Sardanapale est un roi légendaire d'Assyrie, figure de la tradition grecque ancienne. Réputé pour son luxe extrême et sa vie dissolue, il aurait préféré mourir dans les flammes plutôt que de se rendre à ses ennemis. Son destin tragique a inspiré de nombreuses œuvres artistiques, notamment le tableau d'Eugène Delacroix.
Sardanapale
Sardanapale
Assyrie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Personnage légendaire mentionné par les auteurs grecs antiques, notamment Ctésias de Cnide (Ve-IVe s. av. J.-C.)
- Identifié parfois à Assurbanipal, dernier grand roi assyrien (669-627 av. J.-C.)
- Selon la légende, il aurait péri dans un immense bûcher avec ses richesses et ses concubines plutôt que de capituler
- Sa figure symbolise la décadence orientale dans la tradition occidentale antique et moderne
- Eugène Delacroix peint 'La Mort de Sardanapale' en 1827, œuvre emblématique du romantisme français
Œuvres & réalisations
Inscription apocryphe censée figurer sur le tombeau du roi, résumant sa philosophie hédoniste : « Je possède tout ce que j'ai mangé et joui. » Ce texte bref a nourri pendant des siècles les débats philosophiques sur le plaisir et la vertu.
Premier récit grec détaillé de la vie et de la mort de Sardanapale, rédigé par un médecin grec ayant vécu à la cour perse. Conservé seulement en fragments, ce texte fondateur a transmis la légende à toute la tradition occidentale.
Pièce de théâtre romantique en cinq actes dans laquelle Byron réhabilite partiellement Sardanapale, le présentant comme un roi pacifiste et sensible plutôt qu'un simple dépravé. L'œuvre connut un immense succès dans toute l'Europe.
Tableau monumental (392 × 496 cm) conservé au Louvre, représentant le roi alangui sur son bûcher entouré de femmes massacrées et de trésors détruits. Chef-d'œuvre du romantisme français, il scandalisa le Salon mais imposa Delacroix comme grand maître du genre.
Cantate pour ténor, chœur et orchestre composée par Berlioz pour le Grand Prix de Rome, qu'il remporta avec cette œuvre. La partition illustre la scène du bûcher avec une puissance orchestrale caractéristique du style berliozien.
Anecdotes
Selon Ctésias de Cnide, historien grec du Ve siècle av. J.-C., Sardanapale était si reclus dans son palais que ses propres généraux ne l'avaient jamais vu en personne. Il gouvernait depuis ses appartements intérieurs, caché derrière des rideaux de lin brodé, entouré uniquement de ses concubines et de ses eunuques.
Lorsque les révoltés conduits par le général Arbacès réussirent à s'approcher de ses appartements privés, ils trouvèrent le roi vêtu de robes féminines, en train de filer de la laine parmi ses concubines. Cette scène, rapportée par Diodore de Sicile, illustrait pour les Grecs le modèle même du roi dépravé et efféminé.
Assiégé dans Ninive pendant deux ans, Sardanapale résista longtemps grâce aux immenses provisions du palais. Quand la muraille céda, il organisa un bûcher gigantesque : il y fit jeter tout son or, son argent, ses concubines, ses eunuques et ses favoris, puis se précipita lui-même dans les flammes, préférant mourir en roi plutôt que de survivre en vaincu.
Une inscription légendaire gravée sur son tombeau, citée par l'auteur grec Athénée, aurait dit : « Je possède tout ce que j'ai mangé, ce dont j'ai joui et les plaisirs de l'amour. Tout le reste est oublié. » Ce texte, vrai manifeste hédoniste avant l'heure, a fasciné les philosophes et les poètes de l'Antiquité jusqu'au romantisme.
Le tableau d'Eugène Delacroix, La Mort de Sardanapale (1827), représente le roi allongé sur son bûcher, regardant avec indifférence le massacre de ses femmes, de ses chevaux et la destruction de ses trésors. Ce chef-d'œuvre du romantisme causa un scandale au Salon de Paris et reste l'une des œuvres les plus célèbres inspirées par la légende assyrienne.
Sources primaires
Sardanapale, le dernier roi des Assyriens, surpassa en mollesse et en luxe tous ceux qui l'avaient précédé. Non seulement il vivait à l'écart des hommes, caché dans son palais, mais il portait des robes de femme et cherchait à imiter la façon de vivre des femmes.
Sur la tombe de Sardanapale, on lisait : « J'ai tout ce que j'ai mangé et tout ce dont j'ai joui en amour ; quant aux trésors que j'ai possédés, je les ai laissés derrière moi. »
Sardanapale, apprenant que ses ennemis avaient franchi les murs de Ninive, fit élever un immense bûcher dans le palais royal, y rassembla ses trésors, ses femmes et ses eunuques, et s'y précipita lui-même dans les flammes.
On dit que Sardanapale fut le dernier roi des Assyriens et qu'il préféra périr dans les flammes avec tout ce qu'il possédait plutôt que de tomber aux mains des Mèdes.
Lieux clés
Capitale légendaire du règne de Sardanapale, Ninive fut l'une des plus grandes villes du monde antique, comptant peut-être 150 000 habitants à son apogée. C'est dans son palais que, selon la tradition, le roi organisa le bûcher final plutôt que de se rendre aux Mèdes.
Selon Diodore de Sicile, la révolte qui menaça Sardanapale fut déclenchée en Bactriane par le satrape Arbacès le Mède. Cette province lointaine de l'empire fut le point de départ de la coalition qui détruisit la puissance assyrienne.
Capitale perse où Ctésias de Cnide, médecin et historien grec, rédigea sa Persica au Ve siècle av. J.-C. C'est probablement là que fut codifiée pour la première fois la légende de Sardanapale telle que la tradition occidentale l'a reçue.
Le tableau de Delacroix, La Mort de Sardanapale (1827), est conservé au Louvre et constitue aujourd'hui le principal vecteur de la légende pour le grand public. Des millions de visiteurs y découvrent chaque année le destin tragique du roi assyrien légendaire.
Objets typiques

Insigne de la royauté assyrienne, orné d'or et de pierres précieuses, il symbolise un pouvoir absolu que Sardanapale préfère consumer dans les flammes plutôt que de remettre à un vainqueur. Objet de représentation autant que d'autorité.

Sardanapale portait, selon la tradition grecque, des vêtements féminins de lin fin aux couleurs vives brodés de fils d'or, scandalisantt ses généraux et ses visiteurs. Ce détail vestimentaire est devenu l'un des traits les plus célèbres de sa légende.

Les banquets légendaires de Sardanapale étaient servis dans des coupes d'or massif remplies de vins précieux de Phénicie et de Chypre. Ces vases symbolisent l'opulence démesurée d'un roi qui privilégiait le plaisir à la guerre.

Selon Diodore de Sicile, Sardanapale filait la laine parmi ses concubines lorsque ses ennemis le découvrirent. Le fuseau et la quenouille, attributs féminins dans l'Antiquité, devinrent dans sa légende le symbole de son refus des vertus guerrières traditionnelles.

Pour ne pas tomber aux mains de ses ennemis, Sardanapale fit dresser un immense bûcher dans son palais de Ninive. Les torches qui l'embrasèrent sont devenues le symbole ultime du refus de la soumission et de la chute d'un empire.

L'empire assyrien était administré grâce à des milliers de tablettes d'argile couvertes de cunéiforme. La grande bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive, à laquelle Sardanapale est associé, contenait plus de 30 000 tablettes — l'une des plus grandes collections du monde antique.

Les chroniqueurs grecs insistent sur les parures extravagantes que portait Sardanapale : colliers d'or, bracelets d'ambre et d'ivoire, diadèmes sertis de lapis-lazuli. Ces ornements illustrent la richesse légendaire de l'empire assyrien à son apogée.
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Vie quotidienne
Matin
Selon les sources grecques, Sardanapale ne se levait pas à l'aurore comme les rois guerriers. Il restait dans ses appartements intérieurs, servi par ses eunuques et entouré de parfums d'Orient. Les audiences royales, rarissimes, se tenaient derrière des rideaux afin que les sujets ne puissent pas voir son visage.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux plaisirs de la cour : banquets somptueux arrosés de vins de Phénicie, spectacles de danse et de musique, jeux de plateau. Sardanapale aurait aussi pratiqué le filage de la laine parmi ses concubines, activité jugée scandaleuse pour un roi par les moralistes grecs.
Soir
Les soirées du palais de Ninive étaient des fêtes interminables : festins aux mets exotiques, lumières de milliers de lampes à huile reflétées dans les bassins, musiques de cithares et de flûtes. Le roi terminait la nuit entouré de ses favoris dans des salles aux murs couverts de reliefs sculptés représentant ses ancêtres à la chasse.
Alimentation
La table de Sardanapale passait pour la plus somptueuse du monde connu : viandes rôties parfumées au safran, poissons du Tigre et de l'Euphrate, dattes et figues fraîches, vins de Phénicie et de Chypre servis dans des coupes d'or. Les sources grecques mentionnent des banquets réunissant plusieurs centaines de convives.
Vêtements
Sardanapale portait, selon Diodore de Sicile, des robes de lin fin aux couleurs vives brodées de fils d'or, des sandales de cuir souple, des perruques parfumées et des fards comme les femmes de sa cour. Ces vêtements féminins, choquants pour les Grecs, symbolisaient son refus des vertus militaires traditionnelles.
Habitat
Le palais de Ninive était une construction gigantesque de plusieurs hectares, ornée de bas-reliefs sculptés représentant des chasses royales et des batailles, entourée de jardins irrigués. Les appartements intérieurs, inaccessibles aux hommes libres, étaient réservés au roi, à ses femmes, à ses eunuques et à ses favorites.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Épitaphe légendaire de Sardanapale
Attribuée à l'Antiquité, citée par Athénée (IIe-IIIe s. apr. J.-C.)
Persica — Ctésias de Cnide
Ve siècle av. J.-C.
Sardanapalus — Lord Byron
1821
La Mort de Sardanapale — Eugène Delacroix
1827
Sardanapale (cantate) — Hector Berlioz
1830





