Ami proche de Jésus de Nazareth, Lazare de Béthanie fut ressuscité par le Christ selon l'Évangile selon Jean (chapitre 11). Sa résurrection est l'un des miracles fondateurs du Nouveau Testament et un symbole central de la foi chrétienne en la vie éternelle.
Saint Lazare
Saint Lazare
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vivait à Béthanie, village proche de Jérusalem, au Ier siècle apr. J.-C.
- Mort depuis quatre jours, il fut ressuscité par Jésus selon Jean 11 — épisode qui précipite la décision des autorités de condamner Jésus
- Frère de Marie et Marthe, toutes deux figures importantes du récit évangélique
- La tradition orientale en fait un évêque de Chypre ; la tradition provençale lui attribue l'évangélisation de Marseille
- Sa fête est célébrée le 17 décembre dans l'Église catholique romaine
Œuvres & réalisations
Le miracle de la résurrection de Lazare est le septième et dernier « signe » accompli par Jésus dans l'Évangile de Jean. Il constitue le sommet théologique de cet évangile et le prélude direct à la Passion : c'est cet acte qui déclenche la condamnation à mort de Jésus.
Après sa propre résurrection, Lazare devint un témoin vivant du pouvoir de Jésus sur la mort. De nombreux Juifs venaient à Béthanie uniquement pour le voir, et sa seule existence provoquait des conversions, au point que les grands prêtres envisagèrent de le faire mourir une seconde fois.
Selon la tradition de l'Église chypriote reconnue par les Pères de l'Église, Lazare gouverna la communauté chrétienne de Kition (Larnaca) en tant que premier évêque pendant environ trente ans, contribuant à l'évangélisation de l'île de Chypre.
Construite par l'empereur byzantin Léon VI après la découverte du tombeau de Lazare, cette cathédrale orthodoxe conserve ses reliques et est un lieu de pèlerinage majeur. Elle illustre l'importance durable de Lazare dans la tradition chrétienne orientale.
La scène de la résurrection de Lazare est l'une des plus anciennes représentations chrétiennes : elle apparaît dès le IIe siècle dans les catacombes romaines. Elle a inspiré des milliers d'œuvres d'art (Giotto, Rembrandt, Van Gogh) et constitue un archétype visuel fondateur de l'art occidental.
Anecdotes
Selon l'Évangile de Jean (chapitre 11), Lazare était l'ami le plus proche de Jésus en dehors de ses apôtres. Lorsque Jésus apprit sa mort, il pleura publiquement devant la foule — un des rares moments du Nouveau Testament où Jésus manifeste une émotion aussi visible. Ce passage contient le verset le plus court de la Bible : « Jésus pleura. » (Jean 11:35).
Lazare était mort depuis quatre jours et son corps avait déjà commencé à se décomposer lorsque Jésus ordonna qu'on ôte la pierre de son tombeau. Sa sœur Marthe l'avertit : « Seigneur, il sent déjà » (Jean 11:39). Jésus prononça alors à voix haute : « Lazare, viens dehors ! » — et Lazare sortit du tombeau, encore enveloppé de ses bandelettes funéraires.
La résurrection de Lazare eut un effet politique immédiat : elle déclencha la décision des grands prêtres et des pharisiens de faire arrêter Jésus. Le Grand Sanhédrin se réunit et conclut qu'il fallait éliminer Jésus avant que toute la population ne le suive. Certains chefs juifs envisagèrent même de mettre Lazare à mort une seconde fois pour supprimer le témoignage vivant du miracle.
La tradition de l'Église chypriote affirme que Lazare, après la mort de Jésus, fut contraint de fuir la Palestine. Il aurait navigué jusqu'à Chypre et serait devenu le premier évêque de Kition (l'actuelle Larnaca). Selon la légende, il vécut encore trente ans après sa résurrection, sans jamais sourire — hanté, dit-on, par ce qu'il avait vu dans l'au-delà.
Une tradition populaire médiévale, notamment développée en Provence, prétend que Lazare, Marie-Madeleine et leur sœur Marthe auraient été mis sur un bateau sans rames par les autorités romaines et auraient miraculeusement dérivé jusqu'aux côtes de Gaule. Lazare serait ainsi devenu le premier évêque de Marseille. Cette légende, non attestée historiquement, servit à légitimer le prestige religieux de la ville dès le Moyen Âge.
Sources primaires
« Jésus dit : Ôtez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il est mort depuis quatre jours. [...] Il cria d'une voix forte : Lazare, viens dehors ! Et celui qui était mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes. »
« Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité des morts. Là, on lui fit un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. »
« Lazare, après avoir été ressuscité par le Seigneur, vécut à Chypre et y fut consacré évêque par les apôtres, gouvernant l'Église de Kition. »
« Lazare, après la Passion du Seigneur, fut mis sur la mer avec ses sœurs Marthe et Marie-Madeleine, sans pilote ni rame, par les incroyants qui voulaient les faire périr. Il aborda à Marseille et y devint évêque. »
Lieux clés
Village situé à environ 3 km à l'est de Jérusalem, sur le versant oriental du mont des Oliviers. C'est là que vivaient Lazare, Marthe et Marie, et que le miracle de la résurrection eut lieu. Le site est toujours visitable aujourd'hui.
Cavité taillée dans le roc calcaire, identifiée depuis l'Antiquité comme le lieu de la résurrection de Lazare. Les pèlerins chrétiens le visitent depuis le IVe siècle. Une mosquée a été construite au-dessus au XVIe siècle, mais le tombeau reste accessible.
Capitale religieuse de la Judée où Jésus se rendit peu après la résurrection de Lazare, déclenchant son entrée triomphale (dimanche des Rameaux). C'est dans cette ville que les grands prêtres prirent la décision fatale de faire arrêter Jésus.
Selon la tradition de l'Église orthodoxe de Chypre, Lazare s'y réfugia après la mort de Jésus et y fut consacré évêque. La cathédrale Saint-Lazare, construite au IXe siècle, abrite son tombeau et est un des hauts lieux du christianisme orthodoxe.
Selon une légende médiévale provençale, Lazare aurait débarqué à Marseille après une traversée miraculeuse de la Méditerranée et serait devenu le premier évêque de la ville. Cette tradition, non confirmée historiquement, est à l'origine du culte de saint Lazare en Provence.
Objets typiques

Lazare sortit du tombeau encore enveloppé de ces bandes de lin imbibées d'aromates qui servaient à envelopper les corps dans la tradition juive du Ier siècle. Jésus ordonna à ses proches : « Déliez-le et laissez-le aller. »

Une grande pierre ronde fermait le tombeau taillé dans le roc où Lazare était enseveli, selon la coutume funéraire juive de l'époque. Jésus ordonna qu'on la déplace avant d'appeler Lazare, malgré l'objection de Marthe qui craignait l'odeur de la décomposition.

Lors du repas à Béthanie offert en l'honneur de Lazare ressuscité, sa sœur Marie répandit sur les pieds de Jésus un parfum de nard pur très coûteux (environ 300 deniers, soit une année de salaire). Ce geste d'une grande valeur symbolique précédait de six jours la Passion du Christ.

Selon la tradition chypriote, Lazare devint après la Pentecôte le premier évêque de Kition (Larnaca). La crosse est le bâton pastoral symbolisant la charge d'un évêque, chargé de guider son troupeau de fidèles.

Grand drap de lin dans lequel le corps de Lazare avait été enveloppé pour l'inhumation, conformément à la pratique juive qui imposait une sépulture rapide, idéalement avant le coucher du soleil suivant le décès.

Objet quotidien indispensable dans une maison palestinienne du Ier siècle, utilisé pour s'éclairer dans les tombeaux creusés dans le roc et dans les habitations sans fenêtres. La lumière est un symbole fort dans l'Évangile de Jean, qui oppose continuellement lumière et ténèbres.
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Vie quotidienne
Matin
Lazare, juif pieux de Béthanie, commençait sa journée par la prière du Shema Israël au lever du soleil, récitée face à Jérusalem visible depuis les hauteurs du mont des Oliviers. Il revêtait sa tunique de lin et ses sandales de cuir avant de participer aux tâches domestiques ou communautaires du village.
Après-midi
La vie à Béthanie s'organisait autour de l'agriculture (vignes, oliviers, figuiers) et du petit commerce avec Jérusalem toute proche. Lazare était probablement un homme de condition aisée — sa maison était assez grande pour accueillir Jésus et ses disciples, et sa sœur Marie possédait du parfum de nard valant une fortune. Il participait aux réunions à la synagogue locale et aux discussions religieuses.
Soir
Le soir, la famille se réunissait autour d'un repas simple pris à même le sol sur des nattes. Les repas partagés avec Jésus étaient des moments de discussion intense sur les Écritures et le Royaume de Dieu. La loi juive imposant le repos du shabbat du vendredi soir au samedi soir rythmait profondément la semaine.
Alimentation
L'alimentation de Lazare respectait les règles de la cacherout (lois alimentaires juives) : pain d'orge ou de blé, olives et huile d'olive, figues, dattes, lentilles, pois chiches, et poisson séché. La viande était rare et réservée aux fêtes religieuses (agneau pascal notamment). L'eau et le vin coupé d'eau constituaient les boissons principales.
Vêtements
Lazare portait une tunique (kuttonet) de lin ou de laine descendant aux genoux ou aux chevilles, ceinturée par une lanière de cuir. Par-dessus, un manteau (tallit) servait à la fois de vêtement, de couverture la nuit et de châle de prière. Des sandales de cuir tressé protégeaient les pieds. À sa mort, son corps fut enveloppé de bandelettes de lin imbibées d'aromates selon la coutume juive.
Habitat
La maison familiale de Béthanie était probablement une demeure en pierre calcaire à un ou deux étages, typique des villages judéens aisés. Elle comportait une cour intérieure, une citerne pour recueillir l'eau de pluie, et des chambres séparées pour les hommes et les femmes. Non loin se trouvait le tombeau familial taillé dans le roc — les Juifs enterraient généralement leurs morts à proximité de la maison dans des hypogées creusés dans la colline.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Résurrection de Lazare (Jean 11)
vers 30 apr. J.-C.
Témoignage vivant de la résurrection (Jean 12)
vers 30 apr. J.-C.
Épiscopat de Kition (Chypre)
vers 33-63 apr. J.-C.
Cathédrale Saint-Lazare de Larnaca
890 apr. J.-C.
Iconographie de la résurrection de Lazare
IIe siècle apr. J.-C. — présent






