Biographie

Sardanapale est un roi légendaire d'Assyrie, figure de la tradition grecque ancienne. Réputé pour son luxe extrême et sa vie dissolue, il aurait préféré mourir dans les flammes plutôt que de se rendre à ses ennemis. Son destin tragique a inspiré de nombreuses œuvres artistiques, notamment le tableau d'Eugène Delacroix.

Sardanapale

Sardanapale

Assyrie

8 min de lecture

MythologiePolitiqueMilitaireAvant J.-C.Antiquité proche-orientale, période des grands empires mésopotamiens (IXe-VIIe siècle av. J.-C.)

Questions fréquentes

Sardanapale est un roi légendaire d'Assyrie qui incarne, dans la tradition grecque, l'image du souverain décadent et hédoniste. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'est pas un personnage historique avéré, mais une figure mythologique construite par des auteurs comme Ctésias de Cnide au Ve siècle av. J.-C. pour illustrer la dégénérescence des empires orientaux. Son importance culturelle est immense : il a inspiré des œuvres majeures comme La Mort de Sardanapale d'Eugène Delacroix (1827) ou la pièce Sardanapalus de Lord Byron (1821), devenant un symbole romantique du refus de la soumission et de la quête de plaisir jusqu'à la mort.

Faits marquants

  • Personnage légendaire mentionné par les auteurs grecs antiques, notamment Ctésias de Cnide (Ve-IVe s. av. J.-C.)
  • Identifié parfois à Assurbanipal, dernier grand roi assyrien (669-627 av. J.-C.)
  • Selon la légende, il aurait péri dans un immense bûcher avec ses richesses et ses concubines plutôt que de capituler
  • Sa figure symbolise la décadence orientale dans la tradition occidentale antique et moderne
  • Eugène Delacroix peint 'La Mort de Sardanapale' en 1827, œuvre emblématique du romantisme français

Œuvres & réalisations

Épitaphe légendaire de Sardanapale (Attribuée à l'Antiquité, citée par Athénée (IIe-IIIe s. apr. J.-C.))

Inscription apocryphe censée figurer sur le tombeau du roi, résumant sa philosophie hédoniste : « Je possède tout ce que j'ai mangé et joui. » Ce texte bref a nourri pendant des siècles les débats philosophiques sur le plaisir et la vertu.

Persica — Ctésias de Cnide (Ve siècle av. J.-C.)

Premier récit grec détaillé de la vie et de la mort de Sardanapale, rédigé par un médecin grec ayant vécu à la cour perse. Conservé seulement en fragments, ce texte fondateur a transmis la légende à toute la tradition occidentale.

Sardanapalus — Lord Byron (1821)

Pièce de théâtre romantique en cinq actes dans laquelle Byron réhabilite partiellement Sardanapale, le présentant comme un roi pacifiste et sensible plutôt qu'un simple dépravé. L'œuvre connut un immense succès dans toute l'Europe.

La Mort de Sardanapale — Eugène Delacroix (1827)

Tableau monumental (392 × 496 cm) conservé au Louvre, représentant le roi alangui sur son bûcher entouré de femmes massacrées et de trésors détruits. Chef-d'œuvre du romantisme français, il scandalisa le Salon mais imposa Delacroix comme grand maître du genre.

Sardanapale (cantate) — Hector Berlioz (1830)

Cantate pour ténor, chœur et orchestre composée par Berlioz pour le Grand Prix de Rome, qu'il remporta avec cette œuvre. La partition illustre la scène du bûcher avec une puissance orchestrale caractéristique du style berliozien.

Anecdotes

Selon Ctésias de Cnide, historien grec du Ve siècle av. J.-C., Sardanapale était si reclus dans son palais que ses propres généraux ne l'avaient jamais vu en personne. Il gouvernait depuis ses appartements intérieurs, caché derrière des rideaux de lin brodé, entouré uniquement de ses concubines et de ses eunuques.

Lorsque les révoltés conduits par le général Arbacès réussirent à s'approcher de ses appartements privés, ils trouvèrent le roi vêtu de robes féminines, en train de filer de la laine parmi ses concubines. Cette scène, rapportée par Diodore de Sicile, illustrait pour les Grecs le modèle même du roi dépravé et efféminé.

Assiégé dans Ninive pendant deux ans, Sardanapale résista longtemps grâce aux immenses provisions du palais. Quand la muraille céda, il organisa un bûcher gigantesque : il y fit jeter tout son or, son argent, ses concubines, ses eunuques et ses favoris, puis se précipita lui-même dans les flammes, préférant mourir en roi plutôt que de survivre en vaincu.

Une inscription légendaire gravée sur son tombeau, citée par l'auteur grec Athénée, aurait dit : « Je possède tout ce que j'ai mangé, ce dont j'ai joui et les plaisirs de l'amour. Tout le reste est oublié. » Ce texte, vrai manifeste hédoniste avant l'heure, a fasciné les philosophes et les poètes de l'Antiquité jusqu'au romantisme.

Le tableau d'Eugène Delacroix, La Mort de Sardanapale (1827), représente le roi allongé sur son bûcher, regardant avec indifférence le massacre de ses femmes, de ses chevaux et la destruction de ses trésors. Ce chef-d'œuvre du romantisme causa un scandale au Salon de Paris et reste l'une des œuvres les plus célèbres inspirées par la légende assyrienne.

Sources primaires

Bibliotheca historica — Diodore de Sicile (Ier siècle av. J.-C.)
Sardanapale, le dernier roi des Assyriens, surpassa en mollesse et en luxe tous ceux qui l'avaient précédé. Non seulement il vivait à l'écart des hommes, caché dans son palais, mais il portait des robes de femme et cherchait à imiter la façon de vivre des femmes.
Deipnosophistae (Le Banquet des sophistes) — Athénée de Naucratis (IIe-IIIe siècle apr. J.-C.)
Sur la tombe de Sardanapale, on lisait : « J'ai tout ce que j'ai mangé et tout ce dont j'ai joui en amour ; quant aux trésors que j'ai possédés, je les ai laissés derrière moi. »
Persica — Ctésias de Cnide (fragment conservé par Photius) (Ve siècle av. J.-C. (texte conservé au IXe siècle apr. J.-C.))
Sardanapale, apprenant que ses ennemis avaient franchi les murs de Ninive, fit élever un immense bûcher dans le palais royal, y rassembla ses trésors, ses femmes et ses eunuques, et s'y précipita lui-même dans les flammes.
Géographie — Strabon (Ier siècle av. J.-C.)
On dit que Sardanapale fut le dernier roi des Assyriens et qu'il préféra périr dans les flammes avec tout ce qu'il possédait plutôt que de tomber aux mains des Mèdes.

Lieux clés

Ninive (Irak actuel)

Capitale légendaire du règne de Sardanapale, Ninive fut l'une des plus grandes villes du monde antique, comptant peut-être 150 000 habitants à son apogée. C'est dans son palais que, selon la tradition, le roi organisa le bûcher final plutôt que de se rendre aux Mèdes.

Bactriane (Afghanistan actuel)

Selon Diodore de Sicile, la révolte qui menaça Sardanapale fut déclenchée en Bactriane par le satrape Arbacès le Mède. Cette province lointaine de l'empire fut le point de départ de la coalition qui détruisit la puissance assyrienne.

Suse (Iran actuel)

Capitale perse où Ctésias de Cnide, médecin et historien grec, rédigea sa Persica au Ve siècle av. J.-C. C'est probablement là que fut codifiée pour la première fois la légende de Sardanapale telle que la tradition occidentale l'a reçue.

Musée du Louvre, Paris

Le tableau de Delacroix, La Mort de Sardanapale (1827), est conservé au Louvre et constitue aujourd'hui le principal vecteur de la légende pour le grand public. Des millions de visiteurs y découvrent chaque année le destin tragique du roi assyrien légendaire.

Voir aussi