de Giao Chỉ, Tô Định, la réprima par la loi ; pleine de colère, elle se révolta.
Đại Việt sử ký toàn thư (Annales complètes du Đại Việt), Ngô Sĩ Liên (1479 (compilation de traditions plus anciennes))
Au printemps de l'année kỷ-hợi, la dame Trưng de Giao Chỉ, indignée par la mort de son époux Thi Sách tué par le gouverneur Tô Định, leva une armée et chassa l'occupant ; soixante-cinq citadelles se rallièrent à elle.
Lĩnh Nam chích quái (Récits extraordinaires de Lĩnh Nam) (XIVe–XVe siècle)
Recueil de légendes du Nord vietnamien célébrant les héros fondateurs et les esprits protecteurs du pays, dont les figures de la résistance aux Han ; les généraux secondaires comme Phùng Thị Chính y survivent surtout par la mémoire des temples.
Thần tích (registres hagiographiques des temples du delta du fleuve Rouge) (tradition rédigée surtout aux XVe–XIXe siècles)
Documents villageois racontant la vie et les exploits des esprits tutélaires honorés dans chaque commune ; c'est par eux que se transmet le récit de l'accouchement de Phùng Thị Chính sur le champ de bataille.

Lieux clés

Mê Linh

Région du delta du fleuve Rouge où les sœurs Trưng établissent leur capitale ; cœur du territoire des chefs Lạc Việt ralliés à la révolte.

Hát Môn

Lieu où la révolte est proclamée vers 40 apr. J.-C. et où, selon la tradition, les sœurs Trưng trouvent la mort ; un grand temple y perpétue leur souvenir.

Lãng Bạc

Site de la bataille décisive de 43 apr. J.-C. où l'armée de Mã Viện l'emporte sur les troupes des Trưng, près de l'actuelle Hanoï.

Cấm Khê

Lieu de l'ultime résistance des forces vietnamiennes après Lãng Bạc, où beaucoup de générales auraient péri.

Temple des Hai Bà Trưng (Đồng Nhân, Hanoï)

Sanctuaire dédié aux sœurs Trưng et à leurs compagnes d'armes, où le culte des héroïnes de la révolte est entretenu jusqu'à aujourd'hui.

Voir aussi