Samuel Richardson est un écrivain et imprimeur anglais du XVIIIe siècle. Pionnier du roman épistolaire, il est considéré comme l'un des fondateurs du roman moderne avec ses œuvres centrées sur la psychologie et la morale.
Samuel Richardson(1687 — 1761)
Samuel Richardson
royaume de Grande-Bretagne, royaume d'Angleterre
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1689 dans le Derbyshire, en Angleterre
- Publie Pamela ou la Vertu récompensée en 1740, immense succès européen
- Fait paraître Clarissa Harlowe entre 1747 et 1748, son chef-d'œuvre épistolaire
- Publie Histoire de Sir Charles Grandison en 1753
- Meurt en 1761 à Londres, influençant durablement le roman européen (Rousseau, Diderot)
Œuvres & réalisations
Avant la fiction, Richardson publie sa propre version commentée des fables, signe de son goût pour la leçon morale.
Son premier roman, immense succès, raconté tout entier en lettres ; il contribue à fonder le roman moderne anglais.
Manuel de modèles de lettres dont la rédaction donna naissance, presque par accident, à « Pamela ».
Seconde partie de Pamela, écrite en partie pour répondre aux imitations et parodies de son premier succès.
Considéré comme son chef-d'œuvre : un roman épistolaire monumental et tragique, sommet de l'analyse psychologique.
Dernier roman, qui propose le portrait d'un héros masculin parfaitement vertueux et bon.
Anecdotes
Enfant, Samuel Richardson était si posé que ses camarades d'école le surnommaient « Serious » (le Sérieux) et « Gravity » (le Grave). Vers treize ans, trois jeunes filles du voisinage, le sachant discret et habile de la plume, lui demandèrent d'écrire à leur place leurs lettres d'amour à leurs prétendants. Il raconta plus tard que ce rôle de confident lui apprit très tôt à observer le cœur des femmes.
Richardson n'a écrit son premier roman qu'à plus de cinquante ans, presque par hasard. Deux libraires lui avaient commandé un manuel de modèles de lettres pour gens peu lettrés ; en rédigeant un exemple de lettre d'une jeune servante menacée par son maître, il s'enflamma pour l'histoire et la transforma en un roman complet, « Pamela » (1740).
Le succès de « Pamela » fut tel qu'on parla de « Pamela-mania » : on vendait des éventails et des estampes illustrant le roman, et l'on raconte que dans certains villages les habitants firent sonner les cloches de l'église en apprenant le mariage de l'héroïne, comme s'il s'agissait d'une personne réelle.
Quand « Clarissa » parut par épisodes, des lecteurs bouleversés supplièrent Richardson de sauver l'héroïne. Une admiratrice, Lady Bradshaigh, lui écrivit longuement sous un faux nom pour réclamer une fin heureuse. L'auteur refusa : il tenait à sa fin tragique pour montrer que la vertu ne triomphe pas toujours dans ce monde.
Imprimeur prospère, Richardson aimait soumettre ses manuscrits à un cercle d'amies cultivées qui lui donnaient leur avis chapitre après chapitre. Dans sa maison de campagne près de Londres, il lisait à voix haute ses romans en cours et discutait du destin de ses personnages avec ce petit comité de lectrices.
Sources primaires
Roman publié « afin de cultiver les principes de la vertu et de la religion dans l'esprit de la jeunesse des deux sexes » — selon la page de titre originale.
Le recueil promet d'enseigner « non seulement le style et les formes requises pour écrire des lettres familières, mais aussi comment penser et agir avec justesse et prudence dans les affaires communes de la vie humaine ».
L'ouvrage se présente comme « comprenant les préoccupations les plus importantes de la vie privée », et Richardson y défend, dans sa postface, le droit du roman à finir tragiquement.
Dernier roman de Richardson, il entend offrir le portrait d'« un homme de véritable honneur », pendant masculin et vertueux de ses héroïnes.
Lieux clés
Région du centre de l'Angleterre où Samuel Richardson naquit, dans une famille d'artisan menuisier. Il y passa son enfance avant de partir apprendre un métier à Londres.
Cœur de l'imprimerie londonienne où Richardson fit son apprentissage puis installa son atelier prospère. C'est là qu'il imprima et écrivit l'essentiel de son œuvre.
Maison de campagne où Richardson aimait recevoir son cercle d'amies et de lecteurs, et leur lire ses manuscrits en cours.
Dernière demeure de Richardson, dans un faubourg verdoyant à l'ouest de Londres, où il s'éteignit en 1761.
Église paroissiale du quartier des imprimeurs où Samuel Richardson fut inhumé. Surnommée « l'église des journalistes et imprimeurs ».
Objets typiques

Lourde machine à bras, héritière de Gutenberg, sur laquelle Richardson imprimait livres, journaux parlementaires et ses propres romans. Sa fortune d'écrivain reposait d'abord sur son métier d'imprimeur.

Casier compartimenté contenant les lettres en métal que le compositeur assemblait à la main pour former les pages. Le maniement des caractères était au cœur du métier d'imprimeur.

Instrument d'écriture quotidien avec lequel Richardson rédigeait ses immenses romans et son abondante correspondance. Sa carrière commença d'ailleurs en écrivant des lettres pour autrui.

Cœur même de l'œuvre de Richardson : ses romans sont écrits sous forme de lettres échangées entre les personnages. Il entretenait aussi une vaste correspondance réelle avec ses lecteurs et amis.

Gros volumes, parfois en plusieurs tomes comme « Clarissa », vendus aux lecteurs avides du XVIIIe siècle. L'objet livre devient un divertissement bourgeois à la mode.

Petite réglette métallique tenue à la main dans laquelle on alignait les caractères ligne après ligne. Outil emblématique du savoir-faire patient de l'imprimeur.
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Vie quotidienne
Matin
Richardson commençait tôt, en imprimeur consciencieux : il passait dans son atelier de Salisbury Court vérifier la composition des pages, les épreuves et le travail de ses ouvriers. La matinée mêlait surveillance du commerce et premières heures d'écriture.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux affaires de l'imprimerie — contrats avec les libraires, impression des journaux du Parlement — et, à mesure que grandissait sa gloire, à la rédaction de ses romans, qu'il écrivait debout à un haut pupitre.
Soir
Le soir, surtout dans sa maison de campagne, il aimait recevoir un cercle d'amies cultivées et de lecteurs, leur lisant à voix haute ses chapitres en cours et discutant longuement du sort de ses personnages.
Alimentation
Sa table était celle d'un bourgeois londonien aisé du XVIIIe siècle : viandes rôties, pain, légumes, fromages, accompagnés de bière, de vin ou de thé, boisson alors de plus en plus à la mode en Angleterre.
Vêtements
Il portait l'habit sobre du bourgeois respectable : justaucorps, gilet et culotte de drap de couleurs discrètes, bas, chaussures à boucle, et la perruque poudrée d'usage chez les hommes établis.
Habitat
Il vivait dans une maison-atelier en ville, où logement et imprimerie se côtoyaient, et possédait en outre une maison de campagne dans les faubourgs verdoyants de Londres pour fuir l'agitation et écrire au calme.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Édition révisée des Fables d'Ésope
1739
Pamela, ou la Vertu récompensée
1740
Letters Written to and for Particular Friends
1741
Pamela in her Exalted Condition (suite de Pamela)
1741
Clarissa, ou l'Histoire d'une jeune dame
1748
The History of Sir Charles Grandison
1753






