Samuel Beckett(1906 — 1989)

Samuel Beckett

Irlande

6 min de lecture

LettresSpectacleDramaturgeÉcrivain(e)Poète(sse)XXe siècleXXe siècle — modernisme tardif et théâtre de l'absurde de l'après-guerre

Écrivain, dramaturge et poète irlandais d'expression française et anglaise. Figure majeure du théâtre de l'absurde, il a révolutionné l'écriture dramatique avec En attendant Godot (1953). Prix Nobel de littérature en 1969.

Questions fréquentes

Samuel Beckett (1906-1989) est un écrivain et dramaturge irlandais, figure majeure du théâtre de l'absurde. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné l'écriture dramatique avec En attendant Godot (1953), où deux vagabonds attendent un mystérieux Godot qui ne vient jamais. Sa carrière bascule quand il choisit d'écrire en français à partir des années 1940, ce qui lui permet un dépouillement radical. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1969, qu'il ne va pas chercher, par discrétion.

Citations célèbres

« Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. »
« Rien n'est plus drôle que le malheur. »

Faits marquants

  • Né en 1906 à Foxrock, près de Dublin (Irlande)
  • S'installe à Paris en 1937 et écrit désormais souvent en français
  • Crée En attendant Godot en 1953 au Théâtre de Babylone à Paris
  • Reçoit le prix Nobel de littérature en 1969
  • Mort en 1989 à Paris

Œuvres & réalisations

Murphy (1938)

Premier roman publié de Beckett, écrit en anglais, mêlant humour noir et personnages désœuvrés. Il annonce les thèmes de l'errance et de l'absurde.

Molloy, Malone meurt, L'Innommable (trilogie) (1951-1953)

Trois romans écrits en français qui défont le récit traditionnel. Ils explorent une conscience qui parle sans fin, jusqu'au célèbre « il faut continuer ».

En attendant Godot (1952)

Pièce où deux hommes attendent un certain Godot qui ne vient jamais. Chef-d'œuvre fondateur du théâtre de l'absurde, jouée dans le monde entier.

Fin de partie (1957)

Pièce en un acte enfermant quatre personnages dans une pièce close à la fin d'un monde. Une œuvre dépouillée sur l'attente de la mort.

La Dernière Bande (Krapp's Last Tape) (1958)

Monologue d'un vieil homme qui réécoute les bandes magnétiques de sa jeunesse. Une méditation poignante sur le temps et la mémoire.

Oh les beaux jours (Happy Days) (1961)

Une femme enfouie peu à peu dans un monticule de terre continue de bavarder, optimiste. Pièce emblématique de l'absurde tragique.

Prix Nobel de littérature (1969)

Récompense suprême saluant une œuvre qui renouvelle le roman et le théâtre. Beckett, discret jusqu'à la timidité, n'alla pas chercher le prix en personne.

Cap au pire (Worstward Ho) (1983)

Texte tardif d'une extrême concision sur l'échec et l'effort de continuer. On y lit la formule devenue célèbre : « rate encore, rate mieux ».

Anecdotes

Samuel Beckett est le seul lauréat du prix Nobel à figurer dans le Wisden, l'almanach de référence du cricket. Étudiant à Trinity College Dublin, il jouait assez bien pour disputer de vrais matchs de première classe. Toute sa vie, il a gardé la passion de ce sport anglais.

Arrivé à Paris en 1928, le jeune Beckett devient proche du célèbre écrivain irlandais James Joyce, presque aveugle. Il l'aide tant dans son travail qu'on l'a longtemps pris pour son secrétaire. Il lui faisait parfois la lecture et participait à de longues discussions littéraires.

En janvier 1938, dans une rue de Paris, Beckett est poignardé par un inconnu qui réclamait de l'argent ; la lame manque de peu son cœur. Plus tard, il rend visite à son agresseur en prison pour comprendre son geste. L'homme répond seulement : « Je ne sais pas, monsieur. »

Pendant l'Occupation, Beckett rejoint un réseau de la Résistance à Paris, traduisant et regroupant des renseignements. Quand la Gestapo démantèle le réseau en 1942, il fuit avec sa compagne Suzanne vers Roussillon, dans le sud de la France. Il recevra la Croix de guerre pour son courage.

Pour une reprise d'En attendant Godot, son ami le sculpteur Alberto Giacometti lui fabrique l'arbre unique qui orne le décor. Les deux artistes passèrent une nuit entière à modeler ce maigre arbre de plâtre, sans jamais en être tout à fait satisfaits.

Sources primaires

En attendant Godot, ouverture (1952)
ESTRAGON. — Rien à faire. VLADIMIR. — Je commence à le croire.
Fin de partie, première réplique de Clov (1957)
Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir.
L'Innommable, dernières lignes (1953)
...il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.
Cap au pire (Worstward Ho), texte original anglais (1983)
Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better.

Lieux clés

Foxrock (Dublin), Irlande

Banlieue résidentielle au sud de Dublin où Beckett naît en 1906. Les paysages irlandais de son enfance hanteront discrètement son œuvre.

Trinity College, Dublin

Université prestigieuse où Beckett étudie le français et l'italien et brille au cricket. Il y revient brièvement enseigner avant de choisir Paris.

Paris, France

Ville d'adoption de Beckett dès 1928, où il écrit l'essentiel de son œuvre, en français, et où il meurt en 1989. Il vivait boulevard Saint-Jacques, dans le 14e arrondissement.

Roussillon, Vaucluse

Village du sud de la France où Beckett se réfugie de 1942 à 1945 après la trahison de son réseau de Résistance. Il y travaille la terre et y commence le roman Watt.

Saint-Lô, Normandie

Ville normande rasée par les bombardements de 1944 où Beckett s'engage en 1945 pour la Croix-Rouge irlandaise. Il y est confronté de près à la misère de l'après-guerre.

Ussy-sur-Marne, Seine-et-Marne

Village où Beckett possède une petite maison de campagne, refuge pour écrire loin du bruit de Paris. Il y trouvait le calme et la solitude qu'il recherchait.

Voir aussi