Écrivain, poète et cinéaste italien, figure majeure de l'intelligentsia engagée d'après-guerre. Marxiste hétérodoxe et critique de la société de consommation, il marqua autant la littérature que le cinéma avant son assassinat en 1975.
Pier Paolo Pasolini(1922 — 1975)
Pier Paolo Pasolini
Italie, royaume d'Italie
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je suis une force du Passé.»
Faits marquants
- Né le 5 mars 1922 à Bologne, il publie son premier recueil de poèmes en dialecte frioulan en 1942
- Publie le roman Une vie violente (Una vita violenta) en 1959, peignant les bas-fonds romains
- Réalise L'Évangile selon saint Matthieu en 1964, salué jusque dans les milieux catholiques
- Sort Théorème (Teorema) en 1968, film-parabole sur la bourgeoisie italienne
- Assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975 à Ostie, dans des circonstances restées troubles
Œuvres & réalisations
Premier recueil de poèmes, écrit en dialecte frioulan, qui révèle son talent précoce et son attachement à une langue populaire.
Roman sur la jeunesse des banlieues pauvres de Rome, qui fait scandale par sa crudité mais le rend célèbre.
Recueil de poésie majeur où il mêle réflexion politique marxiste et émotion personnelle.
Son premier film, qui transpose à l'écran l'univers des borgate romaines avec des acteurs non professionnels.
Adaptation austère et bouleversante de la vie du Christ, saluée même par les milieux catholiques.
Film énigmatique sur une famille bourgeoise bouleversée par un visiteur mystérieux, critique de la société de consommation.
Recueil d'articles polémiques dénonçant le conformisme et l'uniformisation de la société italienne.
Son dernier film, ultraviolent et provocateur, sorti après sa mort, qui dénonce le pouvoir totalitaire.
Anecdotes
À tout juste vingt ans, Pasolini publie son premier recueil de poèmes, « Poesie a Casarsa » (1942), non pas en italien mais en frioulan, le dialecte du village de sa mère. Choisir une langue rurale et minoritaire pour faire de la grande poésie était à l'époque un geste audacieux et provocateur.
Marxiste et non-croyant, Pasolini réalise pourtant en 1964 « L'Évangile selon saint Matthieu », un film sur la vie du Christ qu'il dédie au pape Jean XXIII. Il n'engage que des acteurs amateurs et confie le rôle de la Vierge âgée à sa propre mère, Susanna.
Passionné de football, Pasolini jouait comme attaquant dans des matchs improvisés avec les équipes de tournage et soutenait le club de Bologne, sa ville natale. Il disait que le football était « la dernière représentation sacrée de notre époque ».
En 1974, dans un article retentissant du Corriere della Sera, il écrit « Je sais » : il affirme connaître les responsables des attentats qui ensanglantent l'Italie, tout en reconnaissant n'avoir aucune preuve. Le texte devient le symbole de l'intellectuel qui défie le pouvoir.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pasolini est sauvagement tué sur une plage près d'Ostie, au sud de Rome. Un jeune homme, Pino Pelosi, avoua le crime, mais ses aveux contradictoires laissent planer jusqu'à aujourd'hui le doute sur les véritables circonstances de sa mort.
Sources primaires
Je connais les noms des responsables de ce qu'on appelle un coup d'État. Je connais les noms des responsables des massacres. Mais je n'ai pas les preuves. Je n'ai même pas d'indices.
Au début des années 1960, à cause de la pollution et de la transformation des campagnes, les lucioles ont commencé à disparaître. C'est, pour Pasolini, le signe d'un changement profond et brutal de la société italienne.
Roman qui plonge dans le quotidien des jeunes des banlieues pauvres de Rome (les borgate), avec leur langue crue et leur misère, loin de l'Italie officielle et triomphante.
Recueil de poésie où Pasolini médite sur la tombe du penseur communiste Antonio Gramsci, déchiré entre sa raison marxiste et son attachement passionné au monde populaire qui disparaît.
Lieux clés
Ville d'Italie du Nord où Pasolini naît en 1922 et fait une partie de ses études. Il y développe son amour de la littérature et soutient toute sa vie l'équipe de football locale.
Village de la région du Frioul d'où vient sa mère et où il passe sa jeunesse. C'est là qu'il écrit ses premiers poèmes en dialecte frioulan.
Capitale où il s'installe en 1950 et qui devient le décor de ses romans et de ses films. Il y observe la vie des quartiers pauvres de la périphérie, le sous-prolétariat.
Lieu situé au bord de la mer, au sud de Rome, où Pasolini est assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975. Un monument y rappelle sa mémoire.
Objets typiques

Outil central de son travail de cinéaste, avec laquelle il filmait souvent caméra à l'épaule dans les rues populaires de Rome. Il privilégiait des cadrages simples inspirés de la peinture ancienne.

Instrument quotidien de l'écrivain, du poète et du journaliste qu'il était. C'est sur elle qu'il rédigeait romans, scénarios et articles polémiques.

Objet de sa passion la plus vive : Pasolini jouait régulièrement et voyait dans le football un véritable rituel collectif. Il organisait des matchs avec ses équipes de tournage.

Le livre de poèmes est l'objet par lequel Pasolini s'est d'abord fait connaître, du frioulan de sa jeunesse aux « Cendres de Gramsci ». La poésie resta pour lui une activité centrale toute sa vie.

Pasolini aimait conduire et sillonnait Rome et ses environs au volant de son automobile sportive. La voiture est tristement associée à la nuit de son assassinat à Ostie.

Support physique sur lequel étaient enregistrés et montés ses films avant l'ère numérique. Chaque bobine contenait quelques minutes d'images soigneusement assemblées au montage.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Pasolini était un travailleur acharné et discipliné : il consacrait souvent ses matinées à l'écriture, qu'il s'agisse de poèmes, de scénarios ou d'articles. Il aimait le calme pour composer avant de partir tourner ou rencontrer des gens.
Après-midi
L'après-midi, il sillonnait Rome et ses quartiers populaires, observant la vie des borgate qui nourrissait son œuvre. Pendant les tournages, il dirigeait ses acteurs, souvent des amateurs choisis dans la rue.
Soir
Le soir, il fréquentait les cafés, les amis intellectuels et artistes, ou se rendait dans les faubourgs de la ville. Il lui arrivait de conduire seul la nuit dans la périphérie romaine.
Alimentation
Comme beaucoup d'Italiens de son temps, il appréciait la cuisine populaire simple, pâtes et plats traditionnels. Il partageait volontiers des repas modestes avec les habitants des quartiers qu'il filmait.
Vêtements
Pasolini avait une allure sobre et soignée, reconnaissable à ses lunettes de soleil et à ses vestes ajustées, souvent en cuir. Son style élégant mais discret est devenu une image célèbre de l'intellectuel des années 1960-1970.
Habitat
Après ses débuts difficiles à Rome, il vécut dans des appartements de la capitale, longtemps avec sa mère à laquelle il était très attaché. À la fin de sa vie, il possédait aussi une tour ancienne près de Viterbe, dans la campagne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Poesie a Casarsa
1942
Ragazzi di vita (Les Ragazzi)
1955
Les Cendres de Gramsci (Le ceneri di Gramsci)
1957
L'Évangile selon saint Matthieu
1964
Écrits corsaires (Scritti corsari)
1975






