S

Saṃghamittā

Saṃghamittā

9 min de lecture

PolitiqueAvant J.-C.IIIe siècle avant J.-C., Empire Maurya en Inde

Fille de l'empereur Ashoka, elle fut une religieuse bouddhiste qui apporta le bouddhisme à Sri Lanka vers 246 av. J.-C. Elle fonda le premier ordre de nonnes bouddhistes (bhikkhunis) de l'île et y apporta une bouture du figuier sacré de Bodh Gaya.

Questions fréquentes

Sanghamitta était une princesse indienne, fille de l'empereur Ashoka, qui renonça à la vie de cour pour devenir nonne bouddhiste. Ce qui la rend décisive, c'est qu'elle a fondé le premier ordre de nonnes pleinement ordonnées à Sri Lanka vers 246 av. J.-C., apportant avec elle une bouture du figuier sacré de Bodh Gaya. Sans elle, les femmes de l'île n'auraient jamais pu accéder à l'ordination complète, faute de nonnes qualifiées pour présider la cérémonie.

Faits marquants

  • Fille de l'empereur Ashoka et de la reine Devi, née vers 282 av. J.-C.
  • Ordonnée nonne bouddhiste (bhikkhuni) à l'âge de 18 ans
  • Envoyée en mission à Sri Lanka vers 246 av. J.-C. à la demande du roi Devanampiya Tissa
  • Apporta une bouture du figuier de Bodh Gaya (arbre de l'Éveil du Bouddha) à Anuradhapura
  • Fonda l'ordre des bhikkhunis à Sri Lanka, permettant aux femmes d'entrer dans la vie monastique

Œuvres & réalisations

Fondation de l'ordre des bhikkhunis à Sri Lanka (vers 246 av. J.-C.)

Sanghamitta établit le premier ordre de nonnes bouddhistes pleinement ordonnées de Sri Lanka, permettant aux femmes de l'île d'accéder à la vie monastique complète. Cette institution fut déterminante pour la diffusion du bouddhisme féminin dans toute l'Asie du Sud-Est.

Transplantation du rameau du Bodhi à Anuradhapura (246 av. J.-C.)

Sanghamitta apporta une bouture authentique du figuier de Bodh Gaya, préservant ainsi un lien vivant et symbolique avec le lieu de l'Éveil du Bouddha. L'arbre issu de cette bouture, le Sri Maha Bodhi, est encore vénéré de nos jours et est le plus vieil arbre daté par des textes historiques.

Fondation du Hatthalhaka Vihara (vers 246-240 av. J.-C.)

Premier monastère féminin de Sri Lanka, fondé par Sanghamitta à Anuradhapura. Il servit de centre de formation et d'ordination pour les femmes qui souhaitaient entrer dans la vie monastique bouddhiste.

Enseignement du Vinaya Pitaka aux nonnes sri-lankaises (à partir de 246 av. J.-C.)

Sanghamitta transmit le code de discipline monastique aux premières nonnes de Sri Lanka, leur permettant de vivre en conformité stricte avec les règles établies par le Bouddha. Son enseignement assura la pérennité du Sasana féminin sur l'île pendant plusieurs siècles.

Ordination d'Anula et des premières bhikkhunis locales (vers 246 av. J.-C.)

Sanghamitta procéda à l'ordination complète de la princesse Anula (sœur du roi Devanampiya Tissa) et de nombreuses autres femmes sri-lankaises, fondant ainsi la première génération de nonnes bouddhistes indigènes de l'île.

Anecdotes

Sanghamitta était la fille de l'un des empereurs les plus puissants du monde antique, Ashoka, qui régnait sur une grande partie de l'Inde. Pourtant, elle choisit de renoncer à la vie de cour pour devenir nonne bouddhiste. Son père, bien qu'il ait lui-même embrassé le bouddhisme avec ferveur, hésita longuement avant d'accepter cette décision, tant il aimait sa fille.

Pour que les femmes de Sri Lanka puissent être pleinement ordonnées nonnes, il fallait impérativement qu'une nonne déjà ordonnée préside la cérémonie — or il n'en existait aucune sur l'île. C'est précisément pour cette raison que le roi Devanampiya Tissa demanda à Ashoka d'envoyer Sanghamitta : sans elle, les femmes auraient pu devenir novices, mais jamais bhikkhunis à part entière. Sa venue fut donc décisive pour l'égalité spirituelle des femmes à Sri Lanka.

Lors du départ de la bouture du figuier sacré de Bodh Gaya, la cérémonie fut extraordinaire selon les chroniques de l'époque : le rameau aurait émis une lumière dorée avant d'être placé sur le navire royal qui devait le transporter à Sri Lanka. Des milliers de personnes accompagnèrent la procession jusqu'au port. Ce récit, même s'il relève du merveilleux religieux, témoigne de l'importance immense que les peuples d'alors accordaient à cet événement.

Le figuier sacré que Sanghamitta planta à Anuradhapura vers 246 av. J.-C. est encore vivant aujourd'hui : c'est le Sri Maha Bodhi. Il est considéré comme le plus vieil arbre au monde dont la date de plantation est attestée par des textes historiques — soit près de 2 300 ans d'existence. Protégé dans un enclos gardé nuit et jour, il est vénéré par des millions de bouddhistes sri-lankais.

Sanghamitta fonda à Anuradhapura le premier couvent de nonnes bouddhistes de Sri Lanka, le Hatthalhaka Vihara. Elle y enseigna le Vinaya — le code de discipline monastique — à de nombreuses femmes de l'île, dont la sœur du roi elle-même, Anula, qui fut l'une des premières à recevoir l'ordination complète de ses mains.

Sources primaires

Mahavamsa (La Grande Chronique de Sri Lanka) (Ve-VIe siècle apr. J.-C. (rédigé par Mahanama, sur la base de chroniques antérieures))
Sanghamitta, tenant le rameau sacré du Bodhi, s'embarqua sur le navire royal. Et le rameau resplendit d'une lumière dorée sur la mer, remplissant de joie tous ceux qui le contemplaient. Elle arriva ainsi à Anuradhapura et planta le rameau en présence du roi Devanampiya Tissa.
Dipavamsa (Chronique de l'Île) (IVe siècle apr. J.-C.)
Sanghamitta, fille du roi Dhamma-Ashoka, reçut l'ordination complète et vint à Lanka avec le rameau du grand Bodhi et dix-huit bhikkhunis pour y établir le Sasana féminin.
Samantapasadika (commentaire de Buddhaghosa sur le Vinaya) (Ve siècle apr. J.-C.)
L'ordination d'Anula et des autres femmes de Lanka ne pouvait être accomplie sans la présence d'un quorum de bhikkhunis ; c'est pourquoi Sanghamitta vint avec des religieuses ordonnées pour que la cérémonie soit valide selon le Vinaya.
Ashokavadana (Récits d'Ashoka) (IIe-IIIe siècle apr. J.-C.)
Le roi Priyadarshi envoya son fils Mahinda et sa fille Sanghamitta pour propager le Dharma dans les contrées lointaines, conformément aux enseignements du Bienheureux Bouddha.

Lieux clés

Pataliputra (aujourd'hui Patna, Bihar, Inde)

Capitale de l'Empire Maurya, c'est là que Sanghamitta naquit et grandit à la cour de son père Ashoka. C'est également le lieu du Troisième Concile bouddhiste où fut décidé l'envoi de missionnaires à travers l'Asie.

Bodh Gaya (Bihar, Inde)

Site de l'Éveil du Bouddha sous le figuier sacré, c'est là que Sanghamitta prélevait la bouture avant son départ pour Sri Lanka. Bodh Gaya est toujours l'un des quatre grands lieux de pèlerinage bouddhistes dans le monde.

Anuradhapura (Sri Lanka)

Capitale du royaume de Sri Lanka au IIIe siècle av. J.-C., c'est là que Sanghamitta s'établit, fonda le premier couvent de nonnes et planta la bouture du figuier sacré. La ville est aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Sri Maha Bodhi (Anuradhapura, Sri Lanka)

L'arbre issu de la bouture apportée par Sanghamitta en 246 av. J.-C., encore vivant aujourd'hui. Il est considéré comme le plus vieil arbre au monde dont la date de plantation est attestée par des sources historiques écrites.

Mihintale (Sri Lanka)

Colline proche d'Anuradhapura où le frère de Sanghamitta, Mahinda, rencontra le roi Devanampiya Tissa et lui enseigna pour la première fois le bouddhisme. Ce lieu est considéré comme le berceau du bouddhisme sri-lankais.

Voir aussi